La veille de Pessa’h


* A la veille de Pessa’h, on a coutume de fouiller les poches des enfants…

Matsah, Maror et ‘Hazéret
* A la veille de Pessa’h, on ne consomme pas de Matsah, afin de le faire avec l’appétit qui convient, lors du Séder, au moment de l’accomplissement de la Mitsvah.
* Pour la même raison, il convient de restreindre sa consommation de Matsah, durant le premier jour de Pessa’h, dans la perspective du second Séder.
* On notera que beaucoup ont l'habitude de s’abstenir d’en consommer durant les trente jours qui précèdent la fête.
* Selon le même raisonnement, on ne consomme pas de Maror, à la veille de Pessa’h et durant le premier jour de la fête, en dehors du Séder.

Le sacrifice de Pessa’h
La manière de lire le sacrifice de Pessa’h
On lit la veille de Pessa'h une très brève description de l’ordre du sacrifice de Pessa’h.
Celui qui craint D.ieu la récitera, au moment qui convient et sa lecture sera considérée comme l’offrande de ce sacrifice. Il faut également manifester son souci de la destruction du Temple et implorer D.ieu, Créateur de l’univers, de le reconstruire, rapidement et de nos jours, Amen.

Une lecture différente
La lecture de la description du sacrifice de Pessa’h est différente de celle que l’on fait pour les autres sacrifices. S’agissant de ces derniers, en effet, on mentionne uniquement quelques versets de la Torah et quelques lois. La description du sacrifice de Pessa’h, en revanche, est très précise, exhaustive, comme s’il s’agissait, à proprement parler, de l’offrir, à l’issue de cette lecture.
De fait, il est trois sortes de lecture remplaçant un sacrifice, à l’heure actuelle. On peut lire les versets de la Torah qui s’y réfèrent, ce qui n’est pas considéré comme une offrande effective, mais permet, cependant, de racheter la faute qui a été commise. On peut aussi étudier les dispositions relatives à ce sacrifice, dans la Loi Orale et nos Sages disent, à ce propos, que " quiconque étudie les lois du sacrifice d’Ola est considéré comme s’il avait offert une Ola ", même si ce sacrifice n’a pas été effectué concrètement. Enfin, on peut dire une prière, qui a été instituée pour remplacer le sacrifice et qui peut ainsi se substituer à lui, puisqu’elle a été introduite dans ce but, bien que, de manière concrète, aucun sacrifice n’ait été offert.
Cette analyse nous permet de comprendre la particularité du sacrifice de Pessa’h, qui est décrit jusque dans son moindre détail, tel qu’il était effectué dans le Temple. Une description aussi précise permet de ressentir que l’on se trouve effectivement dans le Temple, que l’on offre concrètement ce sacrifice. C’est également pour cette raison que ce texte est lu " au moment qui convient ", de sorte que " sa lecture sera considérée comme l’offrande ".
Le sacrifice de Pessa’h fut à l’origine de la délivrance physique d’Israël, ainsi qu’il est dit: " C’est le sacrifice de Pessa’h, par lequel D.ieu a bondi au-dessus des maisons des enfants d’Israël " et de la délivrance morale, de la naissance d’Israël en tant que nation, lorsque les esclaves de l’Egypte devinrent des hommes libres.
De la même façon, celui qui lit la description du sacrifice de Pessa’h s’élève vers la liberté et la délivrance. Il est donc considéré comme ayant concrètement offert ce sacrifice, comme s’il avait prié. Bien plus, en prononçant ces mots, il se trouve effectivement dans le Temple, réalisant ce sacrifice.

