Les fêtes juives
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Où est passé Rabbi Lévi Yts’hak de Berditchev?

Dans la ville de Berditchev, la synagogue du célèbre Rabbi Lévi Yts’hak s’emplissait au fur et à mesure qu’approchait l’heure du coucher du soleil.
Dès que la nuit serait tombée, les fidèles écouteraient la lecture de la Méguila et pourraient rentrer chez eux pour rompre le jeûne d’Esther.
Les enfants s’essayaient à faire tourner leurs crécelles, les hommes discutaient à voix basse ou récitaient encore quelques chapitres de Tehilim (Psaumes)…
Mais où était Rabbi Lévi Yts’hak?
De fait il était prêt à se rendre à la synagogue mais, juste à ce moment-là, une femme était entrée avec un poulet : elle voulait savoir s’il était cachère. Elle dissimulait avec peine son angoisse.
Rabbi Lévi Yts’hak examina soigneusement la volaille, consulta deux livres épais sur une étagère, inspecta encore les entrailles et soupira : non, le poulet n’était pas cachère!
Alors la femme éclata en sanglots. Son mari était malade depuis plusieurs semaines, il n’y avait plus d’argent dans la maison et les enfants attendaient avec impatience le bouillon de poulet qui remplirait leurs estomacs vides depuis si longtemps.
Mais le poulet qu’elle venait d’acheter avec ses derniers kopecks n’était pas cachère!
"Ne vous inquiétez pas, la consola Rabbi Lévi Yts’hak. D.ieu donne à manger à chacune de Ses créatures de Sa main sainte, large et pleine. Il vous nourrira vous aussi!
Maintenant, allez écouter la Méguila d’Esther à la synagogue et sachez que Pourim est une saison de miracles. D.ieu dispose de beaucoup de moyens pour prendre soin de vous!"

Séchant ses larmes, elle se dirigea vers la synagogue. Mais Rabbi Lévi Yts’hak mit son manteau et rentra chez lui.
Une bonne odeur s’échappait de la cuisine; il entra, mit dans un grand sac tout ce que son épouse avait préparé déjà depuis plusieurs jours : ‘Hallot, poisson haché, pommes de terre, légumes, viande, salades, gâteaux, desserts et, bien entendu, des "Hamantachen", ces délicieuses pâtisseries de Pourim. Il n’oublia pas de prendre aussi une grande nappe blanche et sortit.
Arrivé dans les faubourgs de la ville, il trouva la maison, plutôt la cabane dans laquelle habitait la pauvre femme et sa famille.
"Est-ce toi, Sarah? demanda la faible voix du malade couché dans sa chambre. Que se passe-t-il avec le poulet?"
" Ne vous inquiétez pas! Joyeux Pourim!" répondit, énigmatique, Rabbi Lévi Yts’hak.
Bien vite, il disposa la nappe blanche sur la table et disposa adroitement tout ce qu’il avait apporté.
Puis il refit le chemin inverse et entra enfin dans la synagogue.
Tous les fidèles l’avaient attendu, malgré le jeûne et leurs estomacs qui s’impatientaient.
Mais cela en valait la peine. Jamais Rabbi Lévi Yts’hak n’avait lu avec autant de cœur les passages de la Méguila traitant des Mitsvots de Pourim, comment chacun se devait de penser aux autres et de subvenir à leurs besoins.
Mentalement, chacun prenait la ferme décision de s’améliorer dans ce domaine, d’accomplir au mieux ces Mitsvots si importantes.
Après l’office, l’épouse de Rabbi Lévi Yts’hak se hâta de rentrer pour réchauffer le repas.
Mais tout ce qu’elle avait préparé avait disparu! Plus rien sur la table! Rien sur les étagères! Rien dans le four!
Affolée, elle se demandait si elle n’avait pas été victime d’un cambriolage mais, en remarquant le visage rayonnant de son mari, elle comprit ce qui s’était passé.
Comme il n’y avait plus rien à manger dans la maison, Rabbi Lévi Yts’hak prit un livre et se mit à étudier. La Rabbanit réussit cependant à préparer du thé et à retrouver quelques biscuits pour casser le jeûne.
Pendant ce temps, la pauvre femme était rentrée chez elle avec ses enfants.
Stupéfaite elle aperçut la table dressée avec toutes sortes de mets délicieux : " Qu’est… Qui… Comment…?" demanda-t-elle à son mari.
Celui-ci répondit : " J’ai entendu quelqu’un entrer. Il a dit que c’était des " Chla’h Manot" venues du Ciel. C’était sans doute… Eliahou Hanavi, le prophète Elie lui-même! C’est un miracle! D.ieu ne nous a pas oubliés!"
La femme et les enfants se mirent alors à chanter et danser de joie, une joie qu’ils n’avaient pas ressentie depuis des mois.
Avec une profonde reconnaissance envers D.ieu, ils s’assirent pour déguster ce délicieux repas de Pourim.

Le lendemain, incapables de se taire, les enfants racontèrent à la synagogue le grand miracle qui leur était arrivé, comment Eliahou Hanavi leur avait apporté à manger.
Les fidèles comprirent que, si leur Rabbi était arrivé si tard la veille à la synagogue, c’était parce qu’il avait pris le rôle d’Eliahou Hanavi.
Comprenant le message de leur Rabbi, les fidèles de la synagogue se surpassèrent : leurs dons et cadeaux de nourriture ce Pourim – là furent encore plus nombreux et généreux que les autres années.
Et bien sûr, ils n’oublièrent pas leur Rabbi bien-aimé.
Tous savaient qu’il refusait les cadeaux, mais, à Pourim, c’était différent.
Rabbi Lévi Yts’hak reçut tant de " Chla’h Manot" qu’il eut largement de quoi reconstituer son festin de Pourim et distribuer le surplus aux pauvres de la ville.

Traduit de "Le’haïm" par Feiga Lubecki