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Dans le livre Hayom Yom, à la date du 7 Elloul, Le
Rabbi écrit au nom de Rabbi Yossef Its'hak:
…Il y a à Prague un Sefer Torah dont ils ont la tradition qu'il
a été vérifié par Ezra HaSofer (vers 3370 ; -390,
Note du traducteur). On n'y lit que le jour de Simhat Torah, et il reste toujours
roulé sur le paragraphe de "Chéma Israël". Lorsque
j"étais à Prague en 5668 '(1908) je l'ai vu.
(…)
De même, lorsque j"étais à Worms en 5667 (1907) j'ai
vu là bas un Sefer Torah dont ils ont la tradition que c'est le Maharam
de Rotemburg qui l'a écrit. (…)
Qui était
le Maharam de Rothenburg ?
Voici un extrait, non vérifié, de ce qu'en dit Wikipedia:
Morènou HaRav Méir
(MaHaRaM), est né entre 1215 et 1220 à Worms.
Il est témoin en 1242 de l’autodafé du Talmud à
Paris. Il s'installe alors à Rothenburg ob der Tauber, puis à
Worms.
En 1273, le nouvel empereur Rodolphe Ier de Habsbourg, adopta rapidement une
politique de harcèlement des Juifs, si bien que nombre de ceux-ci décidèrent
de quitter ce pays pour la Palestine. Meïr, qui était lui-même
une des grandes figures de ce mouvement d’émigration, décide
de partir en 1286 avec quelques membres de sa famille. Reconnu en chemin lors
de la traversée des Alpes, il est arrêté et remis à
l’empereur, qui le fait emprisonner sur de fausses accusations dans
la prison d’Ensisheim en Alsace où il meurt en captivité
en 1293, refusant que la communauté juive paie sa rançon. Son
corps fut rendu en 1306. La communauté juive allemande a économisé
pendant 14 ans afin de payer la rançon exigée par l'empereur
pour la restitution du corps.
On raconte que c'est un juif riche qui a payé la moitié de la
rançon demandée en ne posant comme condition que d'être
enterré à côté de Rabbi Meïr. En outre, des
témoins ont rapporté que lorsqu'on récupéra sa
dépouille mortelle pour l'enterrer celle-ci ne portait aucune trace
de décrépitude ou de décomposition et ce 13 ans après
la mort de Rabbi Meïr!
Quelle est
l'histoire de ce Sefer Torah écrit par Rabbi Méïr?
Voici ce qu'en dit Ye'hezkel ben Yaacov, dans son Sefer maassiot (Mayse Buch?)
tel que rapporté dans le livre "Hikrei Haminhaguim".
Lorsque Rabbi Méïr fut emprisonné dans la forteresse, il
n'avait pu p^rendre avec lui que son Talit et ses Tefilin, une plume, de l'encre
et des parchemins pour y écrire ses textes.
Il connaissait par cœur le Talmud de Babylon et le Talmud de Jérusalem,
tous les Midrachim, et tous les commentateurs des générations
précédentes, et les révisait constamment. Il ressentait
donc peu le manque de livres pour étudier.
Ce qui lui manquait cruellement était un Sefer Torah pour y lire la
Paracha de la semaine comme il se doit, car il est interdit de dire par cœur
des passages de la loi écrite.
Ce fut le premier Chabbath de sa vie qu'il passa sans lecture dans un Sefer
Torah, et il en fut fort attristé. Il ne cessa d'y penser toute la
semaine, nuit et jour, et sa tristesse allait en augmentant au fil des jours:
un nouveau Chabbath allait arriver sans lire dans un Sefer Torah!
Jeudi soir, alors qu'il était en train d'étudier, il fut pris
par le sommeil. Et il rêva. L'Ange Gavriel se tenait devant lui, un
Sefer Torah dans les mains. Rabbi Méïr se mit à trembler
devant cette vision, saisi de frayeur.
Il n'osait ouvrir la bouche, malgré l'envie qu'il avait de demander
ce Sefer Torah à l'Ange Gavriel.
"Méïr fils de Baroukh, béni de D.ieu et apprécié
de tous les hommes! De là haut on a vu la souffrance que tu as, et
on t'a pris en miséricorde. On m'a ordonné de t'apporter ce
Sefer Torah.C'est un des treize livres de Torah écrits de la main de
Moché Rabbènou avant sa mort. Il en a distribué douze
aux douze tribus, et le treizième se trouve au Tribunal Céleste
et les Justes y lisent le lundi et jeudi, Chabbath, Roch 'Hodech et les jours
de fête. Il va rester auprès de toi, et tu en feras la lecture
à haute voix les jours de lecture, afin que les Justes qui sont au
Gan Eden entendent cette lecture des paroles de D.ieu"
L'Ange Gavriel posa le Sefer Torah sur la table, et quitta Rabbi Méïr.
Dans son rêve, Rabbi Méïr fut pris d'une joie si grande
qu'il remercia D.ieu de toutes ses forces, et se réveilla.
Le jour était déjà levé, et sur la table …
il y avait le Sefer Torah!
Après l'ablution des mains, il se leva, mit ses vêtements, et
s'approcha avec frayeur de la table. Il n'arrivait pas à en croire
ses yeux: on lui avait effectivement envoyé du ciel un Sefer Torah!
Il passa toute la journée de vendredi à se préparer,
à se sanctifier tant en l'honneur du Chabbath qu'en l'honneur du Sefer
Torah.