La viande rôtie, consommée la nuit :
L’étymologie du mot Pessa’h, décrivant le bond en avant, fait référence à ce qui transcende le processus normal de la création. En effet, D.ieu suspendit les principes qu’Il avait Lui-même instaurés, dans le monde et, en retour, les enfants d’Israël firent eux-mêmes abstraction des contingences de la nature et de la situation dans laquelle ils se trouvaient, dans le but de Le servir.
La vie peut être définie comme un cycle continu d’efforts et d’accomplissements, de travail et de rétribution. Les métaphores courantes, pour décrire ces deux états, sont le feu et l’eau. Le premier symbolise la soif, la recherche et la seconde, la satisfaction, la satiété.
Une vie " normale " intègre à la fois le feu et l’eau. Certains mets sont cuisinés en les plongeant dans l’eau du contentement, alors que d’autres possèdent, en moins grande proportion, ce liquide capable de tempérer le feu de la vie. Parfois, les aliments peuvent même être rôtis, c’est-à-dire rendre nécessaire un effort intense, qui n’est pas compensé par la moindre rétribution..
Il n’est, toutefois, qu’une seule manière de consommer le sacrifice de Pessa’h. Celui-ci doit être rôti.
Lorsqu’une âme recherche l’Essence du Divin, non pas les reflets de Sa Présence, tels qu’on les perçoit au sein de la création et qu’un engagement moral ordinaire suffit pour ressentir, mais bien D.ieu Lui-même, transcendant l’existence et la réalité, elle est consumée par un désir intense qu’elle ne parvient pas à assouvir.
En effet, l’homme est incapable de saisir l’Essence de D.ieu. Il ne peut qu’allumer, en son âme, un feu ardent, sans une goutte d’eau pour calmer sa soif, sans aucun ‘récipient’ pour contenir sa ferveur. C’est pour cela que le sacrifice de Pessa’h est " rôti par le feu ".

