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Adapté de
https://www.chabad.org/library/article_cdo/aid/5587720/jewish/Who-Authored-the-Kinot-Said-on-Tisha-BAv.htm
Traduction Google

Rabbi Elazar Hakalir
Rabbi Elazar Hakalir fut l'un des *paytanim* (poètes liturgiques) les plus prolifiques et les plus anciens. Outre de nombreux *piyoutim* récités tout au long de l'année, il a composé les plus anciennes *kinot* (élégies) qui nous soient parvenues (après le Livre des Lamentations lui-même). Ses *kinot* constituent près de la moitié des élégies traditionnellement récitées le 9 Av.
L'identité et l'époque de Rabbi Elazar Hakalir font l'objet de débats considérables. Bien que cela ne soit pas établi avec certitude, il semble qu'il ait vécu en Terre d'Israël. Certains, comme les Tossafistes, l'identifient au grand Sage de la Michna du IIe siècle, Rabbi Elazar ben Rabbi Shimon, que le Midrash décrit comme un grand *paytan*.
D'autres, comme Rabbi Shlomo ben Aderet (connu sous le nom de Rashba), expliquent que le Midrash faisait référence à un autre Sage, Rabbi Elazar ben Arakh, et l'identifient donc comme étant Rabbi Elazar Hakalir.
D'autres encore le situent aux VIe et VIIe siècles. Bien que certains avancent qu'il aurait vécu jusqu'au XIe ou XIIe siècle, cette hypothèse est peu probable, car Rabbi Saadia Gaon (882/892-942) le citait déjà comme l'un des *paytanim* " anciens ".
Quelle que soit l'époque à laquelle il a vécu, ses élégies témoignent clairement qu'il avait accès à de nombreux enseignements midrashiques anciens — aujourd'hui perdus — concernant le Temple et sa destruction. La structure et le contenu des *kinot* de Rabbi Elazar Hakalir s'inspirent très nettement du Livre des Lamentations lui-même. Les strophes suivent souvent un acrostiche alphabétique, à l'instar des quatre premiers chapitres des Lamentations.

Rabbi Meir ben Yechiel (XIIIe siècle)
Bien que l'on dispose de peu d'informations sur Rabbi Meir ben Yechiel, il est l'auteur de la *kinah* bouleversante *Arzei Halevanon Adirei Torah* (" Cèdres du Liban, Géants de la Torah ").
Cette élégie (la *kinah* n° 21) est consacrée aux Dix Martyrs ; elle décrit la manière dont les Romains ont brutalement exécuté dix des plus éminents Sages de l'époque de la Michna.
Après la destruction du Temple, les Romains avaient supposé que les Juifs finiraient par s'assimiler. Cependant, ils réalisèrent par la suite que c'étaient la Torah et les *mitsvot* (commandements) qui assuraient la pérennité du peuple juif. Ils lancèrent alors une campagne brutale visant à interdire l'étude publique de la Torah et l'observance des *mitsvot*. En outre, ils firent exécuter nombre des plus grands rabbins de cette génération.

Rabbi Yechiel de Paris
Bien que l'on ne sache rien avec certitude sur l'auteur de la *kinah* n° 23, certains avancent qu'il s'agit de Rabbi Yechiel de Paris (mort en 1289). Ce dernier dirigeait la *yeshiva* de Paris, qui comptait alors 300 étudiants ; nombre d'entre eux devinrent par la suite célèbres en tant qu'auteurs des *Tosafot* (commentaires sur le Talmud). Cette élégie poignante relate un récit talmudique : le fils et la fille de Rabbi Yishmael, le Grand Prêtre, furent faits prisonniers par deux maîtres d'esclaves différents. Ces derniers, s'étant rencontrés, décidèrent — en raison de la beauté exceptionnelle des deux captifs — de les unir afin que leur progéniture atteigne un prix très élevé sur le marché. Ils les enfermèrent ensemble pour la nuit dans une pièce obscure. Horrifiés par ce qu'on attendait d'eux, ils pleurèrent toute la nuit ; à l'aube, ils se reconnurent. Ils se jetèrent alors dans les bras l'un de l'autre et pleurèrent à chaudes larmes jusqu'à ce que leurs âmes quittent leurs corps.


