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Les fêtes juives
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La transmission de la Torah depuis Moché Rabbénou.
(Rambam, Introduction au Michné Torah)

Toutes les Mitsvot qui ont été données à Moché sur le Sinaï, ont été données avec leur commentaire, ainsi qu'il est écrit "Je t'ai donné les tables de la Loi, et la Torah, et l'Ordonnance (Exode, 24, 12)". Torah, c'est la loi écrite, l'Ordonnance, c'est le commentaire. D.ieu nous ordonne ici d'accomplir le Torah selon son Ordonnance, et c'est cette ordonnance que nous appelons la Loi Orale.
Toute la Torah fut mise par écrit par Moché avant sa mort, de sa propre main, et chaque tribu reçut un Livre de la Torah. Il déposa un Livre de la Torah dans l'Arche en témoignage. (…)
Quand au commentaire, il ne le mit point par écrit, mais l'enseigna aux Anciens et à Josué et à tout le Peuple (…) et c'est la raison pour laquelle il fut appelé "Loi Orale". (…)
Eléazar, Pin'has et Josué reçurent cet enseignement de Moché.
Josué qui était le disciple de Moché fut investi et c'est lui qui transmit la Loi Orale à de nombreux Anciens.
Héli (Le grand Prêtre) reçut de ces Anciens et de Pin'has, (son prédécesseur le grand Prêtre).
Le Prophète Samuel reçut de Heli et de son tribunal.
Le Roi David reçut de Samuel et de son tribunal; A'hiah de Chilo faisait partie des Enfants d’Israël sortis d'Egypte, et était Lévi. Il avait entendu Moché enseigner la Loi alors qu'il était enfant, et reçut de David et de son tribunal.
Le Prophète Elie reçut la Loi Orale de A'hiah et de son tribunal;
Elicha (Elisée) reçut de Elie et de son tribunal;
Yehoyada le Grand Prêtre reçut de Elicha et de son tribunal;
Zacharie reçut de Yehoyada et de son tribunal;
Osée reçut de Zacharie et de son tribunal;
Amos reçut de Osée et de son tribunal.
Isaïe reçut de Amos et de son tribunal;
Mikha reçut de Isaïe et de son tribunal;
Yoel reçut de Mikha et de son tribunal;
Na'houm reçut de Yoel et de son tribunal;
'Habakouk reçut de Na'houm et de son tribunal;
Tsefania reçut de 'Habakouk et de son tribunal.
Jérémie reçut de Tsefania et de son tribunal;
Baroukh ben Nériah reçut de Jérémie et de son tribunal.
Ezra et son tribunal reçurent de Baroukh et de son tribunal.
Le tribunal de Ezra est appelé "la Grande Assemblée". Il s'agit de (Haggaï, Zacharie et Malakhie, Daniel et 'Hananiah, Michaël et Azariah, Néhémie fils de 'Hakhaliah, Mardochée, Bilchan et Zérobabel, et bien d'autres Sages avec eux qui font cent vingt Sages.
Le dernier d'entre eux, Chimon Hatsadik, fut Grand Prêtre après Ezra. Il avait reçu de tous ses pairs.
Antignos de Sokho et son tribunal reçurent de Chimon Hatsadik et de son tribunal.
Yossé ben Yoezer, de Tséréda, et Yossef ben Yo'hanan, de Jérusalem, et leur tribunal, reçurent d'Antignos et de son tribunal.
Yéchoua ben Pera'hia et Nitaï d'Arbel et leur tribunal, reçurent de Yossé, de Yossef et de leur tribunal.
Yehoudah ben Tabbaï et Chimon Ben Chata'h et leur tribunal reçurent de Yéchoua et de Nitaï et de leur tribunal.
Chmaïa et Avtalion (qui étaient des prosélytes) et leur tribunal reçurent de Yéhoudah et de Chimon et de leur tribunal.
Hillel et Chamaï et leur tribunal reçurent de Chmaïa et Avtalion et de leur tribunal.
Rabban Yo'hanan ben Zakaï et Rabban Chimon le fils de Hillel l'Ancien reçurent de Hillel et de son tribunal.
Rabban Yo'hanan ben Zakaï avait cinq élèves qui furent de grands maîtres, et qui ont été investis par lui: Rabbi Eliézer le Grand, Rabbi Yéchoua, Rabbi Yossé Hacohen, Rabbi Chimon ben Netanaël et Rabbi Chimon ben Arakh.
Rabbi Akiba fils de Yossef reçut de Rabbi Eliézer le Grand. Yossef son père était un prosélyte.
Rabbi Ichmaël et Rabbi Méïr fils du Prosélyte ont reçu de Rabbi Akiba.
Rabbi Méïr et ses compagnons ont également reçu de Rabbi Ichmaël. Voici ses compagnons: Rabbi Yéhoudah, Rabbi Yossi, Rabbi Chimon, Rabbi Néhémiah, Rabbi Eléazar ben Chamoua, Rabbi Yo'hanan le Cordonnier, Chimon ben Azzaï et Rabbi 'Hananiah ben Teradion.
De même, les compagnons de Rabbi Akiba ont appris de Rabbi Eliézer le Grand. Voici ses compagnons: Rabbi Tarfon, le Maître de Rabbi Yossi le Galiléen, Rabbi Chimon ben Eléazar, Rabbi Yo'hanan ben Nouri.
Rabban Gamliel l'Ancien reçut de Rabbi Chimon son père, fils de Hillel l'Ancien.
Son fils Rabbi Chimon apprit de lui, et Rabban Gamliel son fils reçut de lui.
Rabbi Chimon son fils apprit de lui, et Rabbi Yéhoudah le fils de Chimon reçut de lui. C'est lui qu'on appelle Rabbénou Hakadoch, ou Rabbi Yehouda Hanassi. Il avait reçu de son père et de Rabbi Eléazar ben Chamoua et de Rabbi Chimon ses compagnons.
C'est lui qui mit par écrit la Michnah. C'est le premier ouvrage de la Loi Orale qui fut mis par écrit pour être enseigné en public.

