Guide de Pourim
PRÉCIS DE LOIS ET COUTUMES
(Selon les différentes coutumes)
Edité par le Rabbinat Loubavitch de France
Compilé par Rav Yossef HAOUZI z"l
Chapitre 2
Les quatre parachiotes
Introduction.
1 - Nos Sages (‘Hakhamim) ont institué,
pendant le mois d’Adar (Adar II dans le cas d’une année embolismique),
une lecture publique additionnelle le Chabbat matin, à quatre occasions.
Ces quatre lectures portent le nom de "Quatre Parachiotes".
2 - Deux de ces lectures ont été fixées avant Pourim (14
Adar) et sont en relation avec la fête de Pourim. Il s’agit de "Parachat
Chékalim" et "Parachat Zakhor". Les deux autres sont fixées
après Pourim, et constituent une préparation au mois de Nissan
qui suit, et à la fête de Pessa’h (15 Nissan). Il s’agit de "Parachat
Parah" et "Parachat Ha’Hodech".
"Parachat Chékalim".
3 - La lecture publique de "Parachat
Chékalim" se fait le Chabbat qui précède Roch-’Hodech
Adar (Adar II en cas d’année embolismique), ou Roch-’Hodech Adar même,
lorsque celui-ci tombe un Chabbat.
4 - Cette lecture tirée de la Sidra "Ki-Tissah", traite de
la Mitsvah du prélèvement d’un demi-sicle ("Ma’hatsit-Hachékel")
qui avait cours jadis. L’argent recueilli servait à l’achat des sacrifices
collectifs au Temple, pour la nouvelle année qui commence au mois de
Nissan. Par ailleurs, cette lecture est aussi en relation avec la fête
de Pourim. Nos Sages enseignent que c’est grâce au mérite de la
Mitsvah du demi-sicle que les funestes projets d’Haman ont échoués.
5 - Lorsque Chabbat "Chékalim" tombe Roch-’Hodech Adar, six
personnes sont appelées à la lecture de la section hebdomadaire.
Le septième appelé lira, dans un deuxième Sépher-Torah,
la section de Roch-’Hodech. Le Maphtir (8ème appelé) fera, dans
un troisième Sépher-Torah, la lecture de "Parachat Chékalim",
suivie de la Haphtarah de "Chékalim". Chez ‘Habad, on a coutume
dans ce cas, de rajouter à la fin de la Haphtarah de "Chékalim",
le premier et le dernier verset de la Haphtarah de Roch-’Hodech (qui est repoussée).
6 - Lorsque Chabbat "Chékalim" précède Roch-’Hodech
Adar, sept personnes sont appelées à la lecture de la section
hebdomadaire. Le Maphtir (8ème appelé) fera, dans un deuxième
Sépher-Torah, la lecture de "Parachat Chékalim", suivie
de la Haphtarah de "Chékalim". Lorsque ce Chabbat tombe la
veille de Roch-’Hodech, on a coutume chez ‘Habad, de rajouter à la fin
de la Haphtarah de "Chékalim", le premier et le dernier verset
de la Haphtarah de "Ma’har-’Hodech" (qui est repoussée).
"Parachat Zakhor".
7 - La lecture publique
de "Parachat Zakhor" se fait toujours le Chabbat qui précède
Pourim.
8 - Cette lecture tirée de la Sidra "Ki-Tétsé",
traite de la Mitsvah de se souvenir d’Amalek et de ses actions pernicieuses
dans le but de détourner le peuple juif de son Créateur. Pour
cela, nous avons reçu de D.ieu le commandement ("positif")
de garder en nous la haine contre Amalek et ce qu’il représente, ainsi
que l’interdiction (commandement "négatif") de ne jamais l’oublier.
9 - La lecture de "Parachat Zakhor" se trouve donc en relation directe
avec la fête de Pourim qui célèbre la victoire du peuple
juif contre Haman qui était un descendant d’Amalek. Nos Sages ont déclaré:
"Le souvenir d’Amalek doit être mentionné (lors de la lecture
de "Parachat Zakhor") puis effacé (lors de la fête de
Pourim)".
10 - Le Chabbat "Zakhor", sept personnes sont appelées à
la lecture de la section hebdomadaire. Le Maphtir (8ème appelé)
fera, dans un deuxième Sépher-Torah, la lecture de "Zakhor",
suivie de la Haphtarah de "Zakhor" (qui remplace celle de la section
hebdomadaire).
11 - Bien que la Mitsvah de se souvenir d’Amalek et de ce qu’il représente
puisse être accomplie tous les jours (selon certains, il y a même
obligation de le faire, c’est la raison pour laquelle chez ‘Habad et dans d’autres
communautés on a l’habitude de lire quotidiennement la "Parachat
Zakhor" à titre individuel), la lecture publique de la "Parachat
Zakhor" à la date prescrite par les ‘Hakhamim (Chabbat "Zakhor")
constitue néanmoins la Mitsvah principale.