Communauté
Les versets (Chemot 12, 1-8) disent " Et, D.ieu parla à Moché et à Aharon, dans le pays de l’Egypte, en ces termes : Parle à toute la communauté d’Israël et qu’ils prennent pour eux-mêmes, chaque homme, un agneau par famille, un agneau par maison. Et, vous le garderez jusqu’au quatorzième jour de ce mois. Toute la communauté de l’assemblée d’Israël le sacrifiera, vers le soir. Et, ils en mangeront la viande cette nuit, rôtie par le feu, avec des Matsot et des herbes amères. "
L’homme recherche, par nature, l’isolement. Aucun autre être au monde n’a un sens aussi prononcé et aussi dominant de l’individualisme. Aucune créature n’a une aussi forte conscience de son moi, ne se distingue aussi fortement de toutes les autres.
Simultanément, l’homme est aussi l’être le plus affable, multipliant les contacts familiaux et sociaux, dans son désir d’être accepté par les autres. Refusant de se limiter à leur propre personne, les hommes se regroupent par professions, par catégories, par nationalités ou par tout autre critère de définition qui dépasse l’individualité.
Même si l’identité individuelle entre en conflit avec l’individualité sociale, le désir de satisfaire l’une et l’autre n’est pas diminué pour autant. Nous sommes convaincus d’être ce que nous faisons de nous-mêmes, mais nous savons aussi que nous sommes moins que ce que nous pourrions et voudrions être. Ainsi, le sage Hillel dit: " Si je ne suis pas pour moi-même, qui le sera ? Et, si je suis seulement pour moi-même, que suis-je ? ".
Nous sommes confrontés, à multiples reprises chaque jour, tout au long de notre existence, à ce paradoxe de Hillel. Lui-même eut à résoudre une question sur la Loi juive, qui fut à l’origine de son ascension, le conduisant à prendre la direction du peuple juif, à son époque. Cette question était la suivante. Le sacrifice de Pessa’h doit-il être offert quand le 14 Nissan est un Chabbat ?
Lorsque l’on possédait le Temple, le sacrifice était le véhicule premier du service de D.ieu émanant des hommes. Il était offert sur l’autel et, de façon générale, on en comptait deux catégories, le sacrifice individuel, d’une part, apporté à titre personnel, comme une marque de générosité, un don, un acte de gratitude envers D.ieu pour le bienfait que l’on a reçu, une expiation de la faute qu’on a commise, le sacrifice public, d’autre part, par exemple le sacrifice perpétuel du matin ou du soir, offert au nom de toute la communauté d’Israël et financé par un fonds auquel chaque Juif apportait une contribution annuelle d’un demi Shekel.
Chaque sacrifice appartient ou à l’une ou à l’autre de ces deux catégories, à l’exception de celui de Pessa’h, qui s’inscrit dans les deux à la fois. D’une part, il se rapproche d’un sacrifice individuel, puisqu’il est acquis avec des fonds personnels et consommé par ceux qui l’ont offert. D’autre part, il présente aussi des caractéristiques d’un sacrifice public, puisqu’il est offert, collectivement, par "toute la communauté de l’assemblée d’Israël ".
Ce sacrifice était offert le 14 Nissan et, quand ce jour était un Chabbat, il devenait crucial de déterminer à quelle catégorie il appartenait. En effet, la Torah interdit d’apporter un sacrifice individuel, pendant le Chabbat. En revanche, elle permet le sacrifice public et le rend même obligatoire. En conséquence, il fallait répondre à la question suivante. Le Pessa’h appartient-il à la première catégorie, auquel cas il ne peut être offert pendant le Chabbat ou bien est-il un sacrifice public, que rien n’empêche d’offrir en ce jour de repos ?
Le Talmud relate qu’une année, alors que le 14 Nissan était un Chabbat, les dirigeants du Sanhédrin furent incapables de répondre à cette question. Hillel, jeune érudit de Babylone qui venait d’arriver en Terre Sainte, démontra alors que l’aspect dominant du Pessa’h était celui d’un sacrifice public et qu’il pouvait donc être offert pendant le Chabbat. En signe de reconnaissance de sa profonde érudition, les dirigeants du Sanhédrin reculèrent et le placèrent aussitôt à leur tête.
Faisant écho à la définition, par Moché, de l’exode d’Egypte comme la date à laquelle D.ieu " prit une nation au sein d’une nation ", le prophète Ezéchiel décrit également la naissance du peuple d’Israël. Il rappelle qu’avant l’exode, les enfants d’Israël avaient, certes, des ancêtres communs, une culture et un héritage. Pour autant, ils ne formaient pas encore un peuple. Leur naissance en tant que peuple se produisit lors du premier Pessa’h.
En ce sens, Pessa’h symbolise la suprématie de la dimension collective par rapport à la dimension individuelle. De nombreuses personnalités, distinctes les unes des autres, s’unirent alors pour assumer une mission et une identité communes. En conséquence, souligna Hillel, c’est bien l’aspect public du sacrifice de Pessa’h qui est dominant et qui doit déterminer son statut halakhique.
Dès lors, pourquoi le Pessa’h n’est-il pas un sacrifice public à part entière, au même titre que tous les autres ? Pourquoi se trouve-t-il à mi-chemin entre les deux catégories, mettant en avant à la fois les dimensions publique et individuelle ?
Il en est ainsi afin de souligner que la finalité de la fusion de nombreux individus en un seul peuple n’est pas synonyme d’oblitération de la personnalité, mais, bien au contraire, une démarche d’intégration de la spécificité de chacun au sein de l’entité communautaire.
Car, la communauté n’est pas seulement le véhicule permettant de transcender les limites de la personnalité et de réaliser les objectifs que des personnes égoïstes ne pourraient atteindre. Elle est aussi le canevas dans lequel chaque individu peut, au mieux, développer et mettre en évidence la plus haute perfection qu’il porte en lui.
La relation à D.ieu inclut, à la fois, des sacrifices individuels, qui permettent l’usage de ses capacités personnelles pour Lui et des sacrifices publics, basés par la disparition de l’individualité devant la mission communautaire. Toutefois, le Pessa’h, qui joua un rôle décisif dans la constitution du peuple d’Israël, doit appartenir aux deux catégories à la fois.
Etant le sacrifice qui marque la naissance de la nation d’Israël, le Pessa’h exprime le caractère commun d’appartenance au peuple de D.ieu. Ce thème est, bien entendu, dominant, pour tout ce qui le concerne. Pour autant, le Pessa’h doit également affirmer la vérité suivante. Même s’ils mettent de côté leur personnalité pour s’unir dans un objectif commun, les hommes restent définis par leurs énergies personnelles et leurs vulnérabilités. En ce sens, ils conservent bien une entité distincte.
Or, le paradoxe entre l’individualité et l’appartenance communautaire est au cœur même de l’identité des hommes et de ce qu’ils sont. La tension qui existe entre ces deux pôles est une composante nécessaire et positive de la relation avec D.ieu.
Même à la fin des jours, quand toute l’histoire de l’humanité tendra vers la perfection divine et l’âge harmonieux du Machia’h, cette dualité perdurera et elle définira encore l’identité de l’individu et de la nation. L’ultime Rédemption sera collective.
Alors, selon les termes du prophète Jérémie, "une grande communauté retournera là-bas ". Alors, s’accomplira la vision d’Isaïe : " Vous serez cueillis, un à un, enfants d’Israël".

