Les fêtes juives
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Le Choffar


La Torah prescrit de sonner du Choffar le 1er jour du 7ème mois, à compter du mois de Nissan, mois de la sortie d'Egypte. Le Nouvel an des Rois et du décompte des fêtes se tient à partir du mois de Nissan, mais l'année "civile" concernant les travaux agricoles et l'âge du bétail commence le 1er Tichri, Jour de Roch Hachanah.
Déjà à l'époque du Temple, lorsque le nouveau mois était proclamé par le Grand Tribunal de Jérusalem après audition des témoins ayant vu a nouvelle lune, était institué un double jour de Roch Hachanah: le 30ème jour du mois d'Elloul, susceptible d'être le jour de la nouvelle lune si elle était constatée, et le lendemain. C'est de là que vient l'usage d'observer deux jours de Roch Hachanah même à Jérusalem.
Ce jour est le jour du jugement, et outre nos prières au Créateur du Monde, nous devons sonner ou écouter la sonnerie ("Terouah") du Choffar, telle qu'ordonnée par la Torah.
Car le mot "Choffar" a pour racine le mot "Ch-F-R" dont le sens est "amélioration", l'amélioration de nos dispositions envers D.ieu.
La "Terouah" est également sonnée à l'issue de Yom Kippour de l'année du jubilé, tous les cinquante ans, annonçant la libération de tous les esclaves hébreux et le retour à leurs propriétaires des terres vendues durant le demi siècle.
Les lois concernant cette sonnerie se déduisent des prescriptions toraniques de Roch Hachanah et du jubilé.
Il est vrai que le mot "Terouah" comme le mot "Choffar" seraient pour nous incompréhensibles sans l'héritage de la Loi orale, la Michnah et le Talmud, et la tradition véhiculée depuis plus de trois mille ans, qui nous enseignent qu'il s'agit du son émis dans une corne creuse.
 
Il peut s'agir d'une corne de bélier, plaidant devant D.ieu le souvenir du bélier qu'offrit finalement notre Père Avraham qui était pourtant prêt à sacrifier son propre fils à la demande de D.ieu, mais aussi nous remémorant l'abnégation de nos ancêtres qui ont su de tous temps être prêts à se sacrifier devant D.ieu. Mais il peut aussi s'agir d'une corne de chèvre ou de bouc, de gazelle ou d'antilope. La corne de taureau ou de vache ne peut être utilisée, car elle est faite d'un "os" plein et non d'une corne creuse comme les précédents. On n'utilise pas de corne provenant d'un animal impur (non cachère).
On choisit de préférence une corne courbe, incitant à courber son coeur devant D.ieu. Le Choffar est tenu vers le côté droit, l'ouverture vers le haut.
   
 

La taille du Choffar doit être un "Téfa'h" (une palme, soit une dizaine de centimètres) ou plus pour pouvoir dépasser de la main, et que l'on ne s'imagine pas que l'officiant sonne dans ses mains...
Savoir sonner du choffar, c'est bien sûr savoir sortir de la corne un son adéquat, mais c'est aussi exprimer des sons qui correspondent aux durée et rythme enseignés par la Torah.
 
 
 
 
 


La "Terouah" est précédée et suivie d'un long son simple, dit "Tekiyah". La "Terouah" ressemble à des sanglots, et deux variantes en sont retenues: des sons brefs à moyens, presque des râles, dits "Chevarim", au nombre de trois, et des sons courts, ponctuels, en cascade, dits "Terouah", dont on sonne neuf fois au minimum, suivi d'une fusion de ces deux sons Chevarim-Terouah.
La Terouah est composée de neuf sons brefs au minimum (on peut faire plus....)
Les Chevarim comportent trois, et trois seulement sons courts, dont chacun a la durée minimum de trois sons brefs de la Terouah. Ils ne doivent pas durer plus que neufs sons brefs, pour être bien différenciés de la Tekiah.
La Tekiah doit durer au minimum neuf sons brefs pour les séquences
"Tekiyah" - "Chevarim" - "Tekiyah" et "Tekiyah" - "Chevarim" - "Tekiyah" .
Pour la séquence "Tekiyah" - "Chevarim-Terouah" - "Tekiyah" , la tekiah doit durer comme l'ensemble "Chevarim-Terouah" soit la durée de  18 sons brefs, mais on peut faire plus long.

Dans beaucoup de communautés, un "lecteur" dicte au "souffleur" la séquence à sonner.
Dans d'autres communautés, compte tenu de l'usage de ne pas s'interrompre par des paroles enytre la bénédiction récitée avant de sonner et la fin de toutes les sonneries de l'office, le lecteur montre du doigt sur le livre de prières, sans parler, la séquence à sonner.


Enregistrement au format real audio 8:
Tekiah - Chevarim - Terouah - Chevarim-Terouah
Et en format .au: "Tekiyah" - "Chevarim" - "Terouah", (Les sons ci joints sont dus à l'aimable et involontaire coopération de la Yéchivah Aish Hatorah http://aish.com/holidays/The_High_Holidays/articles/Symbolism_of_the_Shofar.asp. .

Voici une représentation graphique de ces sons et leurs durées respectives:

Les sonneries de Roch Hachanah cumulent dix sons (.wav) ou dix sons (.ra)
Un ensemble "Tekiyah" - "Chevarim-Terouah" - "Tekiyah"
Un ensemble "Tekiyah" - "Chevarim" - "Tekiyah"
Un ensemble "Tekiyah" - "Terouah" - "Tekiyah"

Cette séquence est répétée au minimum trois fois, voire dix fois selon les coutumes. Les trois premières sonneries se font après la lecture de la Torah du matin, et les suivantes durant l'office de Moussaf (trois sonneries) et sa répétition (trois autres sonneries) puis à la fin de l'office (dix sonneries)..
Seul l'officiant, le "souffleur" récite les bénédictions avant de sonner, et il en acquitte toute la communauté présente.

La sonnerie de "Tekiyah" doit durer au moins le temps d'une "Terouah" complète, soit plus que neuf unités de temps pour un ensemble "Tekiyah" - "Chevarim" - "Tekiyah" ou un ensemble "Tekiyah" - "Terouah" - "Tekiyah", mais près de 18 unités de temps pour l'ensemble initial "Tekiyah" - "Chevarim"-"Terouah" - "Tekiyah" (Tekiyah longue).
Entre Tekiyah" et "Chevarim", entre "Chevarim" et "Terouah", et entre Tekiyah" et "Terouah" etc… l'officiant marque un temps d'arrêt, voire une inspiration, pour bien différencier les sons.
Entre "Chevarim" et "Terouah" du premier ensemble, les avis divergent et notre usage est de prendre une inspiration lors des premières sonneries qui suivent la lecture de la Torah, et ne faire qu'un bref temps d'arrêt lors des "Chevarim-Terouah" de Moussaf.