Les fêtes juives
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Miracle de Hannoucah en Irak.

Cela allait être notre première grande fête de famille depuis la Brit Milah de notre fils, huit ans auparavant. Notre fille Aliza allait fêter sa Bat Mitsvah, et les préparatifs allaient bon train.
Notre mariage avait eu lieu sur un bateau, à Manhattan, et puisque son anniversaire coïncidait avec notre date de mariage, nous avions programmé de rééditer l'expérience.
Nos parents, nos proches amis et surtout ses copines de classe seraient de la partie. Les fleurs, le menu, la musique, les tenues … tout était au point, mais nous avions l'impression qu'il manquait quelque chose. Nous avions la "bat" mais pas la "Mitsvah" …
Oui, elle avait prévu un discours qui reflèterait ses connaissances et son amour contagieux pour la Torah, mais il fallait trouver ce qui différencierait définitivement cette soirée d'un simple anniversaire.
C'est à cette époque qu'une annonce fut faite à la synagogue, de prier pour un soldat juif de notre ville envoyé en Irak.
L'idée était là: nous allions demander à chacun des enfants invités de préparer une carte de 'Hannoucah à adresser aux soldats juifs en Irak. L'idée n'était pas révolutionnaire, mais donnerait un thème utile et significatif à notre fête.
Le grand jour arriva. Avec une météo d'été, le bateau largua les amarres, Aliza fit un beau discours. La musique et le buffet furent à la hauteur, et les enfants s'appliquèrent à écrire et décorer de belles cartes pour 'Hannoucah. Vraiment une belle fête. Dès le lendemain, les cartes furent confiées à l'aumônerie militaire, avec tous leurs vœux pour nos frères et sœurs juifs mobilisés au loin.
Point final?
Croyez-vous!
Six mois plus tard, alors que la Bat Mitsvah n'était plus qu'un lointain souvenir fixé sur des photos, on frappe à ma porte. J'ouvre la porte, bien que ne connaissant pas la voix de notre visiteur.
Un jeune homme dans les vingt ans et plus est là.
Je suis le Lieutenant Steinberg. Votre fille m'a envoyé une carte de 'Hannoucah lorsque j'étais en Irak.
Il en fallait plus pour me surprendre, et c'est ce qui arriva.
Apparemment, nos cartes avaient été jetées dans un grand sac de courrier, qui contenait bien d'autres cartes envoyées pour une autre festivité du mois de décembre.
Un aumônier avait fait la tournée des bases, et était arrivé dans la base militaire du Lieutenant Steinberg avec son sac débordant de courriers, et en avait fait la distribution aux soldats.
Steinberg s'était bien, gardé de s'approcher, sachant que ces cartes n'avaient aucune valeur pour lui. Il se tenait à l'écart, isolé.
Mais son capitaine ne l'entendait pas de la même oreille.
Steinberg! Pourquoi restes-tu à l'écart? Viens prendre des lettres.
Ils n'ont rien compris, se dit il.
Capitaine, je suis juif, vous vous souvenez?
Viens ici, ne fais pas le trouble fête. Prends une carte.
Steinberg aurait bien voulu enfiler une combinaison d'invisibilité, mais le scénario ne le permettait pas. Et le capitaine le somma à nouveau de s'approcher.
Steinberg, ces gens là ont pris de leur temps pour nous écrire, prends une carte!
Maintenant tout le monde le regardait.
Il s'approcha, plongea la main tout au fond du sac, en retira une carte, et la regarda: elle venait de Wesley Hills, New York, la ville même où il habitait.
Un peu nerveux, il ouvrit l'enveloppe.
Il y trouva une jolie carte de 'Hannoucah faite à la main, avec les vœux que notre fille avait écrits le jour de sa Bat Mitsvah..
Il éclata de joie, et montra sa carte au capitaine et à toute la compagnie.
Tous saisirent le "petit miracle" qui venait de se passer.

J'étais émue aux larmes. Je priai Steinberg de revenir un soir où tous les enfants seraient à la maison, pour raconter son histoire.
Il revint peu après avec un ami et un appareil photo. Ce fut pour nous une occasion inoubliable de comprendre la portée qu'un petit geste de notre part peut avoir.
L'histoire déborda rapidement le cadre de nos proches, et lorsque nous fûmes contactés en septembre dernier pour envoyer des plats cachers aux soldats en Afghanistan à l'occasion des fêtes de Tichri, 144 plats furent préparés par la communauté.
Les participants au Séminaire de Aish HaTorah y joignirent des dizaines de cartes de vœux, des bonbons au miel pour Roch Hachanah, puis d'autres gâteries de 'Hannoucah pour les troupes en Afghanistan, Irak, Italie et Koweit.
L'histoire du Lieutenant Steinberg continue ainsi à porter ses fruits.
Si toutes les Bar et Bat Mitsvah pouvaient avoir autant de répercussions!

Histoire racontée par Kaila Lasky, en Novembre 2009, sur le site Aish HaTorah , http://www.aish.com/h/c/s/70134357.html

L'histoire est authentique, seul le nom du Lieutenant Steinberg a été changé.