Un sacrifice Taref
La description du sacrifice de Pessa’h se conclut par : "Si l’on trouve que le Pessa’h est Taref, son propriétaire ne se sera pas acquitté de son obligation et devra en apporter un autre". Ces mots ne contredisent-ils pas le principe selon lequel "on conclut un exposé par une idée favorable" ?
On peut, en fait, considérer que cette phrase se rapporte à la conclusion des préparatifs de Pessa’h, par les Juifs, c’est-à-dire à l’accomplissement de la mission qu’ils doivent mener à bien, pendant le temps de l’exil, afin d’accéder à la délivrance.
Pessa’h signifie ‘le bond’ et désigne ainsi le saut en avant que sera la transition de l’exil vers la délivrance. Le verbe ‘trouver’ fait référence au Machia’h, ainsi qu’il est dit: "J’ai trouvé David, Mon serviteur". En conséquence, "trouver le Pessa’h" désigne la possibilité de s’introduire dans la Rédemption, avec la venue du Machia’h.
Le mot Taref caractérise l’exil car celui qui s’y trouve ne pourra jamais se préparer à la délivrance de la manière qui convient. En effet, il lui sera toujours nécessaire d’en ‘apporter un autre’, d’introduire une forme nouvelle du service de D.ieu, celle qu’apportera la délivrance.

Celui qui a la crainte de D.ieu
Faisant référence à la description du sacrifice de Pessa’h, la Haggada précise que " celui qui craint D.ieu la récitera au moment qui convient ". Le but de cette lecture n’est pas uniquement de commémorer le passé, mais bien d’introduire, dans toute la mesure du possible, ce qui remplace ce sacrifice, à notre époque.
A l’issue de cette lecture, chacun doit éprouver le désir le plus intense d’offrir le sacrifice de Pessa’h, dans le Temple, très prochainement.

* Lorsque Pessa’h est un Chabbat, on dit, dans la prière du vendredi soir, Gam Be Sim’ha Ou Ve Tsahola, comme on le fait également pendant le Chabbat ‘Hol Ha Moéd.
* Le vendredi soir, avant le Séder, on lit les textes suivants, Chalom Alékhem et Echet ‘Haïl, à voix basse :
Chalom Alékhem… Maasséya

La Haggada

On se pénétrera de crainte, afin de mettre en pratique l’injonction, énoncée par nos Sages, de célébrer le Séder. Il convient de lui accorder toute l’importance qu’il mérite.
* On peut penser que certaines de ses pratiques n’ont qu’une valeur accessoire ou même symbolique. Il ne faudra donc pas se fier aux apparences. On les mettra en pratique en étant persuadé que chacune a une signification précise.
On disposera sur la table un plateau, avec trois Matsot posées l’une sur l’autre, d’abord l’Israël, puis le Lévi et, sur elle, le Cohen. Au-dessus de tout cela, on placera, à droite, l’os et, à l’opposé, à gauche, l’œuf, plus bas, au centre, le Maror. Encore plus bas, sous l’os, il y aura le ‘Harosset et, à l’opposé, sous l’œuf, le Karpas. En dessous de tout cela, sous le Maror, se trouvera la ‘Hazéret, utilisée pour le Korekh.
Insérer ici un dessin du plateau, en plaçant L’œuf, l’os, le Maror, le Karpas, le ‘Harosset et la ‘Hazéret

Le Séder

* Les femmes sont tenues à la pratique des Mitsvot du Séder, à la consommation de la Matsah, du Maror, des quatre coupes de vin et au récit de la Haggada, au même titre que les hommes. Les enfants doivent également être habitués à mettre en pratique ces Mitsvot.

