Guide de Pourim
PRÉCIS DE LOIS ET COUTUMES
(Selon les différentes coutumes)
Edité par le Rabbinat Loubavitch de France
Compilé par Rav Yossef HAOUZI z"l
Chapitre 7
Les bénédictions sur la Méguilah
1 - Avant de procéder à
la lecture, on a coutume dans toutes les communautés de dérouler
intégralement le rouleau de la Méguilah, comme l’on avait jadis
l’habitude de le faire pour un courrier qui devait être lu publiquement.
Dans le cas de la Méguilah, également appelée "Iguérèt"
(missive), notre intention est de proclamer à tous le miracle qui y est
raconté. La coutume est que tout celui qui suit la lecture à partir
d’un rouleau de la Méguilah en fasse de même.
2 - Toutefois, par respect pour le rouleau sacré, chacun aura soin de
veiller à ce que le parchemin ne traîne pas à terre, ni
ne soit laissé suspendu par-delà le pupitre de lecture. Pour cela,
la coutume est de ranger la Méguilah une fois déroulée,
pli sur pli, en plusieurs panneaux. Chez ‘Habad, la coutume est de la plier
en trois panneaux.
Les bénédictions préliminaires.
3 - Avant de commencer la lecture de la Méguilah (qu’elle soit publique ou individuelle), les trois bénédictions suivantes doivent être récitées dans cet ordre:
4 - Selon la coutume Achkénaze
et ‘Habad, ces trois bénédictions sont récitées
avant la lecture de la Méguilah le soir de Pourim, et répétées
avant la deuxième lecture qui est faite le lendemain (jour de Pourim).
5 - Selon la coutume Sépharade cependant, la troisième bénédiction
("Chéhé’héyanou") n’est pas récitée lors
de la seconde lecture, puisqu’elle a déjà été récitée
la veille. La coutume qui consiste à répéter cette bénédiction
s’explique par le fait que la seconde lecture (celle du jour) constitue la véritable
obligation mentionnée dans le texte de la Méguilah ("Divreï-Kabalah"),
alors que celle de la veille a été instituée ultérieurement
par les ‘Hakhamim.
6 - Si l’une ou toutes les bénédictions ont été
omises avant la lecture, il sera permis d’interrompre la lecture pour les réciter.
Toutefois, la lecture qui s’est faite sans bénédictions est considérée
valable.
7 - Il est néanmoins interdit de s’interrompre entre la récitation
des bénédictions et le commencement de la lecture. En cas d’interruption
sur un sujet autre que celui de la lecture, la première bénédiction
("Al Mikra Méguilah") devra être répétée.
8 - Celui qui écoute la Méguilah lue par quelqu’un d’autre (à
la maison ou à la synagogue) devra écouter attentivement les bénédictions
pour s’en acquitter et répondre Amen. Il veillera à ne pas répondre
"Baroukh Hou OuBaroukh Chémo" en cours de bénédiction,
car autrement son acquittement serait compromis.
9 - Lorsque la bénédiction
de "Chéhé’héyanou" a été omise après
que les deux lectures de la Méguilah aient été complétées,
certains pensent qu’il est encore possible de la réciter durant la journée
lorsque l’on s’en souvient. Dans ce cas la bénédiction portera
sur la fête elle-même. Par contre, il ne sera pas possible de réciter
cette bénédiction sur les Mitsvot de "Michloa’h Manote" (envoi
de mets) et "Séoudat Pourim" (repas de Pourim). En tant qu’actions qui
ne sont pas forcément accomplies dans le cadre d’une Mitsvah, elles ne
peuvent requérir la bénédiction de "Chéhé’héyanou".
10 - La coutume est néanmoins de penser à s’acquitter de la bénédiction
de "Chéhé’héyanou" sur ces Mitsvot ("Michloa’h Manote"
et "Séoudat Pourim") au moment de la récitation de cette bénédiction,
lors de la seconde lecture de la Méguilah, le jour de Pourim. Dans de
nombreuses communautés, une annonce est faite à ce sujet avant
la lecture de la Méguilah.
11 - Les bénédictions avant la lecture peuvent être récitées
par quelqu’un d’autre que le lecteur, à condition que celui-ci ait à
l’esprit de vouloir acquitter par ses bénédictions tous ceux qui
s’associent à cette lecture. Il est toutefois préférable
que le lecteur, s’il ne s’est pas déjà acquitté de son
obligation par une précédente lecture, récite lui-même
les bénédictions préliminaires.
12 - Dans le cas où le lecteur s’est déjà acquitté
par une précédente lecture, certains pensent que les bénédictions
doivent être récitées par une personne de l’assemblée.
La coutume est cependant de permettre au lecteur de dire les bénédictions
dans tous les cas.
13 - Lorsque la lecture publique est faite par un endeuillé (qui se trouve
dans la période d’un an consécutive au deuil d’un parent), les
bénédictions seront récitées par quelqu’un d’autre,
en raison de la bénédiction de "Chéhé’héyanou"
qui ne peut être récitée en public par l’endeuillé.
14 - Certains pensent que l’endeuillé n’est même pas autorisé
à faire la lecture publique de la Méguilah, tout comme il n’est
pas autorisé à officier pendant la fête. Toutefois, s’il
s’agit de l’officiant attitré de la synagogue, et que nul autre n’est
capable de lire aussi bien que lui, il lui sera permis de faire la lecture avec
toutes les bénédictions.
