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D'après:
Règles pratiques et détaillées sur
LA PÉRIODE DES TROIS SEMAINES :
Par le Rav Tsvi Yossef Parienti
Selon le Minhag Séfarade
LA PÉRIODE
DES TROIS SEMAINES
1.
A partir du 17 Tamouz
Le 17 Tamouz
.
Le jeune commence le matin à partir de l'aube jusqu'à la sortie
des étoiles.
Les juifs ont connu de grands malheurs pendant cette période : destruction
des 2 Temples, inquisition, etc. C'est pourquoi on ne doit pas manifester de
joie : On ne se marie pas, les fiançailles restent permises à
condition qu'elles ne soient pas accompagnées de repas ; cependant dans
la mesure du possible on évitera également de les célébrer.
On ne prononce pas la bénédiction de "Chéhé'hiyanou"
même le jour du Chabbat . On ne porte donc pas de vêtements neufs,
et l'on ne consommera pas de fruits nouveaux jusqu'après le 9 Av. Néanmoins
à l'occasion du Rachat d'un premier né ou d'une Brit Milah on
récite "Chéhé'hiyanou ".
On n'écoute pas la musique, les enregistrements musicaux (voir en fin
de livret plus de détails à ce sujet) et la radio sauf les informations,
Un musicien israélite peut jusqu'à Roch Hodech jouer de la musique
pour un non juif si c'est son métier. Il est bien de ne plus aller chez
le coiffeur (hommes, femmes et enfants) depuis le 17 Tamouz.
2
Après Roch Hodech Av.
On ne mange pas de viande et on ne boit pas de vin (les alcools sont permis).
Cependant on boira le vin de la Havdalah. Pendant Chabbat, on mange de la viande
et on boit du vin.
On ne portera pas de vêtements neufs même ceux sur lesquels on ne
récite pas Chéhé'hiyanou. On ne portera donc pas de chaussures
neuves.
Il est même interdit d'acheter des vêtements neufs, des meubles
et tout ce qui procure une grande joie cependant on peut acheter les ustensiles
de cuisine dont on a besoin. Dans tous les cas, on permettra d'acheter des soldes
qu'on risque de ne pas trouver après cette période.
On n'effectue pas de travaux d'enjolivement comme peintures, papier peint, carrelage,
même s'ils ont été commencés avant Roch Hodech. Cependant
il est permis de poursuivre le travail si les ouvriers sont payés à
la tâche et que l on ne peut pas les Interrompre. De la même manière
on peut entreprendre des travaux si leur non-exécution entraîne
une perte.
Dans une synagogue ou un lieu d'étude on peut effectuer tous les travaux
nécessaires.
Il est interdit de confectionner des habits, de tricoter,... mais il est permis
de réparer ou de rapiécer des vêtements.
On ne se lave pas le corps même à l'eau froide. La veille de Chabbat,
on se lavera uniquement le visage, les mains et les pieds à l'eau chaude;
cependant on se rendra au Mikvé comme à l'accoutumée mais
sans prendre de douche.
Une femme qui vient d'accoucher ou est sur le point d'accoucher, une femme en
état de Nidah qui doit effectuer le Hefsek Tahara (Examen d'interruption)
ou qui doit se préparer pour aller au Mikvé prendra un bain même
à l'eau chaude. Une personne malade peut également si nécessaire
prendre son bain.
3 La
semaine du 9 Av :
On ne va pas chez le coiffeur (hommes, femmes et enfants), on ne se rase
pas, mais les hommes peuvent couper les poils de la moustache qui les gênent
pour manger. Cependant lorsque le 9 Av tombe un dimanche ou s'il est repoussé
à dimanche, on ne va pas chez le coiffeur et on ne se rase pas dès
Roch Hodech. On ne lave et on ne repasse pas le linge, cependant lorsque le
jour du 9 Av tombe un dimanche ou lorsqu'il est repoussé à dimanche
on peut le faire.
4
La veille du 9 Av
On n'étudie pas la Torah depuis le 8 Av après-midi (Hatsot).
