Mise
à jour le
|
||||||||||
|
Site
des fêtes juives
|
||||||||||
En mai 1948,
juste après la proclamation de l’État d’Israël,
l’armée jordanienne encercla Jérusalem avec ses meilleures
forces: les mieux entraînées, les mieux équipées
et les plus motivées pour empêcher les Juifs de posséder
enfin un état avec leur capitale éternelle. Le siège
dura plusieurs semaines: la jeune armée israélienne tenta bien
de desserrer le nœud qui menaçait d’étrangler la
capitale plurimillénaire mais échoua. Les Juifs restés
dans la ville commençaient à souffrir de la faim et de la soif.
Seuls quelques soldats munis d’armes légères défendaient
la vieille ville et chacun savait que le commandement jordanien allait donner
l’assaut d’un instant à l’autre: la ville tomberait
et ses habitants seraient massacrés sans pitié comme l’avaient
été ceux de Kfar Etzion quelques semaines plus tôt.
Miraculeusement, les tentatives arabes avaient échoué: ainsi,
quelques jours avant Lag Baomer, ils envoyèrent deux tanks suivis de
quelques soldats pénétrer dans la ville pour y semer la panique.
Les forces israéliennes sur place ne possédaient aucune arme
contre ces monstres d’acier et de technologie qui paradaient déjà
dans les rues: soudain un soldat intrépide, venu de nulle part, sauta
dans le premier tank, souleva le capot qui – miraculeusement –
n’était pas fermé hermétiquement, lança
à l’intérieur un cocktail Molotov et sauta le plus loin
possible: malgré les tirs acharnés venus de l’autre tank,
il réussit à s’enfuir, indemne. Le premier tank explosa
avec tous ses occupants, le second tank rebroussa chemin précipitamment.
Mais les tirs ennemis continuaient: chaque jour, des Juifs tombaient sous
le feu des mortiers de cette armée ultra moderne, la mieux équipée
du Moyen-Orient.
Ce
jeudi 28 mai serait Lag Baomer, le jour où – près de 2000
ans auparavant – Rabbi Chimone Bar Yo’haï avait révélé
les plus grands secrets de la Torah orale et avait proclamé que cela
devenait un jour de fête juste avant de quitter ce monde.
La tradition était
d’allumer un feu, symbolisant la flamme et la chaleur révélées
dans ses enseignements. Cependant, allumer un feu dans la nuit attirerait
certainement une attaque des ennemis: auparavant, les Jordaniens n’avaient
pas fait usage d’un feu intensif contre la ville parce qu’ils
étaient certains qu’elle tomberait entre leurs mains tôt
ou tard. Mais un feu allumé durant la nuit pourrait être pour
eux la cible d’un excellent exercice de tir!
Quelqu’un émit alors une idée originale: la coutume à
Jérusalem est d’allumer les bougies de Chabbat quarante minutes
avant le coucher du soleil (donc plus tôt que dans le reste du monde)
; pourquoi ne pas agir de même avec le feu de Lag Baomer?
On allumerait en plein jour, on danserait un peu et ceci n’attirerait
pas l’attention de l’ennemi.
Aussitôt, les ‘Hassidim (une trentaine environ) se réunirent
et apportèrent qui de l’essence, qui des chiffons, qui des brindilles
et même du petit bois.
Devant le feu allumé en toute discrétion, ils se mirent à
chanter et à danser, oubliant la peur et la faim, tapant des mains
en l’honneur de Rabbi Chimone Bar Yo’haï, se réjouissant
en chantant de plus en plus fort, sans remarquer que la nuit commençait
à tomber et que le feu serait remarqué par les ennemis…
Soudain, les canons ennemis se mirent à tonner et les réveillèrent
de leur demi-extase.
Jamais auparavant Jérusalem n’avait subi un tel déluge
de feu ; des bâtiments s’effondraient, des incendies éclataient,
chacun s’efforça de regagner en toute hâte son domicile
pour au moins tenter de protéger les siens puis, mus par un réflexe
venu du fond des âges, les Juifs se précipitèrent vers
leurs synagogues: là, D.ieu les sauverait!
Voici l’unique témoignage de cet épisode: Rav Avraham
Yonatane Gotlieb raconte comment Rav Zev Eisenbach se dressa sur l’estrade
et lut 91 fois le Psaume 91, suppliant D.ieu de les sauver.
Et c’est ce
qui se passa!
Soudain, un autre Juif apparut dans la synagogue, portant un grand sac: c’était
Rav Yosel Eichler qui se mit à distribuer des petits pains en rappelant:
«C’est un jour de fête aujourd’hui! Mangez en l’honneur
de Rabbi Chimone!»
Au bout d’une heure, les bombardements cessèrent.
Personne n’avait été blessé!
Le silence s’installa mais l’armée jordanienne n’envahit
pas la ville!
Un soldat israélien arriva alors en courant, à bout de souffle:
«C’était donc vous! N’êtes-vous pas fous? Savez-vous
ce qui est arrivé? L’armée jordanienne s’est enfuie!
En vous entendant chanter et en apercevant le feu, ils ont pris peur! Ils
ont cru que ce qui vous rendait heureux, c’était que vous aviez
certainement reçu des renforts en armes et en soldats qui allaient
bientôt les attaquer! Alors ils se sont enfuis, paniqués! C’est
un des Arabes qui nous l’a rapporté! C’est un véritable
miracle! Certainement par le mérite de Rabbi Chimone! Si vous n’aviez
pas chanté et dansé, ils nous auraient certainement tous tués!»
- C’est pour cela qu’ils ont tiré tellement de munitions!
Leur commandant leur a demandé de couvrir leur débâcle
en tirant sans arrêt! Tout s’explique!
Le lendemain de Lag Baomer, vendredi, les deux grands Rabbins de Jérusalem,
Rav Minzberg et Rav ‘Hazan hissèrent le drapeau blanc et entrèrent
dans le camp jordanien pour se rendre mais sous certaines conditions, en particulier
que toute la population soit épargnée et puisse sortir de la
ville avec des bagages, sans être attaquée; ce qui fut accordé.
A la stupéfaction générale, les Jordaniens acceptèrent,
comme s’ils étaient encore sous l’impression laissée
par le feu de Lag Baomer…
Rav Tuvia
Bolton – www.ohrtmimim
Traduit
par Feiga Lubecki