Depuis Moïse notre maître jusqu’à Rabeinou Hakadoch, aucun ouvrage n’avait été compilé pour l’enseignement public de la Loi Orale. En fait, à chaque génération, le président du tribunal rabbinique ou le prophète prenait pour son usage personnel note des traditions qu’il avait entendues de ses maîtres, et les enseignait oralement. Et de même, chaque [disciple] notait, selon son aptitude, les explications de la Thora et les lois telles qu’il les avait entendues, ainsi que les nouveaux points développés en chaque génération dans le domaine de la loi, non transmis par tradition orale, mais déduits par application de l’une des treize règles d’herméneutique, avec l’approbation du Grand Tribunal [le Sanhédrin]. Tel fut le mode [de transmission] jusqu’à Rabeinou Hakadoch. [Ce dernier] compila toutes les traditions, les [lois] promulguées, les interprétations et explications de chaque passage de la Thora, issues de Moïse notre maître ou déduites par les tribunaux à travers les générations successives. De tout ceci il rédigea le livre de la Michna. Il l’enseigna aux sages en public, et celui-ci devint connu de tout le peuple juif. De nombreuses copies furent faites et furent largement diffusées, afin que la Loi Orale ne soit pas oubliée du peuple juif.
Pourquoi Rabeinou Hakadoch agit-il ainsi, et ne laissa pas [le mode de transmission] comme auparavant ? Parce qu’il vit que le nombre de disciples ne cessait de diminuer, de nouvelles calamités ne cessaient de s’abattre, l’empire romain grandissait et devenait plus fort, et le peuple juif errait et devenait dispersé. Il rédigea donc un seul ouvrage accessible à chacun, qui pourrait être rapidement étudié, sans être oublié. Toute sa vie durant, lui et son tribunal enseignèrent la Michna en public. Tels sont les sages les plus éminents qui furent [membres] de son tribunal et reçurent de lui [la Loi Orale] : Chimone et Gamliel ses fils, Rabbi Effes, Rabbi Hanina bar ‘Hama, Rabbi ‘Hiya, Rav, Rabbi Yanaï, Bar Kapara, Chmoue-l, Rabbi Yo’hanan, Rabbi Ochaya – tels sont les sages les plus éminents qui reçurent, ensemble avec des milliers et dizaines de milliers d’autres sages [la Loi Orale] de [Rabeinou Hakadoch]. Bien que ces onze [sages] reçurent [la Loi Orale] de Rabeinou Hakadoch et assistèrent [aux leçons qu’il délivra], Rabbi Yo’hanan était alors petit, et fut par la suite disciple de Rabbi Yanaï et reçut de lui [l’enseignement de] la Loi. Rav, lui aussi, reçut [l’enseignement] de Rabbi Yanaï, et Chmoue-l reçut [l’enseignement] de Rabbi Hanina bar Hama. Rav rédigea le Sifra et le Sifrei pour expliquer les sources de