Les fêtes juives
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Mémoires de 'Hassid
Gan Eden et barbe


Le Rabbi Maharach (1834-1882) a raconté, après un long séjour de cure à Karlsbad, avoir visité Prague lors de son séjour hors de Russie.
Il y a là-bas une synagogue construite par les exilés d'Espagne, dans le grenier de laquelle repose le corps du Golem du Maharal.
Cette synagogue est très vieille, et nul n'a le droit d'y pénétrer.
Mais par honneur pour le Rabbi, le Parnass (administrateur du mois) lui a confié les clés.
Le Rabbi est ainsi rentré, et a pu voir ce qu'il voulait.
Sur une table, un vieux registre racontait la vie de la communauté et toutes sortes d'évènements particuliers.
Le Rabbi a raconté l'histoire suivante.
Il y avait à Prague un vieil homme très respecté qui était lui-même le patron des douze administrateurs mensuels de la communauté. Il n'avait pas d'enfants, et était un médecin réputé.
Il tomba un jour malade, et sentant sa fin prochaine envoya son carrosse chercher le Rav, pour que celui-ci l'assiste dans ses derniers moments et l'aide à réciter le Vidouï, dernière confession.
Mais le carrosse revint vide. Le cocher expliqua que le Rav avait dit que son dernier moment n'était pas arrivé et qu'il guérirait bientôt.
Effectivement, quelques jours plus tard le médecin était rétabli, et sa première sortie fut pour aller voir le Rav.
"Bien que j'aurais du être vexé que vous n'avez pas accepter de me visiter dans ce que je pensais être mes derniers instants, je dois constater que vos paroles se sont réalisées. Mais d'où vous vient cette assurance?"
Le Rav lui répondit qu'il avait fait un rêve. Il se trouvait au Gan Eden, entouré de nombreux vieillards tous barbus. Or vous ne portez pas la barbe, selon l'usage des juifs allemands, et seules ceux qui portent la barbe ont accès au Gan Eden. Et je sais que votre place est au Gan Eden. Vous ne pourrez y rentrer que lorsque vous aurez laissé votre barbe pousser.
Et c'est ce qui se passa. Le médecin laissa sa barbe grandir, et quitta alors ce monde.

Traduit de Migdal Oz, Chaar Hamaasseh, note 150