Les fêtes juives
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Hannoucah dans un village iranien

Les deux hommes avançaient tant bien que mal sur le chemin boueux qui aurait dû être un chemin de terre battue et de sable.
C'était dans les montagnes d'Iran, il y a plusieurs dizaines d'années.
Une violente tempête avait bouleversé leur route et leur plan: ce soir c'était ‘Hannoucah et ils auraient dû arriver à la maison à temps pour allumer les bougies en famille.
Mais ils n'y pensaient déjà plus: ils étaient encore très loin de chez eux, et leur souci était avant tout de trouver un endroit pour s'abriter du froid du vent et des trombes d'eau.
La nuit tombée, ils aperçurent au loin quelques lumières, signant un village, vers lequel ils se dirigèrent.
Il était déjà tard lorsqu'ils frappèrent à la porte de la première maison du village,, grelottant de froid.
La porte s'entrouvrit, et le maître de maison dévisagea d'un air soupçonneux les deux hommes. "De grâce, acceptez nous dans votre maison jusqu'à ce que nous puissions repartir…"
A leur grand soulagement, il ouvrit la porte et les amena dans une petite pièce mal éclairée par une vieille lampe à pétrole, et froide. Au moins il ne pleuvait pas, et ils pourraient y passer une ou quelques nuits à l'abri des éléments.
Mais … c'est ‘Hannoucah ce soir, sans famille, et surtout sans bougie!
Ils avaient bien envisagé de demander des bougies au maître de maison mais dans les campagnes iraniennes courait la rumeur que les juifs faisaient de la sorcellerie. Demander des bougies alors qu'il y avait déjà une lampe à pétrole aurait été suspect, et ils couraient le risque de se voir jeter à la rue…
Pourquoi se faire du souci lança l'un d'eux. Faisons Maariv avec joie, la joie de ‘Hannoucah, et D.ieu dans sa grande bonté nous donnera l'occasion de faire cette grande Mitsvah.
A peine avaient ils terminé la prière, que l'on frappait à la porte.
La maîtresse de maison rentra, d'un air embarrassé.
Voyez-vous, ma belle-sœur habite dans ce village, et manigance contre moi. Aidez-moi, je vous en supplie, à me défaire de ses sortilèges et médisances. On m'a dit que les juifs sont experts en la matière. S'il vous plait, jetez-lui un sort pour m'en débarrasser…
Les deux amis se regardèrent, surpris de cette demande. Mais ils comprirent qu'une occasion en or se présentait.
Après quelques palabres, ils se tournèrent vers elle, et lui dirent que sa requête n'était pas simple. Devant son air déçu, ils rajoutèrent "mais si tu nous apportes des bougies, des œufs et un pot empli de braises, nous allons essayer"
"Je vous apporterai tout ce dont vous avez besoin" s'empressa-t-elle de dire.
Le miracle s'était donc produit: après avoir allumé la première bougie de ‘Hannoucah et remercié D.ieu de leur avoir donné l'occasion d'accomplir la;Mitsvah, ils firent cuire les œufs et les mangèrent avec le pain qu'ils avaient dans leur bagage.
Dans le Birkat Hamazone, la prière après le repas, ils mentionnèrent avec une attention particulière "al hanissim" en pensant à ce grand miracle que D.ieu avait fait aux juifs en ces temps-là, et à eux en ce temps là.
Les bougies brûlaient encore lorsqu'on frappa à nouveau à la porte.
C'était à nouveau la maîtresse de maison toute penaude.
"Je vous en prie, arrêtez messieurs, éteignez vos bougies. Ma belle-sœur se tord de douleurs, et on dirait qu'elle va mourir. Je ne voudrais pas qu'on pense que j'y suis pour quelque chose, et qu'ils viennent se venger.
Les deux hommes secouèrent la tête. "Trop tard, madame, il est interdit d'éteindre les bougies, le processus ne peut être arrêté".
La femme se jeta par terre, secouée de tremblements. "Je vous en supplie, faites l'impossible, je vous donnerai tout ce dont vous avez besoin, par pitié messieurs, ôtez ce sort de ma belle-sœur"
Les deux se concertèrent, puis se tournèrent vers la femme.
"Nous allons tenter, mais ce sera très difficile. Apportes-nous encore un paquet de bougies, des œufs et des pommes de terre, en espérant que nous pourrons alléger ses souffrances"
Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils avaient maintenant en mains des bougies pour toute la fête, qu'ils passèrent dans ce village en remerciant D.ieu pour les miracles qu'il avait opéré pour eux.
Inutile de dire que la femme guérit, et surtout que le judaïsme n'a rien à voir avec les charmes, la magie ou la sorcellerie.
Mais la paysanne était persuadée qu'elle avait chez elle de grands faiseurs de miracles, et fit tout pour leur rendre le séjour agréable.

Raconté dans "Imrei Chefer", par le Rav Chmouel Pinhassi au nom de son père Rav Moché, qui était un des deux hommes.

Traduit de Si'hat Hachavoua N° 1665, 5779
Traduit par Aharon - www.milah.fr