Les fêtes juives
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Grande est la téchouvah qui apporte la guérison au monde

Kotsk, entre Roch Hachanah et Yom Kippour.
Le Beth Hamidrach de Rabbi Ména'hem Mendel de Kotsk est plein de 'Hassidim et de juifs venus de partout pour partager l'enthousiasme, la joie et la rigueur de ces jours "redoutables" et des fêtes de Souccot qui vont suivre.
Il n'est pas facile d'être attaché à Rabbi Ména'hem Mendel de Kotsk, celui que tous appellent "l'homme d'une vérité sans faille".
D'ailleurs c'est ce qu'il demande de ses 'Hassidim, et plus d'une fois on le voit rentrer dans le Beth Hamidrach en avertissant ses élèves qu'ils sont des menteurs, qu'ils pensent –ou affichent- une chose et font ou sont le contraire. S'il est interdit de mentir en parole, il est aussi interdit de  (se) mentir même en pensée.
Au point que parfois certains élèves quittaient discrètement la salle lorsqu'ils voyaient le Rabbi arriver…
Ce n'était peut être pas le cas de Rabbi Leïbele, un petit-fils de Rabbi Akiba Eigger, ni d'un autre "géant" parmi les élèves, Rabbi Its'hak Méïr Alter (1799 - 1866), fondateur de la dynastie des Rabbis de Gour, et qui deviendra un jour le "Hiddouchéï HaRIM", nommé sur le nom de son ouvrage princeps portant ses initiales.

Avraham Mordechai Alter
(1866 - 1948),
le Imrei Emes.

Rabbi Its'hak Méïr avait l'habitude de venir chaque année chez son Maître, et ne manquait pas d'amener avec lui son très jeune petit-fils, Yehoudah Ariéh Leïb, qui prendra un jour la tête des 'Hassidim  de Gour sous le nom de "Sfat Emeth". Lorsqu'on lui reprochait de traîner sur les routes un si jeune enfant, il rétorquait que rien n'est de trop pour regarder le visage de l'homme de la Vérité.

Un matin, entra dans le Beth Hamidrach une femme éplorée. Les médecins qui suivaient son fils malade l'avaient jugé dans une situation irrémédiable, dont seul un miracle pouvait le sortir. Et les miracles n'étaient pas marchandise rare chez Rabbi Ména'hem Mendel …
Elle demandait donc à être reçue par le Rabbi, ou au moins lui transmettre un message pour qu'il intercède par ses prières et bénisse l'enfant d'une bonne santé.
Le secrétaire du Rabbi écouta son histoire avec compassion, et tenta de la calmer.
"Actuellement, personne ne peut rentrer voir le Rabbi, et moi-même je n'ai pas le droit de pousser la porte…
Oui, mais mon fils, il est en danger! Les médecins ont dit que seul un miracle peut le sauver. Nous prions depuis des jours.  Je n'ai pas d'autre adresse que cette porte, pour que D.ieu  fasse un miracle… Tu comprends? Un MIRACLE!"
Emu mais embarrassé, le secrétaire aperçut Rabbi Its'hak Méïr qui descendait la rue vers le Beth Hamidrach.
"Tu vois cet homme? Lui peut t'aider!"
La pauvre femme n'hésita pas à se précipiter vers Rabbi Its'hak Méïr, et entreprit de lui raconter depuis le début, sans omettre qu'elle attendait un miracle, rien de moins pour sauver son fils, dans un récit entrecoupé de sanglots.
Rabbi Its'hak Méïr, attentif à la qualité de "vérité" que son Maître exigeait de tous tenta de se défaire des demandes pressantes de la maman éplorée.
"Mais que pensez-vous que moi je puisse faire, madame?"
Accrochée à sa planche de salut, la femme ne se laissa pas désarçonner.
Je ne vous connais pas, et je ne sais pas si vous êtes à même d'aider mon fils. Si ce n'est pas le cas, alors ma demande aura été vaine.
Mais sachez que si pour une raison ou une autre, serait ce de la modestie déplacée, vous pouvez et vous vous abstenez de sauver mon fils, je ne vous le pardonnerai jamais.
Ces paroles directes et brutales sorties du cœur d'une maman éplorée remuèrent Rabbi Its'hak Méïr.
Il pâlit, se figea, resta de longs instants silencieux.
"Je ne t'ai pas menti. Je ne suis pas grand chose, et je n'ai aucun mérite pour bénir ton fils.
Mais nos Sages ont dit "grande est la téchouvah qui apporte la guérison au monde".
Je dois faire téchouvah, et avec l'aide de D.ieu  Béni soit Il, ton fils guérira".
Ces dernières paroles illuminèrent le visage de la malheureuse. On venait de la tirer de la détresse la plus profonde jusqu'aux cimes de l'espoir. Elle mit immédiatement toute sa confiance dans les paroles de Rabbi Its'hak Méïr, marmonna quelques mots de remerciements et se hâta vers la maison, où les premiers signes d'amélioration venaient de se manifester.
Son fils guérit en quelques jours.
L'histoire fit le tour de la ville, propagée par la mère et son entourage.
Des années après, Rabbi Its'hak Méïr était devenu le Rabbi  de Gour, et ses adeptes racontaient l'histoire dans chacun de ses détails avec chacun des enseignements qu'ils en tiraient.

D'abord, l'entêtement de cette femme, qui refusa de renoncer à l'aide de D.ieu.
Ensuite, ma modestie de Rabbi Its'hak Méïr, qui avait dit " Je ne suis pas grand chose, et je n'ai aucun mérite pour bénir ton fils."
La force du Rabbi, dont la parole avait apporté une guérison au-delà des limites de la nature.
La foi simple de cette femme, qui n'avait jamais vu ou  entendu parler de Rabbi Its'hak Méïr, et avait mis toute sa confiance dans sa bénédiction.
Mais plus que tout, ce qui frappait les 'Hassidim, c'était le message du Rabbi Its'hak Méïr: Lorsqu'il avait cité cette Guemara qui enseigne " grande est la téchouvah qui apporte la guérison au monde", il ne visait pas cette femme ou son entourage. Il avait dit "Je dois faire téchouvah, et avec l'aide de D.ieu  Béni soit Il, ton fils guérira. C'est moi qui dois faire téchouvah, et non l'autre.

Traduit de Si'hat Hachavoua n° 1030.