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des fêtes juives |
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Le pèlerinage de Lag BaOmer
à Méron, sur la tombe de Rabbi Chimon Bar Yo'haï et de
son fils Rabbi Eléazar est une ancienne coutume. Etudes prières,
allumage de bougies, de torches ou de grands bûchers, danses et grandes
manifestations de joie. On a également l'usage d'y pratiquer la première
coupe des cheveux des garçons vers l'âge de trois ans.
Les textes de l'époque talmudique citent des élèves du
Maître qui allaient régulièrement pèleriner sur
la tombe de Rabbi Chimon, l'auteur du Zohar: Rabbi Abba, Rabbi 'Hyiah. Est
également mentionné une visite de Eliahou Hanavi avec Rabbi
Yéchoua ben Lévi, venus résoudre auprès du Maître
une citation de lui sur une épineuse question talmudique.
Plus récent (?), en 5249 – 1489, c'est Rabbi Obadiah de Bartenora,
commentateur de la Michnah et grand voyageur, qui relate dans une lettre la
coutume du pèlerinage.
"Le 18 Iyar, jour de sa disparition, on vient de tous les environs pour allumer
de grandes torches, en plus des bougies qui y brûlent perpétuellement.
De nombreuses femmes stériles ont conçu et de nombreux malades
ont guéri par le mérite des dons et des engagements pris sur
ce lieu."
Par la suite, c'est l'installation de l'école kabbalistique à
Tsfat, autour de Rabbi Its'hak Louria, le Ari-zal, qui a donné un grand
essor au pèlerinage. En 5330 – 1570, son disciple, Rabbi 'Haïm
Vital écrit dans le "Sefer Hakavanot":
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"C'est une coutume ancienne
de se rendre le jour de Lag BaOmer sur les tombeaux de Rabbi Chimon
Bar Yo'haï et de Rabbi Eléazar son fils qui sont enterrés
dans la ville de Méron. On y reste pour prier, étudier,
fêter et festoyer. Je me souviens avoir vu mon Maître s'y rendre avec toute sa famille et ses élèves. Il y est resté trois jours, la première fois qu'il avait quitté l'Egypte. L'érudit Rabbi Yonathan Sagués m'a raconté que l'année précédante, avant même que je ne vienne étudier chez le Maître, il y était venu avec son jeune fils et toute la famille, et lui avait coupé les cheveux, selon l'usage connu, et avait ensuite fait une grande fête très joyeuse. Le Sage Rabbi Avraham HaLévy m'a raconté que cette même année il s'était rendu à Méron, sur la tombe de Rabbi Chimon, et y avait prié, selon son habitude en incluant des demandes de consolation pour la perte de Jérusalem et du Saint Temple. Rabbi Its'hak Louria l'avait alors réprimandé, en disant que Rabbi Chimon lui avait demandé de le faire, car il ne fallait pas mentionner de deuil en ce jour qui est la fête de Rabbi Chimon Bar Yo'haï! (…) Et je mentionne tout ceci pour montrer qu'il y a une base à ce pèlerinage." |
Ce texte de Rabbi 'Haïm Vital
nous apprend donc que déjà à son époque, 1570,
la visite à Méron était considérée comme
une coutume ancienne, que l'usage était d'y venir en famille, d'y camper
pendant plusieurs jours, de manger et dormir sur place, avec de grandes manifestations
de joie, d'y pratiquer joyeusement la première coupe de cheveux des
garçonnets.
Rabbi Moché Cordovero, élève de Rabbi Chlomoh Alkabets
(auteur de Lekha Dodi), écrit ainsi:
"En 5308 (1548), nous sommes venus pèleriner sur les tombes de Rabbi
Chimon Bar Yo'haï et de son fils Rabbi Eléazar. J'ai prié
là bas du fond de mon cœur, puis mon Maître s'est levé
et à commencer à commenter….".
Un voyageur venu de Candie témoigne de ces pèlerinages dans
une lettre de 5233 (1473).