15 - Selon tous les avis cependant, il est permis à l’endeuillé
de faire la lecture de la Méguilah à la maison afin d’acquitter
les membres de sa famille. Il pourra alors faire la lecture avec toutes les
bénédictions (y compris "Chéhé’héyanou").
16 - S’il arrive que le lecteur interrompt la lecture et qu’il ne puisse pas
la poursuivre, il sera permis à quelqu’un parmi l’assemblée d’achever
cette lecture, sans avoir à reprendre depuis le début, ni à
recommencer les bénédictions. Ce dernier devra toutefois compter
parmi ceux qui ont écouté les bénédictions et avaient
l’intention de s’acquitter de leur obligation par la lecture qui a été
interrompue.
La bénédiction de conclusion.
17 - A la fin de la lecture, on a coutume de réciter la bénédiction "Harav ète Rivénou", afin de conclure par une formule de remerciement adressée à D.ieu pour les miracles dont Il nous a gratifié.
18 - Cette bénédiction
ne doit être récitée qu’à la conclusion d’une lecture
publique qui réunit un minimum de dix personnes. Elle peut être
récitée par le lecteur lui-même, ou par toute autre personne
parmi l’assemblée.
19 - Cette bénédiction doit suivre immédiatement la lecture
de la Méguilah sans interruption. En cas d’interruption, cette bénédiction
sera néanmoins récitée.
20 - Dans la plupart des communautés on a toutefois coutume de rouler
la Méguilah avant de réciter cette bénédiction,
par respect pour le rouleau sacré. Chez ‘Habad cependant, la Méguilah
est laissée déroulée pendant la récitation de cette
bénédiction.
21 - A la suite de cette bénédiction, le passage "Chochanat Yaakov"
est récité par le lecteur et tous les membres de l’assemblée.
Dans ce passage doit obligatoirement figurer les mentions: "Maudit soit Haman,
bénit soit Mordékhaï", "Maudite soit Zérech (femme
d’Haman) bénie soit Esther", "Maudits soient tous les méchants,
bénis soient tous les Justes", "Que soit cité en bien le nom de
‘Harbonah" (il s’agissait du Prophète Eliahou qui avait pris l’habit
d’un conseiller du roi pour suggérer au roi qu’Haman soit pendu).
22 - Ce passage doit être récité même après
une lecture individuelle.
La lecture faite pour les femmes.
23 - Il a déjà été
mentionné au chapitre précédent qu’il est préférable
qu’une femme ne fasse pas elle-même la lecture de la Méguilah,
mais plutôt que celle-ci soit lue devant elle par son mari ou quelqu’un
d’autre.
24 - Cette lecture doit être précédée de toutes les
bénédictions appropriées. Toutefois, la coutume chez les
Achkénazim et ‘Habad est que la première bénédiction
soit conclue par "Lichmôa Méguilah" plutôt que "Al Mikrah
Méguilah" (l’obligation de la femme étant, selon eux, d’écouter
la Méguilah, et non de la lire). Toutefois, en cas d’erreur, la formule
"Al Mikrah Méguilah" reste acceptable.
25 - Certains ont coutume que ce soit le lecteur qui récite cette bénédiction
ainsi que les deux autres bénédictions préliminaires, en
ayant à l’esprit d’acquitter les femmes qui l’écoutent. Elles
devront par ailleurs, avoir elles-mêmes l’intention de s’acquitter des
bénédictions, ainsi que de la lecture qui leur est faite.
26 - Cependant, la coutume plus largement répandue est que (dans la mesure
où le lecteur ne doit pas lui-même s’acquitter par sa lecture),
l’une des femmes de l’assemblée récite les bénédictions
en ayant à l’esprit d’en acquitter les autres.
27 - Lorsqu’il n’y a pas d’autre possibilité, il a déjà
été dit qu’il est permis à une femme de faire la lecture
pour elle-même ou un groupe de femmes. Dans ce cas aussi, toutes les bénédictions
appropriées seront récitées.
28 - Lorsque la lecture est faite en présence d’un groupe de dix femmes,
la bénédiction de conclusion ("Harav Ète Rivénou")
est récitée, tout comme dans le cas d’une assemblée d’hommes.
Le passage "Chochanat Yaakov" doit toujours être récité
à la suite.
CHAPITRE 1 - LE MOIS D’ADAR - CHAPITRE 2 - LES "QUATRE PARACHIOTES" - CHAPITRE 3 - LA FÊTE DE POURIM - GÉNÉRALITÉS - CHAPITRE 4 - LE JEÛNE D’ESTHER - CHAPITRE 5 - LA LECTURE DE LA MÉGUILAH - CHAPITRE 6 - L’OBLIGATION DE LA LECTURE - CHAPITRE 7 - LES BÉNÉDICTIONS SUR LA MÉGUILAH - CHAPITRE 8 - RÈGLES CONCERNANT LA LECTURE - CHAPITRE 9 - À PROPOS DU JOUR DE FÊTE - CHAPITRE 10 - LE DÉROULEMENT DE LA FÊTE - CHAPITRE 11 - ENVOI DE METS À POURIM - CHAPITRE 12 - DONS AUX PAUVRES À POURIM - CHAPITRE 13 - LE FESTIN ET LA JOIE À POURIM