Guide de Pourim
PRÉCIS DE LOIS ET COUTUMES
(Selon les différentes coutumes)
Edité par le Rabbinat Loubavitch de France
Compilé par Rav Yossef HAOUZI z"l
Chapitre 3
La fête de Pourim - Généralités
Historique.
1 - Après la destruction du premier Temple, les Juifs
vivaient en exil sous la domination perse dont l’empire s’étendait sur
tout le monde antique. La capitale de cet empire était Chouchane (Suze).
2 - A l’époque du miracle de Pourim le roi Assuérus régnait
sur cet empire. Mordékhaï, le dirigeant spirituel des Juifs en exil,
travaillait à la cour du roi.
3 - Le roi, ayant répudié sa femme Vachti qui lui avait désobéi,
choisit Esther, la cousine de Mordékhaï, pour devenir la reine de
son royaume.
4 - Les Juifs pêchèrent envers D.ieu en prenant part aux festins
organisés par le roi à l’occasion de son intronisation. D.ieu
les punit par l’intermédiaire d’Haman, Premier ministre du roi. Haman
nourrissait une haine féroce contre Mordékhaï qui refusait
de se prosterner devant lui.
3 - Haman, descendant d’Amalek et antisémite notoire, proposa au roi
d’appliquer un décret d’extermination contre tous les Juifs de son royaume.
Le roi accepta.
4 - Le funeste décret qui devait prendre effet le 13 du mois d’Adar,
fut envoyé à toutes les provinces du royaume. A son annonce, les
Juifs affligés implorèrent l’Eternel et se repentirent sincèrement.
D.ieu envoya alors le salut à Son peuple par l’intermédiaire de
la reine Esther.
7 - Celle-ci, à l’annonce de la nouvelle, décréta un jeûne
de trois jours pour tous les Juifs de la capitale. Gagnant les faveurs du roi,
elle réussit tout à fait miraculeusement à mettre Haman
en disgrâce, jusqu’à obtenir qu’il soit pendu, à l’endroit
même où celui-ci projetait d’exécuter Mordékhaï.
8 - Mordékhaï, placé au poste de Premier Ministre, fit envoyer
à toutes les provinces du royaume une ordonnance royale selon laquelle
les Juifs du royaume étaient en droit, le jour venu, de se défendre
contre leurs ennemis et de les éliminer.
9 - Le 13 Adar qui devait être un jour terrible pour le peuple juif, se
transforma en jour de joie. La terreur était semée parmi les ennemis
du peuple juif. Tous les notables du royaume prêtèrent main forte
aux Juifs, et beaucoup de non-Juifs manifestèrent leur désir de
se convertir au judaïsme.
10 - Dans tout le royaume 75 000 antisémites furent exterminés.
Le lendemain, le 14 Adar, les Juifs débarrassés de leurs ennemis,
célébrèrent un jour de fête: Pourim.
11 - A Chouchane, le 13 Adar, les dix fils d’Haman furent tués ainsi
que de nombreux ennemis. Esther obtint du roi que, dans la capitale, les Juifs
puissent continuer à disposer de leurs ennemis le lendemain (le 14 Adar)
comme ils l’avaient fait la veille, et que les dix fils d’Haman soient pendus.
Le 15 Adar, les Juifs de Chouchane célébrèrent un jour
de fête: Chouchane Pourim.
12 - Mordékhaï et les Sages de la génération consignèrent
dans une "Méguilah" (rouleau de parchemin) l’histoire de ce grand miracle
ainsi que les Mitsvot (commandements) qui devront être observées
en souvenir de ce miracle. A la demande d’Esther ce rouleau fut intégré
dans la série des Ecritures Saintes. La "Méguilah Esther" figure
ainsi parmi les 24 livres sacrés de la Torah ("Tanakh").
13 - Ainsi fut instituée par nos ‘Hakhamim cette fête nommée
Pourim (qui signifie "Sorts" en perse), en raison du sort jeté par Haman
pour choisir une date (le 13 Adar) pour anéantir le peuple Juif. Ce jour
fut donc transformé, grâce à l’attachement inconditionnel
des Juifs à la Torah, en l’occasion d’introduire une fête supplémentaire
à notre calendrier. La fête de Pourim compte parmi les sept Mitsvot
dites "De Rabbanane".
Les dates de la fête.