la michna. Rabbi Hiya rédigea la Tossefta [lit. l’ajout], pour exposer les sujets [abordés de manière trop concise dans] la Michna. Et de même, Rabbi Ochaya et bar Kapara rédigèrent des Baraïtot pour expliquer la Michna. Rabbi Yohanan composa le Talmud de Jérusalem en Terre d’Israël environ trois cents ans après la destruction du Temple. Parmi les sages les plus éminents qui reçurent [la Loi Orale] de Rav et Chemouel : Rav Houna, Rav Yehouda, Rav Na’hman et Rav Cahana. Parmi les sages les plus éminents qui reçurent [la Loi Orale] de Rabbi Yo’hanan : Raba bar bar ‘Hana, Rav Ami, Rav Assi, Rav Dimi, et Rav Avine. Parmi les sages qui reçurent [la Loi Orale] de Rav Houna et de Rav Yehouda : Abayé et Rav Yossef. Tous deux reçurent également [l’enseignement] de Rav Na’hman. Parmi les sages qui reçurent [la Loi Orale] de Rava : Rav Achi et Ravina. Il y eut donc quarante générations [en arrière] depuis Rav Achi jusqu’à Moïse notre maître, puisse son âme reposer en paix. Ce sont :
1) Rav Achi [reçut] de Rava
2) Rava [reçut] de Rabba.
3) Rabba [reçut] de Rav Houna
4) Rav Houna [reçut] de Rabbi Yo’hana, Rav et Chemoue-l
5) Rabbi Yona’han, Rav, et Chemoue-l [reçurent] de Rabeinou Hakadoch
6) Rabeinou Hakadoch [reçut] de Rabbi Chimone son père.
7) Rabbi Chimone [reçut] de Raban Gamliel son père
8) Raban Gamliel [reçut] de Raban Chimone son père
9) Raban Chimone [reçut] de Raban Gamliel l’ancien son père
10) Raban Gamliel l’ancien [reçut] de Raban Chimone son père
11) Raban Chimone [reçut] de Hilel et Chamaï
12) Hilel et Chamaï [reçurent] de Chemaya et Avtalione
13) Chemaya et Avtalione [reçurent] de Yehouda et Chimone
14) Yehouda et Chimone [reçurent] de Yehochoua ben Pera’hia et Nitaï d’Arbel
15) Yehochoua ben Pera’hia et Nitaï d’Arbel [reçurent] de Yosse ben Yoézer et Yossef ben Yo’hanan.
16) Yosse ben Yoezer et Yossef ben Yo’hanan [reçurent] de Antignos.
17) Antignos [reçut] de Chimone le juste.
18) Chimone le juste [reçut] d’Ezra.
19) Ezra [reçut] de Baruch.
20) Baruch [reçut] de Jérémie.
21) Jérémie [reçut] de Cephania.
22) Céphania [reçut] de Habacuc.
23) Habacuc [reçut] de Nahum.
24) Nahum [reçut] de Joël.
25) Joël [reçut] de Michée.
26) Michée [reçut] de Isaïe.
27) Isaïe [reçut] de Amos.
28) Amos [reçut] de Osée.
29) Osée [reçut] de Zacharie.
30) Zacharie [reçut] de Yehoyada.
31) Yehoyada [reçut] d’Élisée.
32) Élisée [reçut] d’Elie.
33) Elie [reçut] d’A’hia.
34) A’hia [reçut] de David.
35) David [reçut] de Samuel.
36) Samuel [reçut] de Eli.
37) Eli [reçut] de Pinhas.
38) Pinhas [reçut] de Josué.
39) Josué [reçut] de Moïse.
40) Moïse [reçut] du Tout-Puissant.