12 - Certains pensent que cette lecture publique devient alors une obligation
de la Torah, bien qu’elle ait été instituée par les ‘Hakhamim.
D’après cette opinion, certains pensent que l’obligation d’écouter
cette lecture incombe également aux femmes, puisque la Mitsvah de se
souvenir d’Amalek n’est pas en soi rattachée à un temps précis.
13 - A l’opposé, d’autres pensent que cette lecture publique reste une
obligation des ‘Hakhamim (bien que l’obligation de se souvenir d’Amalek soit
une Mitsvah de la Torah), et que, de ce fait, les femmes ne sont pas tenues
de l’écouter, comme dans le cas de toutes les obligations assignées
à un temps précis.
14 - En pratique, la coutume généralement répandue de nos
jours est que les femmes viennent en grand nombre à la synagogue pour
assister à cette lecture. En tout état de cause, leur récompense
est assurée.
15 - Les hommes, quant à eux, ont l’obligation absolue (de la Torah ou
des ‘Hakhamim) d’écouter cette lecture. Chacun veillera donc à
avoir à l’esprit au moment de la lecture de s’acquitter de son obligation.
(De même l’officiant aura à l’esprit d’acquitter par sa lecture
les fidèles de leur obligation). Dans de nombreuses congrégations,
on a l’habitude de faire, avant la lecture, une annonce à ce sujet.
16 - Celui qui, pour des raisons de force majeure, n’a pas pu assister à
la lecture publique, devra tout au moins faire cette lecture à titre
individuel le jour de Chabbat "Zakhor". Il devra préférablement
faire cette lecture dans un Sépher-Torah, accompagnée de la mélodie
traditionnelle ("Taamim"). Il devra en outre, lors de la lecture publique
le jour de Pourim (qui se fait également au sujet d’Amalek, dans un texte
différent), avoir à l’esprit de s’acquitter de son obligation
d’écouter "Parachat Zakhor".
17 - Lors de la lecture de "Parachat Zakhor", il
y a lieu (à cause du doute qui existe à ce sujet) de répéter
le mot ![]()
la première fois
en vocalisant le Zaïn avec un Tzéré: ![]()
la seconde fois en le
vocalisant avec un Sègol :
:
[Chez les Achkénazim la prononciation du Tzéré (é) diffère de celle du Ségol (è)].
"Parachat Parah"
18 - La lecture publique de "Parachat
Parah" se fait tantôt le Chabbat qui suit Pourim, tantôt le
second Chabbat après Pourim. Dans tous les cas, le Chabbat "Parah"
précède immédiatement le Chabbat "Ha’Hodech"
(la dernière des "Quatre Parachiotes") sans interruption.
19 - Cette lecture tirée de la Sidra "‘Houkat", traite de la
Mitsvah de la "Vache Rousse", à partir de laquelle étaient
confectionnées les eaux lustrales qui servaient à la purification
des personnes ayant été en contact avec un mort. Cette purification
était essentielle, à l’approche du mois de Nissan, afin de pouvoir
apporter le Sacrifice Pascal ("Korbane Pessa'h").
20 - Le Chabbat "Parah", sept personnes sont appelées à
la lecture de la section hebdomadaire. Le Maphtir (8ème appelé)
fera, dans un deuxième Sépher-Torah, la lecture de "Parachat
Parah", suivie de la Haphtarah de "Parah" (qui remplace celle
de la section hebdomadaire).
21 - Certains pensent que cette lecture représente une obligation de
la Torah (à l’instar de "Parachat Zakhor"), dans le sens qu’elle
remplit l’obligation de la Torah de se souvenir du pêché du "Veau
d’Or" pour lequel l’expiation a été obtenue par la Mitsvah
de la "Vache Rousse".
22 - A l’opposé, la majorité est d’avis que cette lecture reste
une institution des ‘Hakhamim. Tous cependant, s’accordent sur le fait que les
femmes n’ont pas l’obligation d’écouter cette lecture. (Selon les premiers
avis, les femmes n’ayant pas participé au pêché du "Veau
d’Or", n’ont pas été astreintes à cette obligation).
"Parachat Ha’Hodech".
23 - La lecture publique de "Parachat
Ha’Hodech" se fait toujours le Chabbat qui précède Roch-’Hodech
Nissan, ou Roch-’Hodech Nissan même, lorsque celui-ci tombe un Chabbat.
24 - Cette lecture tirée de la Sidra "Bô", traite de
la Mitsvah du "Korbane Pessa’h" (Sacrifice Pascal), et de la Mitsvah
de fixer Nissan comme le premier des mois hébraïques. Cette lecture
annonce la venue de Nissan - mois de la délivrance, et celle de Pessa’h
- fête de la délivrance, faisant suite à la délivrance
de Pourim au mois d’Adar.
