Les fêtes juives
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Juif à temps plein

Un villageois vint un jour demander une bénédiction à Rabbi Chalom Rokéach, Rabbi  de Belz (1779-1855).
Le Rabbi le scruta d'un air empli de compassion, et lui demanda gentiment: "Et pour Chabbath? Est-ce que tu respectes le Saint Chabbath?"
Le villageois fut bien obligé d'admettre que depuis bien longtemps le travail de sa ferme ne lui laissait guère l'occasion de faire Chabbath comme il se doit.
Le Rabbi tenta de le ramener à une meilleure pratique, et lui cita une longue série de versets et de paroles de nos Sages qui encensent celui qui observe le repos du Chabbath et … à l'inverse. Il le supplia de toutes ses forces de respecter le repos du Chabbath, cette Mitsvah fondamentale de la vie juive.
Ces paroles dites avec tant de conviction firent leur effet, et l'homme déclara qu'à partir de ce jour, il cesserait de transgresser Chabbath et en respecterait les commandements.
Les yeux de Rabbi Chalom s'emplirent d'une lueur de satisfaction.
Mais l'homme rajouta sans marquer de pause: "sauf l'été en période de moisson…, il y a trop de travail, et je suis sûr que le Rabbi me pardonnera."
Le sourire du Rabbi se figea. Il sembla chercher ses mots, puis se tourna vers notre homme.
Saches que le Chabbath ce n'est pas ma chose, mais la chose du Bon D.ieu, le Créateur du ciel et de la terre, Lui qui nous a ordonné Ses Commandements. C'est avec Lui que tu devras un jour t'arranger, et lui, il y a peu de chances que tu puisses l'amadouer sur un sujet aussi sérieux que le respect de son Saint Chabbath.
Quant à ta saison des récoltes, laisses moi te raconter une histoire.
Un noble fit un jour un grand banquet où étaient invités tous les autres nobles de la région. Lorsque les bons vins eurent fait leur effet, ils se mirent à parler de bien des choses. Et chacun de vanter les mérites de son ou ses juifs, ce qu'ils ne faisaient pas d'habitude.
Le maître de maison leur coupa la parole. "Mon juif, il n'a pas  son semblable pour sa fidélité et son honnêteté. Je sais que je peux tout lui demander, et il le fera…"
"…Même se convertir?" lança un des nobles.
"Même se convertir! Je suis sûr que même ça il le fera pour moi"
 Et il fit convoquer "son" juif sur-le-champ.
Surpris et gêné d'arriver au beau milieu de cette fête paillarde, le brave juif fut introduit devant le noble.
"Est-ce que tu m'es fidèle?"
"Absolument"
"Es-tu prêt à faire tout ce que je te demanderai?"
"Absolument. De tout mon être, de toute ma force, je suis prêt à aller au bout du monde pour satisfaire Votre Honneur.
Le noble le fixa dans les yeux: "S'il en est ainsi, je veux que tu te convertisses".
Le juif se sentit défaillir. Il pâlit, se mit à trembler. Dans ses pires cauchemars, il n'avait jamais envisagé une telle exigence. Il voulut parler, mais sa langue resta paralysée dans sa bouche. Le noble le dévisageait encore, comme un créancier réclamant son dû.
"Il n'y a pas à réfléchir, ne reviens pas sur ta parole de faire tout ce que je te demande. Tu as une journée devant toi pour te convertir".
Le juif hocha de la tête et sortit, accablé.
Le lendemain, il s'était converti avec les siens, à la grande fierté du seigneur qui sortit fort remonté dans l'estime de ses pairs. Jamais eux n'avaient obtenu une telle chose de leurs juifs!
Les mois passèrent. Le noble convoqua un jour son juif et lui déclara sans ambages: "Je sais ce que t'a coûté d'obéir à ma parole sans hésiter, pour prouver ta fidélité. Je suis sûr que malgré tout, tu regrettes ce geste extrême. A partir de maintenant, je t'autorise, toi et ta famille à revenir à ta religion."
Le juif se précipita chez lui pour annoncer à sa femme et à ses enfants qu'ils étaient débarrassés du poids qui pesait sur eux.
C'est sa femme qui fit la tête. Elle ne semblait pas du tout partager l'enthousiasme de son mari. Elle éclata soudain et poussa un long soupir.
"Tu te rends compte? Comment le seigneur peut il nous faire une telle chose? C'est Pessa'h dans quelques semaines, et il va falloir tout nettoyer, trouver de l'argent pour les besoins de la fête, les Matsoth, le vin, de la vaisselle cachère pour Pessa'h… Cours chez le seigneur et demande lui un répit jusqu'après Pessa'h …"

Le Rabbi avait terminé son histoire.
"Transgresser notoirement Chabbath c'est comme renier la Torah. Tu voudrais faire comme cette sotte paysanne, être juif jusqu'au moissons et après les moissons, mais pas durant les moissons continuer à être un goy?"
Le villageois avait cette fois compris l'histoire et son sens. Il promit au Rabbi d'être à partir de maintenant  un juif à temps plein.

Traduit de Si'hat Hachavoua, N° 984.