Chapitre 13
Le festin et la joie à Pourim
Le repas de la fête.
1 - La Mitsvah de "Michté" (Festin) mentionnée dans la Méguilah,
consiste à faire, le jour de Pourim, au moins un repas de fête,
copieusement servi et arrosé, selon les moyens de chacun.
2 - En accord avec les termes de la Méguilah, ce repas doit se faire
dans la joie ("Sim’ha"). La consommation de vin (qui par ailleurs se retrouve
tout au long du miracle raconté dans la Méguilah) doit donc y
tenir une place de choix. Nous reviendrons sur cette obligation.
3 - Ce repas doit également comporter de la viande qui, selon nos Sages
est indispensable pour réjouir les cœurs. Celui qui, pour des raisons
de santé ne peut pas consommer de viande, devra tout au moins manger
de la volaille.
4 - Il n’y a pas d’obligation de manger du pain à ce repas (ce qui explique
que l’on ne devra pas recommencer le Birkat-Hamazon lorsque le passage "Al Hanissim"
y a été omis). Toutefois, faire ce repas avec du pain constitue
une Mitsvah.
5 - Il est bon que toute la famille soit réunie autour de ce repas. La
présence d’invités est aussi souhaitable. En effet, plus le nombre
de convives est important, plus la joie est grande. Beaucoup ont la coutume
d’allumer des bougies à table.
6 - Comme toutes les obligations de la fête, cette Mitsvah doit être
accomplie dans la journée. Un repas pris dans la soirée de Pourim
ne peut rendre quitte de cette obligation.
7 - On a coutume de faire ce repas tôt dans l’après-midi, après
l’office de Min’ha. Il faudra s’assurer qu’au moins la majeure partie du repas
ait lieu avant la fin de la journée. Il est cependant permis de faire
ce repas le matin.
8 - Lorsque Pourim tombe vendredi, le repas devra être pris avant la mi-journée
("‘Hatzote"), de façon à pouvoir honorer convenablement le repas
de Chabbat dans la soirée.
9 - Il a déjà été dit que le passage "Al Hanissim"
doit être mentionné dans le Birkat-Hamazon à chacun des
repas de la fête. En cas d’omission, se reporter au chapitre 10.
10 - Lorsque le repas de la journée s’est poursuivi dans la soirée,
il faudra encore mentionner ce passage, puisque l’essentiel du repas s’est tenu
pendant la fête.
11 - Toutefois, celui qui a fait la prière du soir (Arvit) pendant le
repas, ne devra pas réciter ce passage dans le Birkat-Hamazon. La mention
de la fête constituerait pour lui une sorte de contradiction avec la prière
de Arvit qui marque la conclusion de la fête.
12 - Tous sont tenus de s’acquitter de l’obligation de ce repas (hommes, femmes et enfants majeurs). Il faut également éduquer les jeunes enfants à l’accomplir.
La joie à Pourim.
13 - La joie, le jour de Pourim, doit excéder de beaucoup celle des
autres fêtes. Nos Sages ont déclaré à ce sujet: "L’homme
est tenu, le jour de Pourim, de boire du vin au point de ne pas pouvoir faire
la différence entre: Maudit soit Haman et Bénit soit Mordékhaï".
14 - Certains pensent que cette obligation ne doit pas s’appliquer à
la lettre, et qu’il suffit pour chacun de boire plus que sa mesure, au point
de s’endormir (et ne plus être capable de faire cette distinction).
15 - Dans tous les cas, celui qui a une santé fragile ne devra pas se
soumettre à cette obligation. Il se contentera de boire de façon
modérée.
16 - De même, celui qui, dans un état d’ébriété,
risquerait des écarts de conduite, ou un manquement à ses obligations
religieuses (dire le Birkat-Hamazon après le repas, ou faire la prière
de Arvit), veillera à ne pas dépasser sa limite.
17 - Les femmes ne sont pas concernées par cette obligation. De même,
il n’y a pas lieu d’éduquer les enfants dans ce sens.