25 - Lorsque Chabbat "Ha’Hodech" tombe Roch-’Hodech Nissan, sept personnes
sont appelées à la lecture de la section hebdomadaire. Le septième
appelé lira, dans un deuxième Sépher-Torah, la section
de Roch-’Hodech. Le Maphtir (8ème appelé) fera, dans un troisième
Sépher-Torah, la lecture de "Parachat Ha’Hodech", suivie de
la Haphtarah de "Ha’Hodech". Chez ‘Habad, on a coutume de rajouter
à la fin de cette Haphtarah, le premier et le dernier verset de la Haphtarah
de Roch-’Hodech (qui est repoussée).
26 - Lorsque Chabbat "Ha’Hodech" précède Roch-’Hodech
Nissan, sept personnes sont appelées à la lecture de la section
hebdomadaire. Le Maphtir (8ème appelé) fera, dans un deuxième
Sépher-Torah, la lecture de "Parachat Ha’Hodech", suivie de
la Haphtarah de "Ha’Hodech". Lorsque ce Chabbat tombe la veille de
Roch-’Hodech, on a coutume chez ‘Habad, de rajouter à la fin de cette
Haphtarah, le premier et le dernier verset de la Haphtarah de "Ma’har-’Hodech"
(qui est repoussée).
Règles relatives aux "Quatre Parachiotes".
27 - Chacune des "Quatre Parachiotes"
doit être lue à la synagogue le Chabbat qui lui a été
assigné. Lorsque l’une de ces lectures n’a pas été faite
à la date prescrite, il ne sera pas permis de la faire le Chabbat suivant.
28 - Cependant, certains permettent (en cas d’oubli ou autre) de faire la lecture
publique de "Parachat Chékalim" le Chabbat suivant, puisque
celle-ci se fera avant Pourim. De même, dans le cas de "Parachat
Parah", certains permettent de faire cette lecture le Chabbat suivant (en
même temps que "Parachat Ha’Hodech") puisque celle-ci se fera
avant le mois de Nissan.
29 - Toutefois, si après avoir lu la Haphtarah hebdomadaire, on s’est
rendu compte que l’on a omis de lire la "Parachah" du jour (l’une
des "Quatre Parachiotes"), il faudra sortir à nouveau un Sépher-Torah,
et faire la lecture publique de cette "Parachah". A la suite, on lira
la Haphtarah relative à cette "Parachah", sans toutefois réciter
les bénédictions qui l’accompagnent (puisque ces bénédictions
ont été déjà récitées sur la Haphtarah
hebdomadaire).
30 - Un groupe de personnes (six au moins) ou une congrégation qui, pour
une raison ou une autre, n’a pas fait la lecture de la "Parachah"
du jour (l’une des "Quatre Parachiotes") à l’office du matin,
pourra selon certains, faire une lecture publique de cette "Parachah"
à l’office de Min’ha (l’après-midi).
31 - D’autres sont d’avis que ces lectures doivent obligatoirement se faire
à l’office du matin. En pratique, dans le cas de "Parachat Zakhor"
(qui est considérée par la majorité comme une obligation
de la Torah), il sera permis de faire une lecture publique à l’office
de Min’ha.
32 - Dans certains communautés, le passage de supplication "Av HaRa’hamim",
généralement récité le Chabbat à l’issue
de la lecture de la Torah, est omis à l’occasion de ces "Quatre
Parachiotes". Chez ‘Habad cependant, il est seulement omis à l’occasion
de Chabbat "Mévarakhim" (le Chabbat qui précède
Roch-’Hodech), ou à l’occasion de tout événement qui justifierait
que l’on ne dise pas de supplications s’il s’agissait d’un jour de semaine.
Chez les Séfarades, ce passage ne figure pas dans le rituel.
33 - Le passage de supplication "Tzidkatékha" est normalement
récité dans toutes les communautés à l’issue de
la prière de Min’ha (sauf s’il y a une autre raison de l’omettre).
34 - La lecture de ces "Quatre Parachiotes" ne se fait jamais quatre
semaines consécutives. La plupart des années, il existe un Chabbat
d’interruption, parfois, deux. Il n’y a cependant jamais d’interruption entre
Chabbat "Parah" (le 3ème) et Chabbat "Ha’Hodech (le 4ème).
CHAPITRE 1 - LE MOIS D’ADAR - CHAPITRE 2 - LES "QUATRE PARACHIOTES" - CHAPITRE 3 - LA FÊTE DE POURIM - GÉNÉRALITÉS - CHAPITRE 4 - LE JEÛNE D’ESTHER - CHAPITRE 5 - LA LECTURE DE LA MÉGUILAH - CHAPITRE 6 - L’OBLIGATION DE LA LECTURE - CHAPITRE 7 - LES BÉNÉDICTIONS SUR LA MÉGUILAH - CHAPITRE 8 - RÈGLES CONCERNANT LA LECTURE - CHAPITRE 9 - À PROPOS DU JOUR DE FÊTE - CHAPITRE 10 - LE DÉROULEMENT DE LA FÊTE - CHAPITRE 11 - ENVOI DE METS À POURIM - CHAPITRE 12 - DONS AUX PAUVRES À POURIM - CHAPITRE 13 - LE FESTIN ET LA JOIE À POURIM