[La source de] tous fut donc l’Eterne-l D.ieu d’Israël.
Tous les sages susmentionnés furent les plus éminents de leurs générations. Certains furent présidents d’académies, d’autres exilarques, ou encore membres du Grand Sanhédrine. Outre ceux-ci, en chaque génération, des milliers et dizaines de milliers [de d
De l’ensemble de [ces sources – que sont] les deux Talmuds, la Tossefta, le Sifra, et le Sifré – est mis au clair ce qui est interdit et ce qui est permis, ce qui est impur et ce qui est pur, ce qui constitue une violation pénale et ce qui n’implique pas de peine, ce qui est inapte à l’usage et ce qui est apte, conformément [aux traditions] reçues par [les sages] de leurs [prédécesseurs dans une chaîne ininterrompue remontant aux enseignements que] Moïse notre maître [reçut] sur le Sinaï.
[Ces sources] font également mention des décrets institués par les sages et les prophètes en chaque génération pour faire une clôture à la Loi, conformément à l’injonction explicite de Moïse : « Vous garderez Mon ordonnance », [ce qui signifie] « Vous ferez une protection à Mon ordonnance ».
[Ces sources] font également un exposé clair des coutumes et des ordonnances, formellement introduites [dans les diverses générations par les autorités rabbiniques] ou venues à l’usage avec leur approbation. Il est défendu de s’en écarter, comme il est dit : « Ne t’écarte pas de ce qu’ils te diront, ni à droite, ni à gauche ». [Elles incluent aussi] jugements et règles qui ne furent pas transmis oralement depuis Moïse, mais furent déduits par le [Grand] tribunal d’une certaine époque par application des principes d’herméneutique ; les anciens [de ce tribunal] décidèrent que telle était la loi. Rav Achi compila dans le Talmud l’ensemble [de ces enseignements] depuis Moïse jusqu’à son époque.
Les sages de la Michna composèrent d’autres textes pour expliquer la Thora : Rabbi Ochaya, le disciple de Rabeinou Hakadoch rédigea une explication sur le livre de la Genèse, et Rabbi Ichmaël [rédigea] une explication sur [le reste de la Thora] depuis « Elé Chémot » jusqu’à la fin de la Thora, qui est appelée la Mekhilta. Rabbi Akiva rédigea également une Mekhilta. D’autres sages après eux rédigèrent des midrachot ; tout ceci fut rédigé avant le Talmud de Babylone.
Ravina, Rav Achi, et leurs collègues marquèrent la fin [de cette ère de] grands sages d’Israël qui reçurent la Loi Orale , et qui promulguèrent des décrets, instituèrent des ordonnances, et introduirent des coutumes, lesquels se répandirent parmi tout le peuple juif, dans toutes les communautés.
Après le tribunal de Rav Achi qui compila le Talmud et acheva celui-ci du temps de son fils, une immense dispersion du peuple juif à travers le monde eut lieu. [Les juifs] émigrèrent dans les endroits les plus reculés et îles lointaines. Le nombre croissant de guerres et [le déplacement] des armées rendirent les routes peu sûres. L’étude de la Thora connut un déclin. Les juifs n’affluaient plus aux maisons d’études par milliers et dizaines de milliers comme auparavant ; mais dans chaque ville et pays, quelques individus [qui ressentaient] l’appel divin se réunissaient et s’investissaient dans l’étude de la Thora, comprenaient tous les ouvrages des sages, et apprenaient ainsi la manière de légiférer.
Après l’époque du Talmud, quand un tribunal établi en quelque pays que ce soit promulguait des décrets, instituait des ordonnances ou introduisait des coutumes pour les [juifs] résidants dans ce pays ou dans un autre pays, ses mesures n’étaient pas acceptées par l’ensemble du peuple juif, du fait de l’isolement des colonies [juives] et des difficultés de voyage. Étant donné que le tribunal de chaque pays consistait en quelques particuliers [dont l’autorité n’était pas universellement reconnue], alors que le Grand Tribunal composé de soixante et onze [juges] avait déjà cessé d’exister de longues années avant la compilation du Talmud, les habitants d’un pays n’étaient pas contraints de suivre les coutumes des habitants d’un autre pays, et un tribunal n’était pas tenu de promulguer le même décret qu’un autre tribunal de son pays. De même, si l’un des guéonim a enseigné qu’une certaine manière de légiférer est correcte, et qu’il est clair, pour un tribunal ultérieur, que cela n’est pas conforme au Talmud, ce n’est pas la première [autorité] qui est [obligatoirement] suivie, mais celle dont la conception paraît la plus probable.
Les remarques susmentionnées concernent les règles, décrets, ordonnances, et coutumes post-talmudiques. En revanche, tout ce qui est mentionné dans le Talmud de Babylone incombe à tous les juifs. Ainsi, [les habitants de] chaque ville et de chaque pays so