Dès le coucher du soleil, il est interdit de manger ou de boire quoi
que ce soit, on ne porte plus de chaussures de cuir et on ne se lave pas le
visage et les mains, sauf les doigts à la sortie des toilettes.
Lorsque le 9 Av tombe un Chabbat on peut étudier la Torah le vendredi
8 Av jusqu'à la tombée de la nuit. On fait alors la Séouda
Chlichit (troisième repas du Chabbat) dans la joie, on mange de la viande
(si on le désire) et on boit du vin ; cependant, dès le coucher
du soleil, il sera interdit de manger ou de boire.
5 Le 9 Av,
En souvenir du Temple
qui a été détruit nos sages nous ont interdit ce jour là
:.
De manger et de boire :
Depuis le
au coucher du soleil, vers 21h45 et se terminera
à la sortie des étoiles, à 22h30. (Horaires de la région
parisienne).
La femme enceinte et celle qui allaite doivent également jeûner
ce jour là ; cependant si elles risquent de tomber malade sans pour autant
mettre leur vie en danger elles sont dispensées de jeûner.
De la même manière la femme dans les 30 jours qui suivent son accouchement
ou une personne malade ne jeune pas.
De porter des chaussures en cuir :
Que la semelle ou le dessus soit en cuir . On devra donc mettre des chaussures
de toile, plastique,... mais on évitera de sortir avec ses pantoufles
ou toutes sortes de chaussures pouvant entraîner des moqueries,
de se laver et de se parfumer :
Toute toilette d'agrément même à l'eau froide est interdite
y compris le visage, les mains et les pieds. Cependant si on a les mains sales,
on peut les laver. Le matin au lever du lit ou à la sortie des toilettes
on se lavera les doigts. La maîtresse de maison peut se laver les mains
pour les besoins de la cuisine. Toutes les pommades ou les crèmes médicales
sont permises. On interdira les déodorants.
D'étudier la Torah
Même par la pensée. Mais il est permis d'étudier les
textes tristes comme Yirmiyahou (Jérémie); lyov (Job) ; le Midrash
sur Eikha (les lamentations)... en s'abstenant cependant d'approfondir leurs
études. Le ministre officiant peut réviser la lecture de la Torah
du jour.
L'intimité conjugale :
On s'interdira même de dormir dans le même lit.
De s'asseoir sur un siège :
On s'assoit sur une couverture, ou sur un coussin posé par terre.
Dès le début de l'après-midi on pourra s'asseoir sur une
chaise.
De se saluer :
On ne dira pas à son prochain "bonjour, au revoir, comment ça
va ? Chalom..." On ne demande pas des nouvelles de la santé de son prochain.
Si quelqu'un par ignorance de la loi salue et à plus forte raison si
c'est un non juif, on lui répondra d'une manière discrète.
Toute promenade :
Ainsi que toute réjouissance; on s'abstiendra de fumer tout au long
de la journée, on s'interdira également de sentir tout parfum.
De faire des travaux :
On s'interdira de travailler ou d'entreprendre chez soi tout travail qui
nécessite une grande réflexion ou fatigue.
Les femmes s'abstiennent de tout travail ménager . Cependant il est permis
de faire ce qu'il faut pour une Mitsvah ainsi que tout travail qui évite
une perte. Les magasins d'alimentation peuvent ouvrir leur porte.
L'après-midi, les travaux sont autorises. Cependant celui qui craint
D.ieu s'interdira toute la journée de faire du travail ou du commerce
afin de ne pas éloigner son esprit du deuil et de l'affliction causés
par la destruction du Temple.