Les coutumes de la fête.
18 - On a coutume de s’adonner à l’étude de la Torah avant le
repas de Pourim. Il importe, en effet, que la joie de la fête soit empreinte
de la lumière ("Orah") de la Torah.
19 - Beaucoup ont coutume d’étudier à propos de la fête
de Pessa’h qui sera célébrée un mois après. Nos
Sages ont en effet enseigné, qu’il faut commencer les préparations
et l’étude des lois de la fête trente jours auparavant.
20 - Une coutume largement répandue à Pourim consiste à
se déguiser. Il faudra cependant veiller à ne pas en venir à
transgresser l’interdiction pour un homme de revêtir des habits de femme,
ou l’inverse.
21 - De nombreuses explications ont été données à
cette coutume. Nous retiendrons la suivante: le jour de Pourim, nous exprimons
notre attachement inconditionnel à D.ieu, et à Ses Commandements,
à l’exemple de nos ancêtres qui, près d’une année
durant, firent preuve d’une foi inébranlable face au décret d’Haman
qui ne fut jamais révoqué.
22 - Ainsi, par le déguisement nous exprimons que cet attachement indéfectible
se place au-dessus de toutes considérations relatives à notre
personnalité ou à notre rang. C’est également dans cette
perspective que doit se placer l’obligation dictée par nos ‘Hakhamim
de se dépasser au point de plus pouvoir distinguer entre Haman et Mordékhaï.
23 - Lorsque Pourim tombe vendredi, beaucoup ont coutume de faire, à
l’instar des Juifs de Jérusalem (et des autres villes à remparts),
un repas de fête le dimanche qui suit (16 Adar). C’est en effet en ce
jour qu’a lieu le repas de Pourim dans un tel cas, pour les Juifs des villes
fortifiées (ce repas ne pouvant avoir lieu la veille qui tombe Chabbat).
24 - La fête de Pourim célèbre aussi l’unité du peuple
Juif dont le manque a jadis favorisé la promulgation du décret
d’Haman. Cette unité se retrouve d’ailleurs dans chacune des obligations
de la fête: la lecture de la Méguilah doit avoir lieu en public,
l’envoi de mets vise le rapprochement entre les individus, les dons aux pauvres
exprime la solidarité envers tous les membres de la communauté.
25 - Il convient donc en ce jour d’apporter aux plus éloignés
d’entre nous le message de fraternité de Pourim, en les aidant à
accomplir les commandements de la fête. Ces dernières décennies,
sous l’influence du Rabbi M.H.M., un gigantesque effort a été
fait dans ce sens. Visites faites aux malades, aux prisonniers, aux soldats,
ou tout simplement aux personnes de son entourage, sont les différentes
formes qu’a prise cette campagne. C’est là, dans notre génération,
le parfait accomplissement de la Mitsvah de "Pirsoumé - Nissa" (Publication
du miracle).
CHAPITRE 1 - LE MOIS D’ADAR - CHAPITRE 2 - LES "QUATRE PARACHIOTES" - CHAPITRE 3 - LA FÊTE DE POURIM - GÉNÉRALITÉS - CHAPITRE 4 - LE JEÛNE D’ESTHER - CHAPITRE 5 - LA LECTURE DE LA MÉGUILAH - CHAPITRE 6 - L’OBLIGATION DE LA LECTURE - CHAPITRE 7 - LES BÉNÉDICTIONS SUR LA MÉGUILAH - CHAPITRE 8 - RÈGLES CONCERNANT LA LECTURE - CHAPITRE 9 - À PROPOS DU JOUR DE FÊTE - CHAPITRE 10 - LE DÉROULEMENT DE LA FÊTE - CHAPITRE 11 - ENVOI DE METS À POURIM - CHAPITRE 12 - DONS AUX PAUVRES À POURIM - CHAPITRE 13 - LE FESTIN ET LA JOIE À POURIM