Les fêtes juives
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Kadech Ourehats

Dans la vie juive, les coutumes occupent une place de choix, et en particulier les coutumes du soir du Seder.
Cette cérémonie familiale commence par la récitation des quinze étapes du Seder, afin que les enfants puissent bien les mémoriser. Cela commence par "Kaddech ourehats…" c'est à dire "réciter le Kiddouch, se laver les mains, etc".
De tous temps, les professeurs l'ont appris à leurs élèves, afin que ceux ci les répètent le soir de la fête, en expliquant leur signification.
la première étape, Kadech, est développée en ces termes:
"lorsque le père rentre de la synagogue à la maison, le premier soir de Pessa'h, il doit immédiatement réciter le Kidouch afin que les petits enfants ne s'endorment pas sans avoir récité les «Quatre Questions» qui commencent par: Ma Nichtana..."
Il arriva une année où le Rabbi de Shpole, celui qu'on appelait «le Grand-Père de Shpole» écoutait son jeune fils réciter «Kadech»... avec l'explication traditionnelle: «lorsque papa rentre de la synagogue le soir du Séder, il doit réciter immédiatement le Kidouch». Il n'en dit pas plus. Et son père, le Rabbi, de demander:
«Pourquoi ne continues-tu pas?»
«Mon professeur ne m'a rien dit de plus» répondit l'enfant.
Le Grand-Père de Shpole donna alors lui-même l'explication traditionnelle: «afin que les petits enfants ne s'endorment pas sans avoir récité les «Quatre Questions» qui commencent par: «Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits»~

Le second soir de Pessa'h, le professeur de l'enfant figurait parmi les invités du Grand-Père de Shpole et le Rabbi lui demanda:
«Pourquoi n avez-vous pas enseigne aux enfants la fin de l'explication traditionnelle du mot Kadech»?
«Oh, répondit-il, je ne pensais pas qu'il était très important que les enfants sachent cela. Et d'ailleurs ce n'est pas l'explication la plus importante!».
Le Rabbi de Shpole fut choqué de cette réponse. Il répliqua: «Comment pouvez-vous rejeter avec tant de légèreté les vénérables coutumes de nos pères? C'est sûrement parce que vous n'en saisissez pas l'importance et la profondeur. Venez, je vais vous expliquer ce qui se cache dernière ces mots. Ces deux mots, « Kadech Oure'hats», c'est-à-dire «Réciter le Kidouch et se laver les mains» forment l'introduction de tout le Séder. Dans le Zohar, il est expliqué que Rabbi 'Hiyah a commencé son discours en expliquant le verset du Cantique des Cantiques: «Je suis endormie, mais mon cœur est éveillé:» Cela fait allusion à l'âme juive: «Je suis endormie durant l'exil».
Durant leur long exil, les Juifs sont comme endormis, ils ne sont pas sensibles aux valeurs sublimes du judaïsme. lorsque les enfants commencent le Séder en disant: «lorsque papa rentre de la synagogue le soir du Séder» cela signifie en fait: «lorsque notre Père retourne chez lui et voit que tous les Juifs, aussi fatigués qu'ils soient, font des préparatifs minutieux de la fête, se rendent à la synagogue et lui chantent des louanges, alors «II doit réciter immédiatement le Kidouch», c'est-à-dire Il doit renouveler ce lien du mariage (Kidouchine) qui l'unit avec le peuple juif qui se sent abandonné dans l'exil, ainsi que le dit le prophète Osée: «Et Je t'épouserai pour toujours».
Et pourquoi devons-nous le faire immédiatement? «Afin que les petits enfants ne s'endorment pas». les prophètes ont souvent comparé le peuple juif à des enfants, délicats et précieux, chers aux yeux de D.ieu. le Tout-Puissant doit agir rapidement pour délivrer Son peuple, de peur que la torpeur de ce profond exil ne les submerge, D.ieu préserve! Car alors comment pourrait-on les réveiller? La Délivrance serait impossible!
La fin de la phrase «afin qu'ils posent les Quatre Questions, En quoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits?» peut s'expliquer de la façon suivante: «Pourquoi ce terrible exil, si obscur, dure-t-il plus longtemps que tous les autres exils que nous avons déjà endurés?»
Tandis qu'il prononçait ces mots, le Grand-Père de Shpole ne put retenir son émotion et fondit en larmes. «Notre Père, notre Roi, délivre-nous bien vite de cet exil, alors que nous ne sommes qu'à moitié endormis, nos cœurs sont encore éveillés. N'attends pas jusqu'à ce que nous tombions dans un sommeil trop profond et que nous ne puissions plus nous réveiller»! Tous les convives étaient impressionnés par la pureté des paroles du Rabbi. Beaucoup avaient fondu en larmes, du plus profond de leur cœur. le Rabbi dissipa bien vite ce trop plein d'émotion et, se ressaisissant, il dit: «les enfants, soyons vivants et joyeux; donnons à notre Père un peu de satisfaction. Montrons-lui comment Ses petits enfants peuvent danser et être joyeux même dans l'obscurité la plus intense».
Et le Tsaddik, le Grand-Père de Shpole, se leva et se mit à danser, dans un état d'intense extase spirituelle, comme lui seul pouvait danser.

Traduit et adapté de "Sippourei Hassidim, Fêtes" par Feiga Lubecki.
Paru dans "La Sidra de la Semaine, Beth Loubavitch de Paris, 5756, n° 27.