Les sages qui sont apparus après la compilation du Talmud, qui l’ont étudié en profondeur, et qui sont devenus célèbres pour leur sagesse, sont appelés les guéonim. Tous ces guéonim qui ont fleuri en Terre d’Israël, en Babylonie, en Espagne, et en France ont enseigné la méthode du Talmud, élucidé ses passages obscurs, et exposé les [différents] sujets qui y sont abordés, car l’approche [talmudique] est très subtile. De surcroît, il [le Talmud] fut rédigé en un mélange d’araméen et d’autres langues, qui était le dialecte des [juifs] babyloniens lors de sa compilation. Cependant, dans les autres pays, ainsi qu’en Babylonie du temps des guéonim, personne ne comprenait ce dialecte, à moins qu’il lui ait été enseigné. Les habitants de chaque ville soumettaient de nombreuses questions au Gaon de l’époque sur des passages difficiles du Talmud, et ces guéonim répondaient selon leur aptitude. Ceux qui posaient les questions compilaient les réponses, dont ils firent des livres destinés à l’étude. Les guéonim, à différentes périodes, rédigèrent, eux aussi, des commentaires sur le Talmud : certains abordèrent [dans leurs écrits] quelques lois spécifiques, d’autres des chapitres particuliers qui présentaient des difficultés à leurs contemporains, et d’autres [exposèrent] des traités et des ordres [entiers du Talmud]. Il firent [également] des compilations de sentences concernant choses permises et interdites, [infractions] pénales ou non passibles d’une peine, traitant de sujets d’actualité, qui pourraient être compris par celui qui ne pouvait pénétrer les profondeurs du Talmud ; telle est la tâche divine dans laquelle tous les Guéonim ont œuvré, depuis la conclusion du Talmud jusqu’à la présente date, qui est la huitième année du douzième siècle après la destruction du Temple, ce qui correspond à l’année 4937 depuis la création du monde.
À notre époque, où les vicissitudes nous assaillissent, et tous ressentent la pression des temps difficiles, la sagesse de nos sages a disparu, et la compréhension de nos hommes dotés de discernement est devenue cachée. Aussi, les commentaires des guéonim et les [compilations de] lois, et réponses, qu’ils considéraient [rédigés dans un style] limpide sont aujourd’hui devenus difficiles d’accès, et seul un petit nombre les comprennent. A fortiori [en est-il de même] pour le Talmud – [le Talmud] de Babylone comme [le Talmud] de Jérusalem – le Sifra, le Sifrei, la Tossefta, [dont la compréhension] nécessite un esprit large, une âme sage, et une [étude] considérable, pour y découvrir le droit chemin [dans la pratique, c'est-à-dire pour déterminer] ce qui est interdit et ce qui est permis, et autres règles de la Thora.
Pour cette raison, moi, Moïse, fils de Maïmon le Séfaradi, je me suis mis à l’œuvre, et m’en remettant à l’aide de D.ieu, béni soit-Il, j’ai minutieusement étudié tous ces livres, dans l’intention de réunir toutes les conclusions de ces ouvrages concernant ce qui est interdit et ce qui est permis, ce qui est impur et ce qui est pur, et autres lois de la Thora, tout ceci dans un style limpide et concis, afin que la Loi Orale puisse être connue de tous, sans [devoir évoquer] problèmes et solutions, et divergences d’opinion, chaque [sage] soutenant sa thèse, mais des propos clairs et convaincants, conformes aux conclusions tirées de toutes les compilations et commentaires ayant vu le jour depuis Rabeinou Hakadoch jusqu’à l’époque actuelle, de manière à ce que toutes les lois soient accessibles au plus jeune comme au plus âgé, qu’elles relèvent des préceptes [pentateutiques] ou des institutions établies par les sages et prophètes, de sorte qu’aucun autre ouvrage ne soit nécessaire pour [vérifier] quelque loi que ce soit. [En d’autres termes,] que cet ouvrage réunisse l’ensemble de la Loi Orale, y compris ordonnances, coutumes, et décrets institués depuis Moïse notre maître jusqu’à la compilation du Talmud, tels qu’exposés pour nous par les guéonim dans tous leurs ouvrages post-talmudiques. J’ai donc intitulé cette œuvre le Michne Thora (« Répétition de la Loi »), car une personne qui lit tout d’abord la Loi écrite, et ensuite cet [ouvrage], connaît ainsi l’intégralité de la Loi Orale, sans avoir besoin de consulter un autre ouvrage entre eux.
Il m’a paru opportun de partager cet ouvrage en [sections de] lois [regroupées] par thème ; ces [sections de] lois sont divisées en chapitres, et chaque chapitre est divisé en petits paragraphes, afin qu’elles puissent être facilement retenues. Parmi les [sections de] lois réparties par thème, certaines sont des règles liées à un seul commandement [biblique], tant ce précepte est riche en traditions orales et forme un sujet en soi. D’autres [sections] regroupent des règles liées à plusieurs commandements, quand toutes celles-ci concernent un même sujet, car cet ouvrage est organisé par thèmes, indépendamment du nombre de commandements contenus, comme cela sera expliqué au lecteur.
Le nombre de commandements de la Thora qui incombent à toutes les générations est 613 : 248 sont des commandements positifs, [le moyen] mnémotechnique [pour les retenir est qu’ils correspondent] au nombre d’os du corps humain. 365 sont des commandements négatifs ; [le moyen] mnémotechnique [pour les retenir est qu’ils correspondent] au nombre de jours de l’année solaire.

