Guide de Pourim
PRÉCIS DE LOIS ET COUTUMES
(Selon les différentes coutumes)
Edité par le Rabbinat Loubavitch de France
Compilé par Rav Yossef HAOUZI z"l
Chapitre 1
Le mois de Adar
Généralités.
1 - Le mois d’Adar est
placé sous d’heureux auspices pour le peuple juif. Nos Sages ont déclaré:
"Lorsque commence le mois d’Adar, il faut augmenter la Sim’ha (la joie)".
2 - La particularité de ce mois est qu’il est le mois de la naissance
(le 7 Adar) du Libérateur du peuple juif: Moché Rabbénou.
Cette heureuse conjoncture a en effet été à la source du
miracle de Pourim (selon le commentaire de nos Sages à propos du funeste
décret d’Haman qui devait tomber au mois d’Adar), et du miracle de Pessa’h
(marquant la sortie d’Egypte, par l’intermédiaire de Moché Rabbénou).
3 - Lorsque l’année comporte deux mois d’Adar (année dite embolismique),
certains pensent que la joie ne débute qu’à partir du deuxième
mois (Adar II), pendant lequel est célébrée la fête
de Pourim. Cependant, en accord avec ce qui a été exposé
précédemment, d’autres pensent (telle est la coutume chez ‘Habad)
qu’il y a lieu d’augmenter la joie dès le premier (Adar I). En effet,
dans un tel cas, la célébration du 7 Adar est fixée (selon
la majorité des opinions) au premier mois (7 Adar I).
4 - Cette augmentation de la Sim’ha peut s’exprimer dans tous les domaines de
la vie courante, et ne doit pas forcément être rattachée
à l’accomplissement d’une Mitsvah; l’essentiel étant d’être
joyeux.
5 - Ce mois étant favorable au peuple juif, il est conseillé à
celui qui doit comparaître devant le tribunal pour un litige qui l’oppose
à un non-Juif, de le faire pendant le mois d’Adar.
6 - Pour cette même raison, on a coutume de célébrer les
mariages pendant tout le mois d’Adar, et non pas (comme dans le cas de la plupart
des autres mois hébraïques) seulement pendant la première
partie du mois, lorsque la lune (symbole du peuple juif) est en phase ascendante.
Cette permission peut être étendue aux deux mois d’Adar, le cas
échéant.
7 - Le jour du 7 Adar qui commémore la naissance et le décès
de Moché Rabbénou, est souligné dans les communautés
de diverses façons (jour de jeûne ou de réjouissance - Hilloula).
Chez les ‘Hassidim il est considéré comme un jour de jeûne
pour les Tsadikim seulement. Chez ‘Habad, seuls les Rebbeïm (après
l’accession à leur poste) ont coutume de ne pas dire Ta’hanoun (supplications
pour les fautes, après la prière) ce jour-là. Chacun devra
cependant, à cette occasion, intensifier l’étude de la Torah et
l’accomplissement des Mitsvot dans la joie.
Bar-mitsva en Adar.
8 - Tous les deux ou trois
ans, un treizième mois est rajouté au calendrier hébraïque.
Dans ce cas, l’année comporte deux mois d’Adar: Adar I et Adar II. Cette
situation peut soulever un certain nombre de questions concernant la célébration
d’une Bar-Mitsvah ou l’observance d’un Yartseït (anniversaire de décès)
pendant ce mois.
9 - Un enfant né en Adar I (d’une année embolismique), et dont
l’année du treizième anniversaire (Bar-Mitsvah pour un garçon),
ou l’année du douzième anniversaire (Bat-Mitsvah pour une fille)
se trouve être aussi une année embolismique, fêtera sa majorité
en Adar I de cette année là, à sa date anniversaire.
10 - Dans ce même cas, s’il est né en Adar II, il ne fêtera
sa majorité qu’au mois d’Adar II, à sa date anniversaire.
11 - Cependant, s’il est né en Adar d’une année "simple", et que
l’année de sa majorité est une année embolismique, il ne
deviendra Bar-Mitsvah (ou Bat-Mitsvah) que le jour de sa date anniversaire en
Adar II (qui est reconnu comme le "véritable" Adar et pendant lequel
la fête de Pourim est célébrée).
12 - A l’inverse, si l’année de sa naissance était embolismique
(quel que soit le mois d’Adar de sa naissance), et que l’année de sa
majorité est une année "simple", il va de soi qu’il deviendra
Bar-Mitsvah à sa date anniversaire de l’unique Adar de cette année.