Rabbi Kalonymos ben Yehuda (XIe siècle)
Membre de la célèbre famille Kalonymos, Rabbi Kalonymus ben Yehuda vivait à Mayence, en Allemagne. Ayant été témoin des horreurs indicibles perpétrées lors de la Première Croisade en 1096 — et notamment de la destruction des grandes communautés juives prospères de Worms, Spire et Mayence, en Rhénanie —, il composa la *kinah* n° 25 pour déplorer cette tragédie.


Rabbi Baruch ben Shmuel (mort en 1221)
L'un des auteurs des *Tossafot* (commentaires sur le Talmud), Rabbi Baruch ben Shmuel a également composé de nombreux *piyoutim* (poèmes liturgiques), dont le plus célèbre est sans doute *Baruch El Elyon*, chanté lors des repas de Shabbat à travers le monde. Dans son élégie (*kinah* n° 32), il évoque les merveilles de Jérusalem et déplore " ce qui nous est arrivé " : la perte de Jérusalem, de sa gloire et de l'opportunité qu'elle offrait de se rapprocher de Dieu.

Rabbi Elazar ben Moshe (début du XIIIe siècle)
Résidant à Würzburg, en Bavière, Rabbi Elazar ben Moshe est l'auteur d'un commentaire sur la Torah. Si sa *kinah* (n° 38) déplore la destruction, elle adopte également un ton quelque peu positif, en se concentrant sur la prière et l'espoir de voir le Temple reconstruit.
Elle décrit aussi comment les anges célestes continuent de veiller sur Sion et, unis aux âmes des défunts, prient avec ferveur pour la paix et le salut.


Rabbi Meir de Rothenburg (XIIIe siècle)
Rabbi Méïr ben Baroukh, connu sous le nom de Maharam de Rothenburg (v. 1220–1293), il devint l'un des plus éminents érudits de la Torah de son époque, marqué par une vie tragique et tourmentée. Dans sa jeunesse, il étudia à la *yeshiva* du célèbre Rabbi Yechiel de Paris et fut témoin des événements qu'il relate dans l'élégie *Shaali Serufah B’aish* (" Ô Torah consumée par le feu... ", n° 41).

Vers 1240, un Juif nommé Nicolas Donin, converti au christianisme, convainquit le roi Louis IX de France qu'il pouvait démontrer la véracité du christianisme en s'appuyant sur le Talmud.
Le roi ordonna à Rabbi Yechiel de Paris, ainsi qu'à plusieurs autres rabbins éminents, de débattre avec cet apostat. Bien entendu, comme pour tous les débats de cette époque, l'issue était jouée d'avance, d'autant qu'il était interdit de tenir le moindre propos pouvant être interprété comme une critique de l'Église ou du christianisme ; il ne s'agissait donc pas, à proprement parler, d'un débat.
Malgré ces contraintes majeures, Rabbi Yechiel et ses collègues parvinrent tout de même à défendre le Talmud si bien que le roi dut admettre, à contrecœur, qu'il était impossible de démontrer le bien-fondé du christianisme à partir du Talmud. Il soutint néanmoins que le Talmud constituait une insulte au christianisme.
Ainsi, en 1242 (ou 1244), le roi ordonna que tous les exemplaires du Talmud, ainsi que d'autres ouvrages juifs, soient rassemblés et brûlés. Au total, vingt-quatre charretées de manuscrits inestimables furent brûlées le 6 Tammouz, un vendredi correspondant à la lecture de la section de la Torah *Houkat*.
Sachant que ces événements eurent lieu avant l'invention de l'imprimerie et que chaque livre devait être minutieusement copié à la main, la destruction de ces ouvrages représenta une catastrophe majeure pour les Juifs.
Fait choquant (mais guère surprenant), le roi Louis fut canonisé par l'Église en raison de ses actes. En fin de compte, cet événement marqua le début de la fin pour la communauté juive de France, qui fut finalement expulsée du royaume en 1305.
Autrefois, beaucoup avaient coutume de jeûner le vendredi de la section *Houkat* en mémoire de ce tragique événement.


