Les fêtes juives
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Le moment venu

Il arriva qu'un Tsaddik s'approfondit devant ses 'Hassidim sur la venue prochaine de Machia'h. Un des élèves objecta: "nous l'attendons depuis des générations, et il n'est toujours pas là!"
Le visage du Rebbe devint sérieux. Il se tut quelques minutes, puis raconta l'histoire suivante.
Deux mendiants, l'un juif, l'autre non juif parcouraient le pays. Ils partageaient leur bonne comme leur mauvaise fortune avec constance. Lorsqu'ils arrivaient dans une ville juive, le juif donnait à l'autre moitié de ce qu'il avait reçu de ses coreligionnaires, et vice versa.
Ils arrivèrent ainsi une veille de Pessa'h dans une communauté juive. "MMhhh, nous sommes arrivés à temps, c'est Pessa'h ce soir, on va se régaler", glissa notre homme à son compagnon.
Il décrivit avec enthousiasme les coutumes de la fête, les tables royales du moindre foyer juif, les plats traditionnels, l'hospitalité légendaire.
"Alors ce soir tu vas être à la fête, et moi à la rue?"
"Mais non. Ici personne ne te connaît. Tu viendras avec moi à la synagogue, et après l'office tu seras bien invité quelque part. "
C'est ce qu'ils firent, et ce soir là, ils furent chacun invité dans une famille de la ville.
Arrivé chez son hôte; le mendiant non juif fut frappé par la table magnifique qui avait été dressée, les odeurs émanant de la cuisine. Il se serait bien jeté sur les mets, mais son ami l'avait bien mis en garde de se conformer geste pour geste à ce que ferait le maître de maison.
On lui versa un verre de vin, qu'il n'hésita pas à vider d'un trait après le Kiddouch, ce qui ne fit qu'accroître son appétit. On allait certainement servir le premier plat, mais le maître de maison invita son monde à se laver les mains "sans bénédiction". Il alla donc se laver les mains, sans réciter la bénédiction – qu'il ne connaissait bien sûr pas.
Prélude bien sûr à un repas garni? Non. On lui tendit une feuille de salade amère trempée dans de l'eau salée. Pour lui qui mourrait de faim, c'était une piètre consolation.
Le maître de maison prit ensuite une Matsah qu'il coupa en deux. "Un partage équitable" se dit le mendiant, prêt à avaler d'un coup cette étrange galette … que le maître de maison mit de côté sans lui en proposer même la moindre miette.
Vint le moment de réciter "ha la'hma anya" voici le pain de misère, puis tous écoutèrent les enfants chanter chacun à son tour "Ma Nichtana".
Et le maître de maison de raconter avec fougue et dans le détail l'esclavage des Hébreux en Egypte, les merveilles que fit D.ieu pour nous en sortir. Et pendant ce temps, notre mendiant s'efforce d'imiter les gestes et murmures des autres convives, alors que son ventre, crie famine, ses boyaux se tordent et tout son esprit est tendu vers ce moment où toutes ces parlottes vont enfin cesser et que l'on va passer aux choses sérieuses…, toutes ces bonnes choses dont son ami lui a parlé.
Arrive le second verre, puis tous se lèvent pour se laver les mains une seconde fois. Les jambes chancelantes, le mendiant se lève et s'efforce de mimer le maître de maison. Cette fois c'est sûr qu'on va passer les plats…
Mais au lieu d'une tranche de pain frais, odorante, on lui tend cette étrange galette dure et sèche. "Mieux que rien, se dit il, mais où sont toutes ces fameuses choses si délicieuses?"
"Certainement cette mixture blanche que le maître de maison vient de faire passer sur la table. Chacun en prend un tout petit peu. C'est certainement un met recherché et fort délicieux. "
Plus intelligent que tous, notre homme décida de s'en servir une bonne part. Et il glissa d'un coup dans sa bouche une énorme cuillère de ce raifort finement râpé utilisé comme 'Hazeret …
Mal lui en prit. L'odeur du raifort faillit l'étouffer. Son visage vira au rouge pourpre, et il fut pris d'une toux incontrôlable.
C'en était trop pour lui, et il se leva furieux, se dirigea vers la porte au grand étonnement de tous, sortit et claqua la porte en grommelant des injures.
Il arpenta les rues de la ville de longues heures, maudissant son ami qu'il finit par rencontrer bien plus tard.
"Ah, quel repas! Ca fait bien longtemps que je ne m'étais pas rempli la panse comme ça! Et toi?"
Il ne reçut que des jurons en guise de réponse.
"Raconte moi ce qui t'es arrivé au lieu de te plaindre".
En entendant son ami, le juif fut pris d'un fou rire.
"Quel sot tu es! Tu as bu ce vin si fort, mangé le Karpass trempé dans l'eau salée, tu as écouté toutes ces histoires sur l'esclavage et l'exil, tu as même mangé ces herbes amères, et c'est là que tu as renoncé au meilleur! Quelques instants de plus, tu arrivais au chapitre de "la table dressée", celui où l'on sert toutes les bonnes choses, et tu aurais profité de ce grand festin."

Le Tsaddik conclut ainsi son histoire: Nous avons eu droit à tous ces exils, nous avons consommé toutes ces amertumes, ce serait la plus grande sottise que désespérer de la délivrance. Encore quelques instants et nous passons au festin final!


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