* Le plateau du Séder est préparé la nuit, avant le Kidouch:
Les Matsot:
* La Matsah est confectionnée avec de l’eau et de la farine, sans levain, bien évidemment sous surveillance rabbinique. Son processus de fabrication ne doit pas excéder dix huit minutes.
* On distingue, à l’heure actuelle, la Matsah ordinaire, faite à la machine, avec de la farine surveillée depuis qu’elle est moulue, de la Matsah Chemoura, faite à la main, avec de la farine surveillée depuis la récolte du blé.
* Il est préférable de se servir de la Matsah Chemoura pour deux raisons. D’une part, celle-ci fait l’objet d’une surveillance plus intransigeante. D’autre part, la Matsah utilisée au Séder doit avoir été confectionnée dans le but de s’acquitter de la Mitsvah d’en consommer, le soir de Pessa’h. Or, selon plusieurs Décisionnaires, on ne peut pas avoir cette intention en actionnant une machine. De plus, la Matsah Chemoura est ronde, ce qui, d’après la Kabbala, revêt une importance particulière.
* A trois étapes du Séder, comme nous le montrerons, il est nécessaire de consommer au moins un Ka Zaït de Matsah, soit 25,6 grammes. Selon certaines opinions, une quantité plus grande est nécessaire. Chaque personne participant au Séder le fera, pendant les deux nuits et un nombre suffisant de Matsot sera prévu à cet effet.
* Les Matsot se trouvant sur le plateau doivent être entières. Pour atteindre la quantité requise, en fonction du nombre des convives, elles seront complétées par d’autres Matsot, qui ne seront pas nécessairement entières.
* En effet, on ne place que trois Matsot, sur le plateau et, de façon générale, chaque participant au Séder n’a pas systématiquement son propre plateau. C’est, en particulier, le cas pour les femmes. Celui qui dirige le Séder distribuera donc aux autres la quantité requise de Matsah, provenant de son propre plateau. Les trois Matsot ne suffiront donc pas, en particulier pour l’Afikomen, qui représente lui-même plus d’une demi Matsah. Lors de la distribution de la Matsah pour le Ha Motsi, le Korekh et l’Afikomen, on pourra donc compléter celles du plateau par d’autres Matsot, qui seront disposées à l’avance, à cet effet.
* Il est bon également de préparer, avant le Séder, des morceaux de Matsah ayant la taille requise et de les placer à côté de celui qui dirige la soirée. Ainsi, le moment venu, ceux-ci pourront être distribués avec d’autres morceaux, plus petits, provenant du plateau.
* La Matsah inférieure est l’Israël, la Matsah médiane est le Lévi et la Matsah supérieure, le Cohen. Toutes sont séparées par des napperons. Il est préférables qu’elles soient concaves, afin de suggérer les réceptacles attirant la Lumière de D.ieu ici-bas.
Le pain du pauvre
La Matsah est appelée " pain du pauvre ", qui n’a pas de goût, parce que toute compréhension en est absente. Elle est consommée " parce que la pâte de nos ancêtres n’eut pas le temps de lever ", ce qui souligne que la délivrance d’Egypte fut obtenue à l’initiative de D.ieu. En effet, les enfants d’Israël étaient " assujettis " à l’impureté de ce pays, qu’il fallut leur faire quitter " à la hâte ".
C’est la raison pour laquelle on pose, sur le plateau du Séder, trois Matsot, qui correspondent aux trois versets décrivant cette délivrance, " Je vous ferai sortir des souffrances de l’Egypte ", " Je vous sauverai de la servitude ", " Je vous libérerai d’une main étendue et avec de grands signes ".
Le vin, à l’opposé de la Matsah, a bon goût. C’est pour cela que l’on en boit quatre verres, le quatrième correspondant au verset " Je vous prendrai pour peuple ". En effet, l’élection de D.ieu permit aux enfants d’Israël de ressentir le " goût " de la délivrance.
Pour la même raison, l’obligation de la Matsah, à Pessa’h, découle de la Torah, alors que celle des quatre verres de vin est introduite par nos Sages. En effet, à Pessa’h, la délivrance fut essentiellement ressentie comme une intervention céleste. Et, c’est uniquement par la suite, lors du don de la Torah, que les enfants d’Israël en perçurent réellement le goût.
Israël, Lévi, Cohen
Les initiales des trois mots Israël, Lévi et Cohen, correspondant aux trois Matsot du plateau, forment le mot Yélekh, il ira de l’avant. En effet, le service de D.ieu doit être une série continue d’élévations successives.
D’autres avis adoptent le classement suivant, pour ces Matsot: Cohen, Lévi, Israël, formant ainsi le mot Keli, réceptacle. De fait, selon la Kabbala, les Matsot sont les réceptacles, alors que les éléments placés sur elles sont les Lumières divines pénétrant dans ces réceptacles.


