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Les
fêtes juives |
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Les tribulations d'un paquet de Matsah
En 1954, le Rabbi lança une
nouvelle campagne de Mitsvot: permettre au plus grand nombre possible de Juifs
de manger; le soir du Séder; de la "Matsah Chemourah", la "Matsah"
ronde, pétrie à la main, comme celle consommée par nos
ancêtres lors de la sortie d'Egypte Depuis lors, les 'Hassidim ont fait
parvenir à des millions de Juifs des boîtes de "Matsah Chemourah"
Il était une fois, à Milwaukee dans le Wisconsin, un gentil
et généreux émissaire du Rabbi, Rav Israël Schmotkin.
Chaque année, il avait l'habitude d'envoyer par la poste des boîtes
de Matsah Chemourah à ses amis et connaissances. Certainement chacune
de ces boîtes a son histoire particulière; voici ce qui arriva
à quatre d'entre elles.
La première boîte arriva à la maison d'un comptable, célibataire,
d'âge mûr sans amis, qui vivait seul avec ses poissons rouges.
Un
après-midi, quand il sortit chercher son courrier, une boîte
en carton tomba à ses pieds: au début il crut que c'était
une pizza livrée à la mauvaise adresse mais quand il l'ouvrit
et vit la lettre à l'intérieur, il sourit, chose qui lui arrivait
rarement, et remercia silencieusement Rav Schmotkin de s'être souvenu
de lui.
Le lendemain après-midi, le petit comptable esseulé retourna
prendre son courrier et, à nouveau, une boîte en carton tomba
à ses pieds, C'était encore de la Matsah Chemourah! "Etrange,
se dit-il, une boîte, c'était parfait, mais deux, cela me semble
peu raisonnable!". Et le surlendemain, notre comptable ouvrit à nouveau
la porte pour chercher le courrier, Cette fois, il fit attention. Vous l'avez
deviné, il y avait encore une boîte de Matsah! Il faut savoir
que notre homme était très ouvert au monde de l'ordinateur et
il pensa qu'il était sans doute victime d'un "virus" informatique,
'hassidique cette fois-ci, comme par exemple quand les pouvoirs publics oublient
qu'ils vous ont déjà envoyé une allocation et décident
de vous la renvoyer chaque semaine pour le restant de votre vie" "Dommage,
se dit-il, au lieu de profiter des largesses du gouvernement, je me retrouve
dans un tourbillon de Matsah Chemourah. Tous les autres reçoivent de
l'argent, quand il y a une erreur, et moi je reçois de la Matsah!"
Et au quatrième jour, bien évidemment, il reçut une quatrième
boîte! "Rav Schmotkin essaie de me faire comprendre quelque chose, se
dit le petit comptable, mais quoi? Les quatre boîtes de Matsah Chemourah
sont sûrement un signe, comme les quatre questions posées par
l'enfant le soir du Séder, sauf que c'est un peu plus cher".
Que
faire? Finalement, après avoir retourné le problème dans
tous les sens, il décida d'agir exactement comme Rav Schmotkin, c'est-à-dire
de distribuer les boîtes autour de lui, Comme il ne connaissait pas
grand monde, il en donna une à une collègue juive, mariée
à un non-Juif et l'autre à un collègue juif marié
à une non-Juive.
La troisième boîte, il la poserait sur la table du Séder
qu'il passait chez son père, et la quatrième boîte il
la garderait pour lui.
Le soir du Séder, l'atmosphère était plutôt déprimante.
La femme de son père était malade et pouvait à peine
prendre part au repas. Apparemment ses jours étaient comptés.
Mais quand notre comptable déballa ses Matsot, le visage de sa belle-mère
s'illumina.
"Comme c'est magnifique! Pour moi, chaque jour est désormais très
précieux, Et avec ce cadeau inespéré, tu as rendu pour
moi ce jour encore plus précieux!"
Du coup, l'atmosphère se détendit et cette soirée morose
devint véritablement une soirée de fête.
"Rav Schmotkin a vraiment bien agi quand il a distribué ces Matsot!"
se dit le comptable, Trois jours plus tard, quand il retourna au travail,
l'homme auquel il avait donné la seconde boîte se précipita
vers lui avant même qu'il ait pu prendre son café.
"Cette
Matsah spéciale que vous m'avez donnée pour Pessa'h a réellement
fasciné ma femme qui n'est pas juive, Cela fait longtemps que je n'ai
plus participé à un Séder mais quand elle a vu combien
la Matsah semblait venue du fond des âges, elle m'a obligé à
reprendre notre vieille Bible poussiéreuse et à lire à
haute voix, cette nuit de Pessa'h justement, toute l'histoire de la sortie
d'Egypte!"
Un moment plus tard, la femme à laquelle il avait donné la troisième
boîte arriva.
"Je ne sais comment vous remercier pour cette Matsah, Chaque année,
ma fille, mon mari et moi nous célébrons le Séder chez
mes parents, En fait c'est simplement un repas, parce que mon mari n'est pas
très intéressé, c'est le moins qu'on puisse dire, "Mais
quand ma fille a ouvert la boîte, a donné à chacun un
morceau de Matsah et a lu à haute voix la lettre du Rabbi qui l'accompagnait,
mon mari a compris combien elle appréciait tout cela et il a accepté
de l'inscrire dans une école juive.
Jamais auparavant il n'avait voulu en entendre parler. Je ne sais ce qui l'a
fait changer d'avis mais je crois que la "Matsah" y est pour quelque chose!"
Inutile de le dire mais pour le comptable, c'était une révélation.
Il allait presque regretter d'avoir gardé la quatrième boîte
pour lui.
"Quand je pense à tout le bien que j'aurais pu faire si j'avais distribué
toutes les boîtes de Rav Schmotkin! Mais après tout, moi aussi
ma journée a été illuminée quand j'ai reçu
ma première boîte et j'ai sans doute bien fait de la garder pour
moi!"
Stan Lapon (traduit par Feiga Lubecki)
Sidra de la Semaine 27, 2001.