Le calendrier de Pessa’h

Le calendrier ci-dessous fait une présentation synthétique de la fête de Pessa’h. Il intègre également les dispositions particulières qui doivent être introduites lorsque la veille de son premier jour est un Chabbat, en dehors d’Erets Israël. Dans ce pays, en effet, seuls le premier et le septième jours sont fêtes. Il y a donc cinq jours de ‘Hol Ha Moéd et non quatre. Toute la fête n’y dure que sept jours.

Le 15 Adar
* Nos Sages demandent d’entreprendre, en ce jour, l’étude des lois de Pessa’h, afin de se préparer à la fête. C’est également le moment de la planifier, de prévoir, en particulier, l’achat des Matsot et de tout ce qui est nécessaire à Pessa’h, de même que le nettoyage de la maison.
* En outre, à partir de la fête de Pourim, soit trente jours avant Pessa’h, il est préférable de s’abstenir de consommer de la Matsah.

Dès le début du mois de Nissan
* Il est d'usage qu’un Rav, un Cho’het ou un responsable communautaire envoie à ses connaissances, pour Pessa’h ou, tout au moins, pour le Séder, des Matsot rondes, faites à la main, avec de la farine " Chemoura ", surveillée depuis le moment de la moisson.
* De même, dans les endroits où l’on organise un Séder collectif, hôtel ou tout autre lieu public, on prévoira également de la Matsah Chemoura, en quantité suffisante pour tous les participants.
* Pendant les douze premiers jours du mois, qui commémorent l’inauguration du Sanctuaire, on lit, chaque jour, la description du sacrifice offert, à cette occasion, par l’un des chefs de tribu. Ces passages se trouvent à la fin de la Parchat Nasso et leur lecture est suivie par celle du paragraphe Yehi Ratson, " Qu’il soit Ta Volonté ", que l’on trouvera dans le Sidour.
* Le 13 Nissan, est lu le passage correspondant à l’offrande de la tribu de Lévi, qui n’est pas suivi par le Yehi Ratson. Un Cohen ou un Lévi, bien qu’il ait la certitude d’appartenir à la tribu de Lévi, lira, néanmoins, ces treize paragraphes, durant ces treize jours.
* Depuis le début de Nissan et pendant tout ce mois, celui qui voit, pour la première fois, deux arbres fruitiers en fleurs dira la bénédiction suivante: Baroukh (…) Bneï Adam.

Le Chabbat précédant Pessa’h
* Ce jour est appelé Chabbat Ha Gadol, le grand Chabbat, car un grand miracle s’y est déroulé.
* Une partie de la Haggadah est alors lue, après la prière de l’après-midi, depuis Avadim Hayinou, " nous étions les esclaves du Pharaon en Egypte ", jusqu’à Lekhaper Al Kol Avonoténou, " afin d’expier toutes nos fautes ". En effet, c’est alors que commencèrent la délivrance et les miracles.
* Si ce Chabbat est la veille de Pessa’h, et dans ce cas-là uniquement, on dira la Haftara Ve Arva, dont le texte fait référence à l’engrangement de la dîme, que l’on faisait disparaître à la veille du Pessa’h de la quatrième et de la septième années après la Chemitah.

Le 12 Nissan
* Ce jour est le jeûne des premiers-nés, si la veille de Pessa’h est un Chabbat.

La nuit du 12 au 13 Nissan, après l’apparition de trois étoiles.
* C’est alors que l’on recherche le ‘Hamets, si le 14 Nissan est un Chabbat et qu’il est, en conséquence, impossible de le faire à cette date.
* La bénédiction habituelle est récitée avant la recherche. Tout ‘Hamets qui ne sera pas trouvé sera ensuite annulé par la formule Kol ‘Hamira, qui est prononcée à la fin de la recherche.
* Un premier-né qui jeûne doit terminer cette recherche avant de rompre son jeûne. Cependant, s’il se sent faible au point de ne pas être en mesure de rechercher le ‘Hamets convenablement, il pourra manger avant cette recherche.