13 - Dans ce dernier cas, une situation curieuse peut se produire. En effet,
lorsque deux enfants sont nés la même année, l’un en fin
du mois d’Adar I, et l’autre au début de Adar II, le plus "jeune" d’entre
eux (celui né en Adar II) fêtera sa Bar-Mitsvah avant celui qui
est né avant lui (en Adar I). Tous deux atteignent leur majorité
à l’unique mois d’Adar de cette année, l’un au début, l’autre
à la fin du mois.
14 - Les mois hébraïques comportent alternativement 30 ou 29 jours.
Dans le premier cas, le trentième jour du mois écoulé est
fêté comme premier jour de Roch-’Hodech du mois suivant. Le premier
jour du mois suivant est fêté en tant que deuxième jour
de Roch-’Hodech (bien qu’il soit en fait le premier jour du mois).
15 - Le mois de Chevat (qui précède Adar) compte toujours 30 jours.
Le mois d’Adar d’une année "simple" a toujours 29 jours. Dans le cas
d’une année embolismique, Adar I comporte 30 jours, Adar II comporte
29 jours.
16 - Celui qui est né le 30 Chevat d’une année "simple" (bien
que ce jour soit considéré comme le premier jour de Roch-’Hodech
du mois d’Adar qui suit) fêtera sa majorité, dans le cas d’une
année embolismique, le 30 Chevat de sa treizième année
(soit le premier jour de Roch-’Hodech Adar I). La règle annoncée
au § 11 (selon laquelle celui qui est né en Adar "simple" fête
sa majorité en Adar II) ne s’applique pas dans son cas, puisque sa date
de naissance est véritablement en Chevat (le 30 Chevat, considéré
comme Roch-’Hodech Adar).
17 - Celui qui est né le 30 Adar I, et dont l’année de son treizième
anniversaire est une année "simple" dans laquelle Adar n’a que 29 jours,
célébrera sa majorité le 1er Nissan (le mois suivant),
soit, selon sa date anniversaire, 30 jours après le commencement d’Adar.
Yartseït en Adar.
18 - Le jour anniversaire
du décès d’un parent est appelé communément Yartseït.
Il doit être observé à l’anniversaire du décès,
et non pas à celui de l’inhumation. Cette commémoration se fait
généralement en observant un jour de jeûne (lorsque cela
est permis), et en récitant le Kadich ce jour-là. Chez les Achkénazim
(et ‘Habad) on a aussi coutume de diriger les offices à la synagogue
ce jour-là.
19 - Lorsque le décès a eu lieu en Adar I, le Yartseït sera
observé en Adar I. De même si le décès a eu lieu
en Adar II, il sera observé en Adar II, à la date anniversaire.
20 - Toutefois, lorsque le décès est survenu en Adar d’une année
"simple", la date du Yartseït, lors d’une année embolismique, fait
l’objet d’une controverse.
21 - Chez les Séfarades, le Yartseït est observé en Adar
II à la date anniversaire (tout comme dans le cas d’une Bar-Mitsvah).
22 - Chez les Achkénases (et ‘Habad), le Yartseït est observé
en Adar I. Selon eux, il convient dans ce cas de devancer la commémoration
dès le premiers mois, alors que, pour un Bar-Mitsvah, il est nécessaire
d’attendre Adar II pour que l’année soit complétée et qu’il
ait atteint sa majorité.
23 - Chez ces derniers cependant, certains ont coutume d’observer les deux dates
(en Adar I et Adar II) pour réciter le Kadich (et jeûner). Ils
ne pourront cependant pas prendre la place d’officiant à d’autres endeuillés
(qui ont l’obligation d’officier pendant toute l’année de deuil) à
l’occasion de l’anniversaire en Adar II.
CHAPITRE
1 - LE MOIS D’ADAR
- CHAPITRE
2 - LES "QUATRE PARACHIOTES" - CHAPITRE 3
- LA FÊTE DE POURIM - GÉNÉRALITÉS - CHAPITRE
4 - LE JEÛNE D’ESTHER - CHAPITRE 5 - LA LECTURE
DE LA MÉGUILAH - CHAPITRE 6 - L’OBLIGATION DE
LA LECTURE - CHAPITRE 7 - LES BÉNÉDICTIONS
SUR LA MÉGUILAH - CHAPITRE 8 - RÈGLES
CONCERNANT LA LECTURE - CHAPITRE 9 - À PROPOS
DU JOUR DE FÊTE - CHAPITRE 10 - LE DÉROULEMENT
DE LA FÊTE - CHAPITRE 11 - ENVOI DE METS À
POURIM - CHAPITRE 12 - DONS AUX PAUVRES À POURIM
- CHAPITRE 13 - LE FESTIN ET LA JOIE À POURIM