Les fêtes juives
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Les fêtes juives.

Voici une reproduction d'un article du Monde Illustré de 1892, N° 1853, page 218. Article et dessins sont de Alphonse Lévy, qui décrit les fêtes de Tichri dans le monde judéo alsacien de la fin du 19ème siècle.
Nous avons respecté l'orthographe des noms hébraïques de l'auteur.

Les Israélites célèbrent en ce moment leurs grandes fêtes d'automne.
Ces fêtes commencent par le Rosch Haschanah (jour de l'an) pour finir par le Soukoth (fête des Tabernacles).
Dans l'intervalle des deux solennités se trouve la fête expiatoire du Yom Kippour (grand pardon).
Faute de place pour faire l'historique détaillé de ces fêtes, nous nous bornerons à donner quelques notes explicatives sur nos croquis, et incidemment nous aurons l'occasion de revenir sur l'actualité de ces fêtes juives.
Les Israélites pratiquant doivent, pour se conformer aux prescriptions du culte faire leur prière du matin en mettant les phylactères.
Les phylactères, ou thephilines, sont des lanières en cuir dont l'une s'enroule autour du bras gauche, et l'autre se fixe sur le front.
Au bout de ces lanières, deux étuis en cuir renferment des versets de la Bible. C'est sous l'égide des saintes paroles qui y sont contenues que l'on doit prier.
Notre croquis représente un fidèle en train de garnir son bras des phylactères.
Voici le Schochest. C'est celui qui est chargé de tuer les volailles selon le rite.
On n'ignore pas que chez les Israélites la mort par tout autre moyen que la section de la carotide est chose défendue, et, soit dit en passant, les plus hautes sommités médicales affirment que le sacrifice juif est le plus rationnel et le plus conforme aux lois de l'hygiène.
La bonne femme préparant ses gâteaux va nous faire rentrer en pleine actualité des fêtes. Ah! Les bons souvenirs d'enfance! Parmi les Israélites d'Alsace Lorraine, qui ne se rappelle, dans un vague souvenir sa joie enfantine à l'aspect de ces préparations culinaires!
La bonne vieille Malke ou Beyla dressera tout à l'heure le bon poisson dont la sauce odorante ira distraire, dans sa pieuse lecture le rabbin son mari qui, en tapinois, viendra délecter sa vue et son odorat, et prendre un acompte sur les sensations futures que ce beau brochet lui réserve.
C'est pendant les loisirs forcés qu'imposent les fêtes, entre les offices, que les vieux croyants se plongent dans la lecture du Talmud et commentent en chantant sur un rythme nasillard les saintes écritures.

Si un jour de fête tombe un vendredi soir, veille du sabbat, on nouveau personnage apparaît, c'est la schabesgoïé (servante du samedi). Chez les Israélites on ne touche pas le feu le jour du sabbat. La schabesgoïé est une brave chrétienne du voisinage, requise à l'effet de chauffer le poêle l'hiver, et surtout pour ranimer et éteindre la lampe à sept becs.
Rosch Haschanah, Yom Kippour et Soukoth sont la trinité des fêtes automnales universellement célébrées par les Israélites, aussi bien par ceux d'Orient que par ceux d'Occident.
Le jour de l'an juif est précédé par une période que l'on nomme Selicha, sorte de carême, de temps de purification, où la charité, le jeune et la prière sont ordonnés: prélude du terrible Kippour, solennité imposante, jour d'expiation, où tout Israël jeune, prie et demande à D.ieu le pardon de ses péchés.
Ce jour là, l'aspect d'une synagogue de campagne, avec les fidèles tout habillés de blanc a quelque chose de fantastique, de fantomatique; ce vêtement blanc dont ils sont revêtus est leur propre linceul dans lequel ils seront ensevelis plus tard. On voit combien peu de place il y a dans un tel appareil.
Mais voici venir la fête finale, le Soukoth fête des Tabernacles. Le Rosch Haschanah est la fête initiale, le salut à l'année nouvelle. Le Kippour est la fête expiatoire. Le Soukoth, lui, est une fête essentiellement pastorale. C'est la fête de la moisson et de l'abondance. Pendant les huit jours qu'elle dure, les Israélites doivent vivre sous la tente, en souvenir des nomades ancêtres; cette tente est ornée de feuillages et de fleurs; des grappes, des fruits sont suspendus de tous côtés, des banderoles et des guirlandes en achèvent l'ornementation. La synagogue elle aussi est transformée en une serre: partout de la verdure et des fleurs.
Munis d'une palme d'Orient et d'un cédrat, les fidèles se rendent au temple, où la communauté assemblée entonne des louanges à D.ieu en remerciement de la moisson donnée.

Alphonse Lévy.