Les fêtes juives

Un dossier Alliance

Réalisé par Aharon

La prière d'un simple

Au cours de son discours, le Rabbi a évoqué une histoire contée par le Rabbi Yossef Its'hak à propos du rapport qu'avait le Baal Chem Tov avec les gens simples.

Et voici l'histoire.
Une année, le jour de Kippour, le Baal Chem Tov vit qu'une terrible menace pesait sur une certaine communauté. Ses prières furent dirigées avec insistance vers le salut de cette ville, et en particulier la prière finale de la Néïlah, pour laquelle il était l'officiant. Mais rien n'y faisait. Pire encore, son insistance ne faisait qu'accroître les accusations qui pesaient sur cette ville, et sur lui-même qui veillait à ce que des Juifs s'installent dans des contrées rurales et des petites bourgades où ils risquaient de s'assimiler aux non juifs.
La nuit était déjà tombée et le Rabbi priait encore. Les fidèles comprirent qu'il se passait quelque chose, et redoublèrent d'ardeur à la prière et à la lecture de Psaumes avec larmes et émotion.
Parmi eux se trouvait un jeune villageois, venu passer le Saint Jour à la ville, car il n'y avait pas de Minyan dans son village.
Il ne savait pas lire, ni même prier, et se contentait de regarder et mimer ses voisins. Lorsqu'il vit l'assistance prier avec tant de cris et de larmes, il fut très ému. Il souhaitait exprimer sa simple prière, mais ne savait prier comme eux. Au comble de son émotion, il cria de tous ses poumons "Cocorico! D.ieu, aie pitié de nous, aide tes enfants!"
De tels cris d'animaux n'étaient pas usuels dans la synagogue, et les fidèles auraient expulsé le jeune enfant si le vieux bedeau ne s'était interposé.
Quelques instants plus tard, le Rabbi Baal Chem Tov avait terminé sa prière, et arborait un sourire, signe de la plus grande satisfaction.
Le Baal Chem Tov raconta par la suite que l'appel pur et simple de ce jeune l'accusation qui pesait sur le Baal Chem Tov et qu'ainsi il avait pu obtenir l'annulation du mauvais décret sur la communauté.

Notes du Rav Haïm Mordekhaï Hadakov, Année 5701
Egalement rapporté dans les Lettres de Rabbi Yossef Its'hak, vol. 4, p. 314.