Rabbi Yehuda Halevi
Résidant en Espagne, Rabbi Yehuda Halevi (né vers 1080 – mort en 1141) est considéré comme l'un des plus grands poètes et philosophes juifs. Il est surtout connu pour son ouvrage *Le Kuzari*. Son élégie la plus célèbre (n° 36) est *Tzion Halo Tishali* (" Ô Sion, ne t'enquerrais-tu pas... "). Ce *piyout* (poème liturgique) exprime le désir ardent de fuir l'exil pour fouler le sol de la Terre sainte d'Israël.
Rabbi Yehuda Halevi prit ses propres paroles à cœur et entreprit le voyage vers Jérusalem. Bien que l'on discute encore pour savoir s'il atteignit réellement la Terre d'Israël, Rabbi Gedalyah ibn Yahya (XVIe siècle) rapporte dans son ouvrage *Shalshelet Hakabbalah* : " J'ai entendu dire par un vieillard qu'en arrivant aux portes de Jérusalem, il déchira son vêtement [en signe de deuil pour la destruction de Jérusalem] et s'agenouilla sur le sol pour accomplir le verset : "Car tes serviteurs en chérissent les pierres, ils en aiment la poussière" [Psaume 102:15]. Il récita alors l'élégie qu'il avait composée : "Ô Sion, ne t'enquerrais-tu pas...". Un cavalier arabe, jaloux de son état d'extase, le piétina avec sa monture, provoquant sa mort. "
Selon certains, il est également l'auteur de l'élégie n° 45, *Elei Tzion* (" Lamente-toi, Sion "), récitée traditionnellement vers la fin des *kinot* (les lamentations). De nombreuses communautés ont pour coutume de se lever et de réciter cette élégie en alternance. Outre le message selon lequel, malgré l'ampleur de notre deuil pour la destruction du Temple et cet exil amer, nous n'avons pas encore assez pleuré, cette élégie véhicule un message plus profond d'espoir et de rédemption ultime.
Le refrain récité tout au long de l'élégie est : " Lamente-toi, Sion et tes villes, telle une femme en travail. " Cela transmet l'idée que nos souffrances ont un but. Tout comme la femme qui accouche endure de grandes douleurs qui, au bout du compte, servent à donner la vie à un bel enfant, de même nos souffrances durant ce long et amer exil ne sont qu'une préparation à la rédemption ultime et à la reconstruction du Saint Temple.


Rabbi Solomon Ibn Gabirol (1021–1058)
Né à Malaga, en Espagne, Rabbi Solomon Ibn Gabirol (1021–1058) fut l'un des plus grands poètes et philosophes juifs. Il est notamment l’auteur de "Mekor Haïm"
(Il est connu sous le nom de Avicebron, pour cet ouvrage "Fons Vitae ")
L'une de ses élégies (la n° 46), *Shomron Kol Titen* ("Samarie élève la voix"), est la toute dernière élégie à être récitée. Cette élégie est composée sous la forme d'un débat entre deux femmes infidèles mariées au même homme : l'une représente les exilés de Judée et l'autre les Dix Tribus perdues, chacune affirmant avoir davantage souffert durant cet exil.
Elle s'achève par la prière : Renouvelle nos jours comme aux temps jadis, selon ta parole : "L'Éternel rebâtit Jérusalem."

Puisse cela se réaliser rapidement, de nos jours !