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du Beth Hamikdach,
le Temple de Jérusalem |
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Michné
Torah: Hilkhot Melakhim
Lois des Rois et de leurs guerres
Rabbi Moché Ben Maïmon
Chapitre 9
1 le premier
homme a reçu six commandements:
L’interdiction de l’idolâtrie.
L’interdiction de blasphémer.
L’interdiction de tuer.
L’interdiction des unions interdites.
L’interdiction du vol.
L’institution d’une loi civile.
Bien que tous ces commandements nous soient enseignés par Moïse
notre Maître, et que la logique humaine les approuve, il découle
du texte que l’homme en a reçu l'ordre.
Il fut ensuite ordonné à Noé de ne pas consommer la chair
coupée d'un animal vivant, comme il est dit: "de la chair qui est en
vie, vous ne mangerez pas"(1).
Ainsi était le monde jusqu’à Abraham.
Vint Abraham, qui reçut en plus l’ordre de la circoncision, et institua
la prière du matin, puis Isaac qui prélevait la dîme et
rajouta une autre prière à la tombée du jour. Jacob eut
en plus l’interdiction de consommer du nerf sciatique, et institua la prière
du soir.
En Egypte, Amram reçut des commandements supplémentaires, puis
vint Moïse à qui la Loi entière fut révélée.
2 Si un Gentil commet un acte d’idolâtrie, il est coupable; ceci s’il
a adoré l’idole selon son culte. Tout acte idolâtre pour lequel
pour lequel un tribunal d’Israël rend passible de mort(2) peut aussi
faire condamner un Gentil. Et tout acte pour lequel un tribunal d’Israël
ne peut mettre à mort, un Gentil n’est pas condamnable. Bien qu’il
ne soit pas passible de mort, tout culte d’idole lui est interdit. C’est pourquoi
on ne le laisse pas élever de tel autel, planter des arbres de culte,
ou sculpter des représentations ou faire d’autres actes proches de
pratique idolâtre, serait-ce même d’ordre décoratif.
3 Si un Gentil blasphème, que ce soit par le nom de D.ieu de quatre
lettres, ou que ce soit par une autre appellation, en quelque langue que ce
soit, il est coupable.
4 Si un Gentil a tué, serait-ce même un embryon dans le ventre
de sa mère, il est passible de mort. De même s’il a tué
un être humain atteint d’une maladie incurable, ou qu’il l’a livré
à une bête féroce, ou l’a laissé mourir de faim,
de toute façon c’est un meurtre et il est passible de mort.
De même s’il a tué un "assassin potentiel"(3), alors qu’il aurait
pu l’immobiliser par un de ses membres, il encourt la mort.
5 Il y a six unions interdites chez les Gentils: la mère, la femme
du père, la femme mariée, la sœur de même mère,
l’homosexualité et la zoophilie, ainsi qu'il est enseigné(4):
"C’est pourquoi l’homme quittera son père"- pour interdire la femme
de son père.
"Sa mère" interdite explicitement.
"Il s’attachera à sa femme"- sa femme et non celle d’un autre.
"A sa femme"- et non à un homme.
"Et ils formeront un même corps"- pour exclure les animaux, les bêtes
sauvages et les oiseaux, car ils ne peuvent être une même chair.
Il est dit encore: "Elle est ma sœur par mon père, mais pas par ma
mère et elle est devenue ma femme"(5).
6 Un Gentil peut être condamné pour avoir commercé par
une fille séduite par son père ou violée par son père(6),
car elle est incluse dans l’interdiction de sa propre mère.
Il est condamnable au titre de "la femme de son père" même après
la mort de son père.
Il est condamnable pour relation homosexuelle avec un enfant comme avec un
adulte, ou pour relation avec un animal, quel qu’en soit l’âge. Lui
seul est mis à mort, et non l’animal, car la mise à mort de
l’animal n’a été ordonnée que dans le cas d’un Israël.
7 Un Gentil n’est condamné pour relation avec une femme mariée
que s’il a cohabité avec elle de la façon naturelle, après
qu’elle est connue son mari. Mais pour une fiancée, ou une mariée
avant d’être connue par son mari, il n’est pas passible de mort. Ceci
comme il est dit: "Et elle est mariée"(7).
De quel cas parle-t-on? C’est lorsqu’un Gentil commerce avec une fille des
nations.
Mais si un non-Juif a eu relation avec une femme juive, par la voie naturelle
ou non, il sera condamné. Si c’était une jeune fille fiancée,
il est puni de lapidation selon la Loi d’Israël; s’il cohabite avec elle
après la cérémonie de mariage, avant la consommation
du mariage, il est étranglé, selon les lois applicables à
un Juif. Mais s’il a cohabité avec une femme une fois acquise à
son mari, il est puni comme pour la femme d’un Gentil, et mis à mort
par l’épée.
8 Lorsqu’un Gentil a attribué une servante comme femme pour un de ses
serviteurs, et qu’il en abuse, il est passible de mort au titre d’adultère.
Mais il n’est condamnable que si la chose s’est répandue au point que
les gens disent d’elle "Celle-ci est la femme du serviteur d’Untel".
Comment redevient-elle une femme permise? Quand il l’ôte à son
serviteur et l’envoie tête nue dans la rue(8).