Chabbath matin, il se prépara à nouveau, pria avec ferveur,
puis s'approcha du rouleau, qu'il ouvrit avec précautions; Il était
déjà à la page de la paracha de la semaine. Il en commença
la lecture avec émotion. La pièce se remplit de lumière,
et il eut l'impression que tous les Justes étaient venus du Monde supérieur
se presser dans sa prison pour écouter sa lecture, et que leur éclat
illuminait la pièce. Lorsqu'il eut terminé la lecture et refermé
le rouleau sacré, cette sensation disparut.
A partir de ce jour, le Sefer Torah lui servit pour chacun des jours de lecture
de la Torah, et personne ne fut au courant.
Il l'ouvrait aussi régulièrement pour y étudier un verset,
évoquer les explications qu'en donnent la loi orale, les Midrachim,
la Aggada, les commentateurs.
Un jour, il décida de copier ce Sefer Torah écrit de la main
de Moché Rabbènou, pour en léguer une copie au Peuple
Juif. Il passa de longues journées à écrire, recompter
les lettres, les écrire avec sainteté, vérifier que chaque
lettre et chacune des pointes des lettres était conforme à l'écriture
de Moché notre Maître. Toute cette attention lui valut que le
Sefer Torah était exact dès sa première écriture,
sans qu'il eut besoin de corriger la moindre erreur: chaque lettre était
là, tant les lettres plus grandes que les lettres plus petites, les
mots défectifs et les mots excédents.
Rabbi Méïr se réjouit à l'extrême de constater
l'aide de D.ieu qui lui avait permis de mener à bien une telle entreprise
sans écueils. Il fit alors un rêve, dans lequel un ange descendait
du ciel prenait le Sefer Torah que l'Ange Gavriel lui avait apporté,
et repartait avec.
Au réveil, il s'approcha de l'endroit où était déposé
le Sefer Torah: il avait disparu. Il cria et se lamenta, pleura longtemps.
Peut être, se dit il, était ce là un punition pour avoir
recopié ce Sefer Torah de sa propre initiative, sans en avoir reçu
la permission? Et dans ce cas, avait-il le droit de se servir du Sefer Torah
qui lui restait?
Il décida d'interroger le Ciel par "cheelat 'halom": après
moult préparations, il recevrait en rêve un indice de réponse.
[Note: la cheelat 'halom est une procédure connue, au point que Rabbi
Yaacov de Marvèges (Viviers sur Rhône?), quelque part dans le
Languedoc du 13ème siècle, a colligé ses réponses
dans cheelot outechouvot min hachamaïm; l'auteur du Or Zaroua en fait
mention dans ses responsa. Des kabbalistes de Jérusalem y ont eu recours
au début du XXème siècle pour résoudre des situations
épineuses (Yerouchalaïm chel maala)]
Il lui fut répondu qu'il pouvait se servir de cette copie, et plus
encore que cette copie devait servir de modèle pour l'écriture
de nouveaux Sifrei Torah. Il en fut très rassuré, et sentit
plus que jamais investi du devoir de transmettre ce Sefer Torah au Peuple
Juif.
Rabbi Méïr passa six années en prison, et n'en sortit pas
vivant. Même après sa mort, le prince refusa de livrer son corps
sans le versement d'une rançon.
Mais auparavant, Rabbi Méïr qui se sentait mourir avait préparé
un coffre, enduit de dedans et par dehors, dans lequel il avait déposé
le Sefer Torah. De sa fenêtre, il le fit descendre dans les eaux du
Rhin qui coulait en bas.
Quelques jours plus tard, Rabbi Méïr n'était déjà
plus de ce monde, le coffre fut repéré par des pêcheurs
au niveau de Worms. Mais à leur grande surprise, ils ne purent mettre
la main dessus: quelle que soit la manœuvre effectuée, quel que
soit le nombre de barques l'encerclant, le coffre échappait à
toute tentative des pêcheurs. L'attraction fut grande ce jour là
à Worms, et les badauds s'en donnaient à cœur joie de voir
cette boite "ensorcelée" échapper aux tentatives des
marins.
En fin de journée, lorsque les poissonniers juifs vinrent au rivage
pour acheter le poisson, ils se dirent que peut être ce n'était
pas de la sorcellerie, mais au contraire un signe que cette boîte cachait
une grande sainteté qui n'était pas destinée aux mains
des non juifs.
Malgré les quolibets des pêcheurs, ils se firent prêter
une barque et ramèrent dans la direction du coffre. Et aux yeux de
tous, le coffre ne s'échappa pas. Ils eurent vite fait de le hisser
sur leur embarcation, et le ramener au rivage. Les pêcheurs ne l'entendaient
pas de cette oreille, et réclamèrent "leur" coffre.
N'est ce pas eux qui l'avaient vu les premiers? Les juifs n'avaient ni le
nombre, ni les arguments pour résister aux menaces de la populace,
et abandonnèrent le coffre sur la grève. Mais aucun des non
juifs ne parvint à soulever la caisse, et ils renoncèrent à
la prendre.
Avec une facilité surprenante les juifs prirent le coffre, et le portèrent
jusqu'à la synagogue, assurés qu'ils étaient qu'il contenait
un objet de grande sainteté.
Ils l'ouvrirent avec beaucoup de précautions et y trouvèrent
un Sefer Torah, écrit sur des peaux de cerf. Dans la boite était
écrit "Ce livre là de la Torah que Moché nous a
donnée est écrit de la main même de Méïr,
cadeau adressé à la sainte communauté de Worms. Ce Sefer
est très saint, et tout celui qui s'en approche doit se sanctifier,
et on n'y lira que deux fois dans l'année, à Chavouoth jour
du don de la Torah, et à Simhat Torah, jour de clôture de la
lecture de la Torah".