14 - Ainsi que mentionné dans l’historique, les Juifs
de Chouchane combattirent leurs ennemis le 13 et le 14 Adar, et n’eurent de
répit que le 15 Adar, pendant lequel il festoyèrent, alors que
les Juifs du restant du royaume prirent revanche sur leurs ennemis le 13 Adar,
et festoyèrent le 14 Adar.
15 - Pour marquer cette distinction, les ‘Hakhamim fixèrent la fête
de Pourim au 15 Adar pour les Juifs vivant dans des villes entourées
de murailles, à l’instar de Chouchane, qui était alors une ville
fortifiée, et au 14 Adar pour les Juifs vivant à la campagne ou
dans des villes dépourvues de murailles.
16 - Les ‘Hakhamim décidèrent que le critère d’existence
de murailles ne devait pas tenir compte de l’époque où le miracle
s’était passé, par égard à la terre d’Israël
qui était alors détruite. Ceux-ci fixèrent que les villes
qui possédaient des murailles à l’époque de Josué
(au moment de l’entrée du peuple juif en Terre Sainte) fêteraient
Pourim le 15 Adar, même si ces murailles ont été détruites
par la suite. Par contre, les villes qui ne possédaient pas de murailles
à l’époque de Josué fêteraient Pourim le 14 Adar,
même si des murailles ont été érigées par
la suite.
17 - Ce jour du 15 Adar, pendant lequel Pourim est célébré
dans les villes à remparts, porte le nom de "Chouchane Pourim".
Les obligations de la fête.
18 - Selon les termes de la Méguilah, la fête
de Pourim fut fixée par les ‘Hakhamim comme jour de festin ("Michté")
et de réjouissances, à l’occasion duquel chacun enverra des mets
à son prochain ("Michloa’h Manote"), et fera des dons aux pauvres ("Matanote
LaEvyonime").
19 - A ces trois obligations s’ajoutent celles de faire la lecture publique
de la Méguilah (la veille au soir et le jour de Pourim), afin de publier
le miracle de la fête, et celle de mentionner ce miracle dans le passage
"Al Hanissim" intercalé dans la prière de la Amida et celle des
actions de grâce ("Birkat Hamazone") récitées après
le repas. Chacune de ces obligations sera détaillée dans les chapitres
suivants.
"Pourim Katane"
20 - Lorsque l’année comporte deux mois d’Adar, il a
déjà été mentionné (au chapitre 1) que Pourim
est alors fêté en Adar II (afin de rapprocher la délivrance
de Pourim de celle de Pessa’h au mois suivant). Le 14 Adar I porte néanmoins
le nom de "Pourim Katane" (littéralement "Petit Pourim"). Le lendemain,
le 15 Adar I, porte le nom de "Chouchane Pourim Katane".
21 - Ces deux jours sont considérés quelque peu comme jours de
fête. Il y est interdit de jeûner, ou de prononcer des oraisons
funèbres lors d’une inhumation.
22 - On a de plus coutume d’omettre pendant ces deux jours, ainsi qu’à
l’office de Min’ha de la veille (le 13 Adar I), les supplications ("Ta’hanoun")
qui sont normalement dites à la fin de la prière du matin et de
l’après-midi.
23 - Le passage "Al Hanissim" intercalé dans la prière du jour
de Pourim, ne doit cependant pas être mentionné pendant ces deux
jours. S’il a été dit par erreur, il n’y aura pas lieu de reprendre.
24 - Pendant ces deux jours, il est bon de faire des repas plus copieux qu’à
l’accoutumée, d’autant plus que le mois d’Adar tout entier (même
Adar I) est une période de réjouissances.
CHAPITRE 1 - LE MOIS D’ADAR - CHAPITRE 2 - LES "QUATRE PARACHIOTES" - CHAPITRE 3 - LA FÊTE DE POURIM - GÉNÉRALITÉS - CHAPITRE 4 - LE JEÛNE D’ESTHER - CHAPITRE 5 - LA LECTURE DE LA MÉGUILAH - CHAPITRE 6 - L’OBLIGATION DE LA LECTURE - CHAPITRE 7 - LES BÉNÉDICTIONS SUR LA MÉGUILAH - CHAPITRE 8 - RÈGLES CONCERNANT LA LECTURE - CHAPITRE 9 - À PROPOS DU JOUR DE FÊTE - CHAPITRE 10 - LE DÉROULEMENT DE LA FÊTE - CHAPITRE 11 - ENVOI DE METS À POURIM - CHAPITRE 12 - DONS AUX PAUVRES À POURIM - CHAPITRE 13 - LE FESTIN ET LA JOIE À POURIM