A partir de quand la femme qui a été mariée a-t-elle
le statut de la femme divorcée de chez nous? Lorsque son mari la renvoie
de chez lui et l’abandonne à elle-même ou lorsqu’elle quitte
son foyer et s’en va, car ils n’ont pas d’acte écrit de divorce. Cette
séparation ne dépend pas que de lui et lorsque lui ou elle désire
se séparer, ils se séparent.
9 Les Gentils sont coupables pour tout vol, que ce soit à un non-juif
ou à un Israël. Qu’il vole de l’argent (au grand jour) ou qu'il
le dérobe, qu'il kidnappe un être vivant, qu’il retienne le salaire
d’un employé (ou toute chose semblable), ou même un ouvrier qui
mangerait en dehors de son temps de travail(9), sur tout ceci il se rend coupable
et il rentre dans la catégorie des voleurs. Il n’en est pas ainsi pour
Israël(10).
Ils sont redevables pour un vol même de la valeur de moins d’une Prouta(11).
Si un Gentil a volé "moins d’une Prouta" et qu’un autre vienne lui
voler, ils sont tous deux condamnables pour ce vol.
10 Les Gentils sont répréhensibles pour la consommation de membre
pris sur un animal vivant, ou de viande prise sur un animal vivant, même
en quantité minime, car les mesures minimum(12) n’ont été
données qu’à Israël.
Ils peuvent consommer le sang d’un animal vivant.
11 Aussi bien un membre ou la chair séparés d’un animal domestique
ou sauvage (les rend coupables). Mais il me semble que pour la volaille, ils
ne soient pas punissables au titre de "la chair d’un animal vivant".
12 Lorsqu’on égorge une bête, même après avoir coupé
les deux organes vitaux(13), la consommation de membre ou de viande coupée
tant que l’animal a des soubresauts est interdite aux Gentils, au titre de
la chair d’un animal vivant.
13 Tout ce qui est interdit à Israël en tant que chair d’un animal
vivant est interdite aux Gentils. Il y a des cas où ils sont coupables
au titre de la chair d’un animal vivant, et non un Israël: car pour eux,
les animaux domestiques et sauvages, purs ou impurs, sont visés par
l’interdiction des membres ou de la chair d’un animal vivant(14).
De même, la viande détachée d’une bête qui bouge
encore, bien que les deux organes vitaux en aient été coupés
par un Israël, leur est interdite, en tant que partie d’un animal vivant.
14 En quoi consiste l’obligation d’instituer des tribunaux? Ils sont obligés
de nommer dans chaque région de juges et des magistrats, pour juger
sur ces six commandements et en instruire le peuple.
Lorsqu’une transgression à cette loi a été commise, ils
peuvent prononcer jusqu’à la peine de mort par l’épée.
Pourquoi tous les habitants de Sichem furent-ils condamnés à
mort(15)? Parce que Sichem avait enlevé Dinah, eux avaient vu, savaient
et ne l’avait pas jugé.
Dans les jugements de Gentils sont acceptés les témoignages
d’une seule personne, les témoins de la famille, les témoins
n’ayant pas mis en garde le fauteur(16) et les peines prononcées par
un seul juge. Toutefois le témoignage d’une femme ne peut les faire
condamner à mort, et ils ne sont pas jugés par une femme.
== Notes ================================
1 Genèse 9, 6.
2 Lorsque le tribunal juge un juif ayant commis un acte d'idolâtrie.
Voir Lois de l'idolâtrie, chapitre 3.
3 Il s'agit du cas d'un homme qui en poursuit un autre avec l'intention de
le tuer. Il revient à tou ttémoin de la scène d'empêcher
le crime, en immobilisant "l'assassin potentiel" par une blessure à
un der ses membres ou éventuellement par la mort.
4 Genèse 2, 24. "C’est pourquoi l’homme quittera son père et
sa mère et il s’attachera à sa femme et ils formeront un même
corps"-
5 Genèse 20, 12.
6 Séduite ou violée par son père à lui.
7 Genèse 20, 3. Ce texte enseigne que Abimelekh était passible
de mort pour avoir détourné une femme mariée "connue
par son mari".
8 Chez les Gentils, les femmes mariées avaient l'habitude de se couvrir
la tête.
9 Il est permis (sous certaines conditions) à un ouvrier de consommer
les fruits du sol sur lesquels porte son travail, tant qu'il est au travail.
Mais une fois le travail achevé, il n'a plus droit d'en consommer sans
permission.
10 Ceci est également interdit à un Israël, non pas au
titre de l'interdiction de voler mais par l'interdiction de retenir le salaire
d'un employé, l'interdiction de "tu ne mettras pas dans ton panier"
pour l'ouvrier agricole. Voir lois sur le salariat.
11 Un sou!
12 La notion de plus petite quantité interdite n’a été
donnée qu’à Israël
13 La trachée et l'œsophage.
14 Alors que les enfants d'Israël ne se rendent coupables de cette interdiction
que pour un animal pur qu'ils auraient le droit de consommer.
15 Genèse 34.
16 Procédure ne permettant de recevoir le témoignage que d'un
homme ayant averti le fauteur de l'interdiction qu'il va commettre et de la
gravité de la peine
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