Les fêtes juives
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Extrait de Conversation avec les jeunes, Adar 5745

LE GARDIEN D'ISRAËL NE DORT PAS

L'histoire que nous allons vous raconter s'est passée, il y a plus de cent cinquante ans, dans un pays lointain, la Russie, qui était à cette époque sous la domination d'un tyran cruel, Nicolas 1er, Tsar de Russie (1825-1855}.
Comme Pharaon qui avait oublié tout ce que Joseph avait fait pour sauver l'Egypte d'une terrible famine, Nicolas 1er avait oublié la grande loyauté dont les Juifs avaient fait preuve envers la Russie lors de l'invasion de Napoléon en 1812.
Il ne tenait pas compte des services éminents du Rabbi Chnéour Zalman de Liadi qui avait tant contribué à la victoire russe.
Pour ceux qui connaissent l'histoire juive, le nom du Tsar Nicolas évoque des persécutions barbares et des décrets cruels.
Deux ans après avoir succédé à son père, le Tsar Alexandre 1er, Nicolas 1er, Empereur de Russie, décréta le service militaire obligatoire pour les Juifs.
A cette époque, l'armée russe était une armée de mercenaires.
Elle comprenait la lie de la société qui avait été incorporée par force dans l'armée, tandis que les classes supérieures étaient exemptes de service militaire.
En instituant le service militaire obligatoire, le Tsar ne voulait pas seulement déshonorer les Juifs, mais il espérait en même temps les "russifier".
Le service militaire ne durait pas un ou deux ans, mais au moins vingt-cinq ans. De plus, les Juifs devaient être appelés très jeunes sous les drapeaux.
C'est ainsi que des enfants de huit ou dix ans, en se rendant au 'Hédère, furent kidnappés et d'autres arrachés des bras de leur mère.
Ces jeunes enfants furent ensuite envoyés dans des camps militaires ou placés chez des paysans, loin de tout milieu juif. Il n'est donc pas surprenant que les parents les aient considérés comme perdus et leurs peines et leurs souffrances n'étaient surpassées que par celles de leurs jeunes enfants.
Cette situation était tragique, mais les jeunes garçons montraient du courage. Ils restaient fidèles à leur foi et beaucoup d'entre eux retournaient dans leur ville natale.
Après avoir passé tant d'années, loin de leur maison, sous l'influence de prêtres qui essayaient de les obliger à abandonner leur religion, ces jeunes recrues sortaient de cette épreuve fermement attachés à la foi de leurs ancêtres et bien que manquant de connaissances et d'éducation, les autres Juifs les regardaient comme de vrais héros.

Se rendant compte que ce décret n'avait pas donné le résultat espéré, le cruel Nicolas 1er en fit publier de nombreux autres dans le but de priver les Juifs de leur vie religieuse.
Il s'attaqua aux académies talmudiques (les Yéchivot} et aux écoles juives où les enfants juifs apprenaient qu'il valait mieux mourir plutôt qu'abandonner la religion juive.
La situation des Juifs en Russie devint si périlleuse que le célèbre homme d'état juif, Sir Moses Montefiore, se rendit à Saint Pétersbourg afin d'user de son influence sur le Tsar pour que celui ci changeât son attitude vis-à-vis les Juifs.
L'Empereur de Russie s'apercevant que les persécutions contre les Juifs attiraient l'attention du monde extérieur, chercha à justifier ses cruels décrets, en expliquant qu'il voulait "éduquer" les Juifs et les rapprocher de leurs voisins russes.
Mais dans son cur, il n'avait qu'une seule intention: "russifier" tous les Juifs de Russie.
Les Juifs s'y opposèrent de toutes leurs forces.
A la tête des Juifs russes qui résistaient sans cesse à toutes les demandes formulées par ce cruel Tsar et son Ministre de l'Education, Ouvaroff, se trouvaient le célèbre Rabbi Ména'hem Mendel de Loubavitch et son collègue Rabbi Its'hak de Volozhine.
Ils s'opposaient à ce que les enfants juifs fréquentassent les écoles préconisées par le Tsar et ils continuaient à diffuser l'enseignement de la Torah et à fortifier la foi de leurs frères.
Jusqu'ici nous avons relaté les faits historiques. Nous voudrions maintenant vous faire connaître l'histoire, qui, à l'époque, circulait en Russie, concernant les intentions les plus sauvages du Tsar, dirigées contre le sort des Juifs.