6
La Tefilah
Le soir
Dès le début de la prière on lit avec tristesse: "
AL NAHAROT BAVEL", "OY'KI YARAD", "HAAZINOU HACHAMAIM", on commence la Tefilah
de ARBIT, on intercale dans la Amidah "Anenou" et "Nahem" (pendant toutes les
prières du 9 Av), on dit "Hatsi Kadich" on récite la bénédiction
" Boré méoré haech" avec une flamme (sortie de Chabbat),
on lit Ekha (lamentations) puis "VEATA KADOCH" le Hazan prononce un Kadich spécial,
et chacun selon son minhag récite les kinot, puis on termine par le Kadich
"yéhé-chélama raba" suivi de "Alénou Lechabeach"
.
Le matin (Cha'harit) :
Nous récitons toutes les brakhot hacha'har, sauf "Chéassa
li kol Tsorki".
Si le minhag de la synagogue dans laquelle on prie est de mettre les Téfilin
le matin, on les mettra avec les fidèles. Sinon on les mettra uniquement
chez soi, on lira le Kriat Chéma, puis on les retire avant d'aller à
la Synagogue.
Certains ont l'usage de ne mettre les Tefilin qu'à l'heure de Minha.
La prière se déroule
comme d'habitude jusqu'à la 'Hazara, puis on lit "Haazinou", les kinot
avec amertume, un Kadich spécial et on lit dans la Torah "Ki tolid banim",
on récite ensuite Hatsi Kadich, la Haftara, Achré Ouva létsion,
Kadich "yéchélama" on entre le Sépher Torah en disant "AI
Naharot Bavel" on récite Eikha, Kadich yéhéchélama,
Barakhou et enfin Alénou Lechabeah.
L'après-midi (Min'ha) :
On commence les Kétoret suivi de 'Hatsi Kadich. On sort le Sépher
Torah, on lit "Vaye'hal", suivi de la Haphtara "Chouva" on récite 'Hatsi
Kadich, on prie la Amidah, dans la 'Hazara on récite Birkat Cohanim,
après la 'hazara on récite les versets de consolation, Kadich
Titkabal, Chir Hamaalot, Kadich "yéhe chélama", Alénou
Léchabéah. On prie Arvit. Si c'est avant la nuit on fera attention
de ne pas commencer avant l'heure du Plag Haminha. C'est d'ailleurs ainsi qu'on
doit se comporter toute l'année. Puis on fait la bénédiction
sur la lune après s'être lavé les mains avec un récipient
et sans prononcer la bénédiction.
Le 10 Av:
L'interdiction de consommer de la viande et de boire du vin se poursuit
le 10 Av jusqu'à l'heure du midi solaire, car le Temple a brûlé
jusqu'au lendemain midi.
Cependant, lorsque le jeune de Ticha BeAv a été reporté
au Dimanche, cet usage n'a pas lieu..
Afin de garder à
l'esprit le souvenir du Temple détruit, nos sages ont institué
certains décrets.
1) On doit s'abstenir tout au cours de l'année d'écouter tout
instrument ou enregistrement musical même en dehors des repas, à
l'exception des mariages. Une personne triste pourra cependant écouter
de la musique.
Au cours des repas accompagnés de vin, on ne chante pas sauf le Chabbat
et les jours de fête où il est permis de le faire.
2) Toute personne qui construit ou achète une maison doit laisser face
à la porte d'entrée un carré de mur de 50 cm de côte
sans peinture, ni papier peint afin de se souvenir en entrant et en sortant
de la destruction du Temple.
3) Dans un repas avec des convives, même si c'est une seoudat Mitsvah
(sauf Chabbat et Yom Tov), on fera en sorte que quelque chose manque et on laissera
un coin de table vide ; dans le même ordre d'idée, une femme ne
se parera pas de tous ses bijoux. Le Zohar dit que toute personne qui s'attriste
sur la destruction du Temple en plein milieu de son repas est considéré
comme ayant reconstruit le Temple lui-même.
4) Le marié, le jour de son mariage met de la cendre sur la tête
a l'endroit des Téfilin, et casse un verre pour placer au-dessus de sa
joie, le deuil de Jérusalem.
5) Celui qui se rend au Kotel dit la phrase "Baroukh Dayan Haemet" et déchire
à peu près 8 cm de tous ses habits du côté gauche.