Le 13 Nissan, à l’issue de la cinquième heure du jour
* C’est avant ce moment que l’on brûle le ‘Hamets trouvé la veille, quand le 14 Nissan est un Chabbat.
* Le Kol ‘Hamira ne sera cependant pas récité, car on pourra encore consommer du ‘Hamets le vendredi soir et le Chabbat matin.
* Si le ‘Hamets n’a pas été brûlé à la fin de la cinquième heure, il pourra encore l’être jusqu’au coucher du soleil. La même règle s’applique également pour la vente du ‘Hamets. De nombreuses autorités considèrent que l’acte de vente du ‘Hamets à un non Juif doit être daté du 13 Nissan et non du 14. Le ‘Hamets qui sera consommé le vendredi et le Chabbat matin sera donc exclu de cette vente.
* L’eau salée, le ‘Harosset, l’os et l’œuf dur pour le Séder seront préparés avant le Chabbat. Toute préparation du Séder sera achevée avant le coucher du soleil du vendredi soir.
* Le raifort et la salade romaine ne devront pas être trempés pendant vingt quatre heures. Le raifort sera préparé avant le Chabbat et conservé, dans une boite, jusqu’au Séder.
* Lorsque la veille de Pessa’h est un Chabbat, l’usage veut que la maison soit préparée pour la fête avant le Chabbat et que les repas de ce jour soient pris dans la vaisselle de Pessa’h. Néanmoins, il est interdit de consommer des Matsot, à la veille de Pessa’h, alors que le pain est obligatoire pour les repas du vendredi soir et du matin du Chabbat. Au début de ces deux repas, deux petits pains sont donc consommés, en se tenant éloigné de la table, afin qu’aucune miette de ce pain ne puisse toucher la vaisselle de Pessa’h.
* Les aliments solides et froids, poisson ou viande, peuvent être retirés d’une casserole de Pessa’h, avec une fourchette de Pessa’h et placés dans un plat ‘Hamets. A l’opposé, les aliments chauds ou liquides ne peuvent pas être déversés d’une casserole de Pessa’h dans un ustensile ‘Hamets. Cette pratique pourra, néanmoins, être tolérée pour des liquides froids ou tièdes.
* En tout état de cause, il est préférable de contourner cette question en se servant de vaisselle jetable.
* Ceux qui confectionnent les pains du Chabbat à la maison doivent en prélever la ‘Halla, laquelle, à l’heure actuelle, est brûlée au lieu d’être donnée au Cohen. Ce prélèvement se fera avant le Chabbat et la pâte en sera immédiatement brûlée.
* Si l’on oublie de prélever de la pâte avant le Chabbat, on ne pourra pas, bien évidemment, le faire après ce jour. Il faudra donc mettre de côté un morceau de pain et le faire consommer, avant la fin de la quatrième heure du Chabbat, par un enfant Cohen, âgé de moins de neuf ans.
* Il est interdit de consommer du ‘Hamets après la fin de la quatrième heure du Chabbat. On devra, avant ce moment, avoir achevé le pain qui introduit le repas du matin. De ce fait, la prière du matin est fixée plus tôt, dans de nombreuses communautés.
* On ne peut laver, pendant le Chabbat, qu’un ustensile qui sera réutilisé pendant ce jour. La nourriture ‘Hamets qui resterait peut donc être retirée d’une casserole ‘Hamets avec la main ou avec une serviette en papier. Puis, les ustensiles non rincés seront placés avec le reste de la vaisselle ‘Hamets et mis de côté jusqu’à la fin de la fête.
* Avant la fin de la cinquième heure du Chabbat, les miettes de ce pain, les serviette en papier ou tout autre ‘Hamets qui subsisterait devra disparaître, par exemple en étant jeté dans les toilettes. Les plats et les nappes seront essuyés avec des serviettes en papier, puis placés avec la vaisselle ‘Hamets.
* Selon certains avis, il est préférable de conserver une trentaine de grammes de pain, que l’on détruira, pendant le Chabbat, en le jetant dans les toilettes, afin d’accomplir, de cette façon, la Mitsvah de détruire le ‘Hamets.
* Après avoir éliminé tout le ‘Hamets, on dira le second Kol ‘Hamira, comme chaque veille de Pessa’h.
* Il est également possible de donner les restes du ‘Hamets à un non Juif, si l’on sait qu’il a l’intention de les emporter et qu’il suffit donc de les mettre à sa portée, pour qu’il se serve lui-même. Il est, pourtant, interdit de lui donner plus de ‘Hamets que ce qu’il peut consommer. En revanche, s’il quitte les lieux puis revient une seconde fois, on pourra lui donner, de nouveau, la même quantité de ‘Hamets. Ceci peut être répété autant de fois que cela sera nécessaire.
* Certains avis considèrent que la Matsah, dans la mesure où elle ne peut être consommée durant le Chabbat qui est la veille de Pessa’h, est alors Mouktsé, ce qui veut dire qu’elle ne peut être ni transportée, ni même touchée.
* Ceux qui ont coutume de prendre le troisième repas du Chabbat, Seouda Chelichit, pourront faire un second repas avant l’heure limite de la consommation du ‘Hamets. Il est, cependant, interdit de conclure le premier repas pour commencer immédiatement le second. Une interruption est nécessaire entre eux, par une courte étude ou bien par une promenade.
* On pourra également prendre ce troisième repas dans l’après-midi, avec un fruit, un morceau de viande ou de poisson. Dans ce cas, néanmoins, il faudra manger modérément, afin de consommer avec appétit la Matsah du Séder.
* Les bougies de la fête seront allumées après la tombée de la nuit et l’apparition de trois étoiles. C’est alors également que l’on pourra commencer les préparatifs du Séder. Toute préparation du Séder qui n’a pu être achevée avant le commencement du Chabbat ne pourra pas être reprise avant ce moment. Et, l’on dira, au préalable, Baroukh Ha Mavdil Ben Kodech Le Kodech, " Béni soit Celui Qui fait la différence entre une sainteté et une autre ".