Un jour, Nicolas 1er, convoqua tous ses ministres en session extraordinaire. Il leur exposa son projet visant la fermeture de toutes les Yéchivot, de toutes les écoles, Talmud- Torah et de toutes les Synagogues, ainsi que l'interdiction pour les Juifs d'observer leur religion et de pratiquer leur culte.
Il demanda à ses ministres de préparer les décrets nécessaires afin de mettre à exécution ce projet. Le Tsar leur défendit de quitter le palais avant que tous les projets de lois ne fussent prêts.
Il était deux heures de l'après-midi lorsque les ministres se réunirent au palais royal. Ils avaient douze heures pour établir les plans.
Le Tsar leur dit qu'à deux heures du matin, il viendrait pour ramasser les documents. Une table garnie de nourriture et de boissons se trouvait leur disposition dans la pièce voisine.
Après avoir donné cet ordre, le Tsar quitta brusquement la salle, laissant ses ministres muets de surprise et de peur.
Ils savaient que, plus que jamais, leurs vies étaient dans la main du tyran qui, le cas échéant, n'hésiterait pas à les envoyer en Sibérie, s'ils ne réussissaient pas. Ils se mirent donc fiévreusement au travail.
Aucun d'entre eux ne pensa à manger ou à boire avant que tous les documents ne fussent finis.
Vers minuit, ils s'essuyèrent le front: les documents étaient tous préparés et ils étaient sûrs que leur maître serait pleinement satisfait puisque même le cruel empereur romain Hadrien, n'aurait pu inventer un plan plus cruel.
Subitement, ils entendirent des pas dans le couloir et les gardes qui présentaient les armes. Un instant après, la porte s'ouvrit et le Tsar entra dans la chambre où étaient réunis ses ministres. Tout le monde se leva et attendit que le Tsar parlât le premier.
Mais celui-ci ne dit rien. Par contre, il se dirigea vers la table et ramassa les documents. Pendant un instant il les scruta d'un air désapprobateur.
Ensuite, il fit le tour de la table et recueillit tous les brouillons et copies de ses ministres. Puis, à la grande surprise de ceux-ci et toujours sans mot dire, il s'approcha de la cheminée et jeta tous les papiers dans le feu. Après cela, il quitta la pièce aussi vite qu'il y était entré.

Deux heures plus tard.
De nouveau les gardes firent claquer leurs talons et présentèrent les armes. Mais longtemps après que le bruit des pas dans le couloir eut disparu, les ministres restaient figés accablés de peur et d'humiliation. Finalement, Ouvaroff rompit le silence.
"- Messieurs, dit-il, notre travail n'a pas plu au Tsar. Je suis sûr de l'avoir entendu murmurer: "Tout cela ne vaut rien". Nous n'avons plus qu'à recommencer et que le Ciel nous aide."
Tous étaient furieux d'avoir été traités comme de petits garçons par l'Empereur, mais personne n'osait le dire à haute voix.
Après quelques minutes de discussion, les ministres décidèrent de ne pas recommencer le travail avant d'avoir reçu de nouvelles instructions du Tsar.
Ils espéraient que l'empereur reviendrait bientôt et leur donnerait de nouvelles consignes. Ils décidèrent de se rendre entre temps dans la pièce voisine pour prendre des rafraîchissements.
Le bon vin et la bonne chère égayèrent leurs esprits. Pendant quelques heures ils se sentirent heureux. Lorsque l'horloge annonça deux heures, ils entendirent les pas lourds de l'empereur et les cliquetis des armes de la garde.
L'instant d'après, le Tsar entra dans le salon, accompagné de son ordonnance.
- Je vois que vous avez passé un moment agréable, leur lança Nicolas. Je suppose que les plans sont prêts. Les ministres étaient confus. Le chef du Conseil s'arma alors de courage et répondit :
- Vous ne supposez certainement pas, Majesté, que nous ayons pu élaborer les plans en si peu de temps ?
- Peu de temps? Douze heures ne sont-elles pas suffisantes?
- Mais, Majesté, vous avez brûlé notre premier travail et nous n'avons eu que deux heures depuis. Par ailleurs, nous avons cru utile d'attendre vos instructions avant de recommencer.
- Vous êtes sûrement tous en état d'ivresse, s'exclama l'empereur en colère. Je vous enverrai tous en Sibérie.
Les ministres jurèrent que l'empereur les avait visités avant minuit et qu'il avait brûlé tous les documents.
C'est alors que celui-ci commença à se douter que quelqu'un s'était fait passer pour lui.
Il appela les gardes et leur demanda s'ils avaient vu quelqu'un entrer avant minuit. Ils répondirent que personne, sauf l'empereur, n'était entré ni sorti.
- Etes-vous sûrs d'avoir reconnu l'empereur ?
- Tout à fait sûrs, Majesté, répondit le capitaine.
Le Tsar congédia alors ses ministres et se retira pour réfléchir à ce qui était arrivé. Il appela son aide et lui posa la question suivante :
- Vous avez toujours été avec moi, n'est-ce pas ?
- Oui, Majesté, vous m'avez donné l'ordre de rester avec vous jusqu'à deux heures. Mais vers minuit moins le quart, vous vous êtes endormi dans votre fauteuil et j'ai décidé de ne pas vous déranger.
J'ai quitté la pièce et suis revenu environ un quart d'heure plus tard. Peu de temps après, vous vous êtes réveillé en disant: "J'espère que les ministres sont en train de faire du bon travail".
Finalement, à deux heures, je vous ai accompagné à la salle des ministres. C'est tout ce que je sais au sujet de ce "mystère".
Pendant quelques minutes le Tsar resta absorbé dans ses réflexions.
Puis il dit: "Il est écrit dans les Psaumes "Le Gardien d'Israël ne somnole et ne dort pas".
Pendant que moi, je dormais, Dieu a veillé sur Israël.
C'est certainement dans mon sommeil que je me suis promené et que j'ai jeté les documents au feu. Je ferais mieux de les laisser là où ils sont".