(Adapté de http://www.loubavitch.fr/etude/etudes-quotidiennes/rambam-3/detailevenement/210686/-/rambam-3-chapitres)

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Les quarante générations de la transmission de la Torah
(Rambam, Introduction au Michné Torah)
La datation est empruntée à "Fêtes Juives".
Pour obtenir la datation de l'ère commune, soustraire 3760. Ainsi le Talmud a été rédigé vers 4127-3760=367

Le Talmud a été rédigé par

1

Rav Achi

4127

qui a appris de

2

Rava

4085

qui a appris de

3

Rabba

4060

qui a appris de

4

Rav Houna

4010

qui a appris de

5

Rabbi Yo'hanan et Rav et Chmouel

3979

qui ont appris de

6

Rabbi Yéhouda Hanassi

3910

qui a appris de

7

Rabbi Chimon son père

3881

qui a appris de

8

Rabban Gamliel, son père

3828

qui a appris de

9

Rabbi Chimon son père

3810

qui a appris de

10

Rabban Gamliel l'Ancien, son père

3800

qui a appris de

11

Rabbi Chimon son père

3768

qui a appris de

12

Hillel, son père, et Chammaï

3728

qui ont appris de

13

Chmaïa et Avtalion

3722

qui ont appris de

14

Yehouda et Chimon

3621

qui ont appris de

15

Yehochoua ben Pera'hia et Nitaï d'Arbel

3560

qui ont appris de

16

Yossé ben Yoezer et Yossef ben Yo'hanan

3500

qui ont appris de

17

Antignos

3460

qui a appris de

18

Chimon Hatsaddik

3400

qui a appris de

19

Ezra

3370

qui a appris de

20

Baroukh

3350

qui a appris de

21

Yrmiahou (Jérémie)

3316

qui a appris de

22

Tsefaniah

3280

qui a appris de

23

Habakouk

3254

qui a appris de

24

Nahoum

3240

qui a appris de

25

Yoël

3190

qui a appris de

26

Mikha

3160

qui a appris de

27

Ichaïa (Isaïe)

3140

qui a appris de

28

Amos

3110

qui a appris de

29

Hochéa ben Beeri

3090

qui a appris de

30

Zacharie

3070

qui a appris de

31

Yehoyada son père

3055

qui a appris de

32

Elicha

3047

qui a appris de

33

Elie

2924

qui a appris de

34

A'hiah de Chilo

2962 (?)

qui a appris de

35

Le Roi David

2884

qui a appris de

36

Samuel

2870

qui a appris de

37

Héli

2830

qui a appris de

38

Pin'has

2516

(détail des Juges, les Anciens)

Samson (jusqu'en)

2830

Abdon

2811

Elon

2803

Boaz (Ivtsan)

2793

Jephté

2787

Yaïr

2764

Tolla

2742

Gedeon

2719

Barak et Deborah

2676

Ehud

2636

Samgar

2636

Othniel (jusqu'en)

2566

qui a appris de

39

Yéhochoua (Josué)

2488

qui a appris de

40

Moché Rabbénou qui reçoit la Torah en

2448


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