La nuit du 13 au 14 Nissan, après l’apparition de trois étoiles
* C’est alors que l’on recherche le ‘Hamets, lorsque la veille de Pessa’h n’est pas un Chabbat.
* A la veille du Séder, on a coutume de ne pas consommer de Matsah, de Maror et de ce qui entre dans la composition du ‘Harosset, c’est-à-dire pommes, poires et noix, car tout ceci est partie intégrante du Séder. Mais, selon plusieurs avis, on cesse de consommer de la Matsah d’ores et déjà un moins avant Pessa’h.
* Lorsque le Séder est célébré à l’issue du Chabbat, on ne consommera pas, pendant ce jour, de Matsah, de raifort, de laitue romaine, de pomme, de poire et de noix.

Le 14 Nissan, au matin
* C’est à ce moment, au plus tard, qu’il faudra procéder à la vente du ‘Hamets, laquelle, du fait de la complexité de sa procédure, est nécessairement effectuée par le Rav, une tierce personne se portant garante. En effet, l’interdiction du ‘Hamets, à Pessa’h, s’applique uniquement quand son propriétaire est un Juif. En revanche, on peut garder chez soi du ‘Hamets appartenant à un non Juif, dès lors que celui-ci se trouve dans un endroit clos et réservé à cet effet.
* Il est, en conséquence, possible de vendre tout ‘Hamets que l’on désire, à un non Juif et de le lui racheter après la fête. La vaisselle ‘Hamets est également incluse dans cette vente. Pour autant, il ne sera pas nécessaire de la tremper, de nouveau, au Mikwé, après Pessa’h
* Il appartient à chacun de s’adresser à une autorité compétente de la Torah, que l’on chargera de vendre son ‘Hamets. S’il n’est pas possible de se rendre chez le Rabbin, on pourra lui adresser une procuration, par tout moyen. Celle-ci devra lui être parvenue, au plus tard, le 14 Nissan, avant la cinquième heure du jour.
* Il est bon de convaincre chacun d’effectuer la vente du ‘Hamets qu’il possède. Ceci s’applique également aux personnes qui seront conduites à se servir de leur ‘Hamets, pendant la fête. D’une part, celles-ci ne transgresseront pas, de la sorte, l’interdiction de le voir ou de le trouver chez eux, puisqu’il ne leur appartiendra pas. D’autre part, elles se souviendront ainsi de cette interdiction et pourront, à terme, être conduites à la mettre en pratique.
* Ce jour étant le jeûne des premiers-nés, il est bon de prendre part à un repas de Mitsva, par exemple celui qui conclut l’étude d’un traité talmudique, afin d’être dispensé de jeûner.

Le 14 Nissan, à l’issue de la quatrième heure du jour
* C’est à partir de ce moment qu’il est interdit de consommer du ‘Hamets.

Le 14 Nissan, à l’issue de la cinquième heure du jour
* C’est à partir de ce moment qu’il est interdit de tirer profit du ‘Hamets.
* Avant cela, celui qui aura été découvert lors de la recherche et tout autre ‘Hamets que l’on possède sans l’avoir inclus dans l’acte de vente devront être brûlés.

Le 14 Nissan, dans l’après-midi
* On prépare les Matsot Chemourot pour le Séder. Le Rabbi Rachab, père du précédent Rabbi, assistait à leur préparation et récitait alors le Hallel. Il s’interrompait dans sa lecture, même au milieu d’un paragraphe, afin de donner des précisions sur la manière de les pétrir ou de les cuire.
* A la veille de Pessa’h, le Rabbi distribue de la Matsah, portant le vêtement de soie du Chabbat et des fêtes, de même que sa ceinture de prière.