Le Maror :
* Les légumes amers, Maror, sont consommés à deux étapes du Séder, comme nous le montrerons.
* Le Talmud mentionne cinq légumes que l’on peut utiliser à cet effet. Néanmoins, la coutume la plus répandue, de nos jours, est d’utiliser de la laitue romaine et du raifort, à la fois pour le Maror et pour la ‘Hazéret. Certains prennent également des endives.
* Pour consommer ces légumes, en particulier s’il s’agit de laitue romaine, il faudra en vérifier les feuilles, avant la fête, afin de s’assurer que des insectes ne s’y trouvent pas. Un grand nombre d’entre eux sont très petits et ont la même couleur que ces feuilles. Il est donc difficile d’en détecter la présence. Il est, en conséquence, préférable de se servir uniquement de la partie centrale de la feuille, qui peut être examinée et nettoyée plus facilement qu’une feuille entière.

La place centrale du Maror
On pourrait imaginer que le Maror ait sa place à la gauche du plateau, puisque, d’après la Kabbala, il correspond à l’Attribut du jugement et de la sévérité, à l’origine de l’exil. Malgré cela, il se trouve effectivement au milieu du plateau, car l’amertume évoque la miséricorde, se trouvant sur le vecteur médian des Attributs de D.ieu.
Celui qui épanche son cœur, avec une profonde amertume, en constatant à quel point il est séparé de D.ieu, mettra en évidence Sa miséricorde et Sa pitié.

Le ‘Harosset
* Le ‘Harosset est un mélange de pommes, de poires et de noix, évoquant le mortier par lequel nos ancêtres furent réduits en esclavage. Il comportait auparavant de la cannelle, mais celle-ci a été supprimée, de peur que du ‘Hamets y soit mélangé.
* Le ‘Harosset est placé sur le plateau et, par la suite, il est humecté de vin, pendant le Séder, comme nous le montrerons.

Le nom du ‘Harosset
Il est ainsi appelé parce qu’il évoque les briques que les enfants d’Israël confectionnaient en Egypte en faisant cuire de l’argile, en Hébreu ‘Harassit.
De plus, dans la langue hébraïque, tout trempage peut être désigné par le terme de ‘Harosset.

Le Karpass
* Le terme Karpass est l’anagramme de Samékh Parékh, " six cent milles furent réduits à un âpre esclavage ". Il s’agit d’un légume placé sur le plateau du Séder, généralement de l’oignon cru ou de la pomme de terre bouillie.

Esclavage
Comme on l’a vu, le mot Karpas se décompose en Samékh Parékh, " six cent mille hommes ont été réduits en esclavage ".
C’est la raison pour laquelle on choisit, en l’occurrence, un légume qui est généralement désigné par le terme de Karpas, par exemple l’oignon.

Le Zeroa
* Le Zeroa est l’os qui est placé sur le plateau du Séder.
* La coutume Loubavitch consiste à prendre un cou de poulet rôti dont on ôte toute la chair, afin d’écarter toute ressemblance avec le sacrifice de Pessa’h.
* Pour la même raison, on ne mange pas cet os, par la suite, comme on le fait, par exemple, pour l’œuf.

Le Bras étendu
L’os est appelé Zeroa, terme qui désigne l’épaule, le bras.
Par ce terme, on introduit une allusion au verset rappelant que D.ieu " nous fit quitter l’Egypte avec un Bras étendu ".

L’œuf
* Un œuf dur est placé sur le plateau du Séder.
* Celui-ci évoque le sacrifice de ‘Haguiga, qui n’était pas offert, dans le Temple, quand le 14 Nissan était un Chabbat. Malgré cela, on le placera sur le plateau, même si le Séder est célébré un samedi soir.
* On a coutume de consommer cet œuf au début du repas. Il convient donc d’en préparer un nombre suffisant pour les deux soirs de la fête.
Requête
L’œuf s’appelle Beïtsa, en Hébreu, Beya, en araméen. Ce dernier terme peut être rapproché de Bea, la requête.
On commémore ainsi le demande que les enfants d’Israël formulèrent à D.ieu d’être libérés de l’Egypte.

L’eau salée
* Le Karpas est trempé dans de l’eau salée.
* Au début du repas, l’œuf l’est également.
* Si le Séder a lieu un vendredi soir, il est préférable de préparer cette eau salée avant le coucher du soleil.
Les larmes
L’eau salée évoque les larmes que nos ancêtres versèrent en Egypte.


Retour à l'index des fêtes