Le 14 Nissan, dix huit minutes avant le coucher du soleil
* On allume les bougies de la fête de Pessa’h - lorsque Pessa'h ne tombe pas à l'issue de Chabbat.
Lorsque Pessa'h tombe à l'issue de Chabbat, on attendra l'heure de la sortie de Chabbat pour allumer les bougies marquant le début de la fête.

La nuit du 14 au 15 Nissan, après l’apparition de trois étoiles, ou après la sortie de Chabbat.
* La prière du soir est dite, suivie du Hallel.
* Le premier Séder commence ensuite.

La nuit du 14 au 15 Nissan, au milieu de la nuit
* C’est avant ce moment que l’Afikomen, concluant le repas du Séder, doit être consommé.

Le 15 Nissan, premier jour de Pessa’h
* La prière du matin est suivie du Hallel, de la lecture de la Torah et du Moussaf, introduit par la bénédiction de la rosée.
* A partir de cette prière, la mention Morid Ha Tal, " Il fait s’écouler la rosée ", est ajoutée à toutes les prières.
* Une demie heure après le milieu du jour, et jusqu’au coucher du soleil, la prière de l’après-midi peut être dite.

La nuit du 15 au 16 Nissan, après l’apparition de trois étoiles
* Les bougies de la fête sont allumées, à la maison.
* A la synagogue, la prière du soir est suivie du Hallel et du compte de l’Omer.
* Ensuite, commence le second Séder, qui peut également se prolonger pendant la seconde moitié de la nuit.

Le 16 Nissan, second jour de Pessa’h
* La prière du matin est suivie du Hallel, de la lecture de la Torah et du Moussaf.
* Une demie heure après le milieu du jour, et jusqu’au coucher du soleil, la prière de l’après-midi peut être dite.

La nuit du 16 au 17 Nissan, après l’apparition de trois étoiles
* La prière du soir, dans laquelle on intercale, pour la première fois, la mention Ve Ten Berakha, " Donne la bénédiction ", est suivie du compte de l’Omer.
* Puis, la Havdala est dite.

Du 17 au 20 Nissan, ‘Hol Ha Moéd
* Le demi Hallel est récitée et la Torah est lue, chaque matin.
* Après la prière du soir, on compte l’Omer.

Le 20 Nissan, dix huit minutes avant le coucher du soleil
* Les bougies de la fête sont allumées pour le septième jour de Pessa’h, mais l’on ne dit pas la bénédiction de Chéhé’héyanou. Celle-ci est également omise dans le Kiddouch.
* Si c’est un jour de semaine et qu’il n’a pas été possible d’allumer les bougies à cette heure, on pourra encore le faire par la suite. Si c’est un Chabbat, en revanche, il est interdit de les allumer au-delà de cette heure.

La nuit du 20 au 21 Nissan, après l’apparition de trois étoiles
* La prière du soir est suivie du compte de l’Omer.
* Dans de nombreuses communautés, on a coutume de veiller, toute cette nuit, pour commémorer le passage de la mer Rouge, qui eut lieu au lever du jour.

Le 21 Nissan, septième jour de Pessa’h
* La prière du matin est suivie du demi Hallel, de la lecture de la Torah, comportant le Cantique de la mer, que l’on écoute debout, tourné vers le Séfer Torah et du Moussaf.
* Une demie heure après le lever du jour, et jusqu’au coucher du soleil, la prière de l’après-midi peut être dite.

La nuit du 21 au 22 Nissan, après l’apparition de trois étoiles,ou après la sortie de Chabbat.
* Les bougies de la fête sont allumées, à la maison, sans dire la bénédiction de Chéhé’héyanou. Celle-ci est également omise dans le Kiddouch.
* A la synagogue, la prière du soir est suivie du compte de l’Omer.

Le 22 Nissan, huitième jour de Pessa’h
* La prière du matin est suivie du demi Hallel, de la lecture de la Torah et du Moussaf.
* Une demie heure après le lever du jour, et jusqu’au coucher du soleil, la prière de l’après-midi peut être dite.

Le 22 Nissan, en fin d’après-midi
* Le repas du Machia’h, annonciateur de la délivrance, est pris, conformément à l’usage introduit par le Baal Chem Tov.
* Le Rabbi a instauré la coutume de boire quatre verres de vin, pendant ce repas, comme on le fait pendant le Séder.

La nuit du 22 au 23 Nissan, après l’apparition de trois étoiles
* La prière du soir est suivie par le compte de l’Omer.
* Puis, la Havdala est dite, concluant la fête de Pessa’h.
* La vaisselle de Pessa’h est rangée.
* On peut consommer le ‘Hamets qui a été préparé après la fête ou bien celui qui, pendant celle-ci, était vendu à un non Juif.

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