Guide de Pourim
PRÉCIS DE LOIS ET COUTUMES
(Selon les différentes coutumes)
Edité par le Rabbinat Loubavitch de France
Compilé par Rav Yossef HAOUZI z"l
Chapitre 8
Règles concernant la lecture
Position durant la lecture.
1 - La Méguilah peut être
lue en position assise ou debout. Toutefois, la lecture qui est faite devant
un public doit se faire en position debout, par considération vis-à-vis
du public. Le fait de reposer ses bras sur le pupitre de lecture reste cependant
acceptable.
2 - La récitation des bénédictions qui accompagnent la
lecture doit, quant à elle, toujours se faire en position debout. Il
est même préférable que les membres de l’assemblée
se tiennent debout lors de cette récitation. Durant la lecture ils pourront
choisir de s’asseoir.
Intégralité de la lecture.
3 - La lecture de la Méguilah
doit se faire dans son intégralité: l’omission d’un seul mot entraînerait
l’invalidité de la lecture.
4 - De même, l’écoute de la lecture n’est valable qu’à condition
d’avoir clairement entendu chaque mot. En raison de la difficulté, il
est conseillé à celui qui suit la lecture à partir d’une
Méguilah conforme ("Kéchérah"), d’en faire lui-même
la lecture à voix basse.
5 - De plus, la lecture doit se faire à partir du texte écrit
dans une Méguilah Kéchérah. Une lecture, même intégrale,
qui se ferait par cœur, ou à partir d’une Méguilah non Kéchérah
serait inacceptable.
6 - Cependant, une Méguilah peut être considérée
Kéchérah même si plusieurs mots ont été omis
au moment de son écriture, ou qu’ils aient été effacés
par le temps, ou rendus invalides selon les règles Halakhiques de l’écriture.
7 - Le nombre total des mots omis ou invalides ne doit toutefois pas dépasser
ou égaler le nombre de mots écrits correctement. De plus, ni le
premier verset, ni le dernier, ni aucun paragraphe en entier ne doit être
omis ou incorrectement écrit intégralement.
8 - Conséquemment, une lecture faite à partir d’une telle Méguilah
"Kéchérah" est considérée valable, même si
une grande partie des mots ont été dits par cœur.
9 - Pour cette raison, il est souhaitable que tout celui qui ne possède
pas de Méguilah pour suivre la lecture, le fasse à partir de la
Méguilah imprimée dans un ‘Houmach ou autre. De cette manière,
il pourra, le cas échéant, reprendre les mots qu’il a manqués,
ou n’a pas distinctement écoutés.
10 - Les mots repris pourront compléter la lecture qu’il a écoutée,
de façon à la rendre intégrale. Le fait que ces mots aient
été repris à partir du texte imprimé (ce qui revient
à les avoir dits par coeur) s’avère acceptable, pourvu que la
majorité des mots aient été correctement écoutés.
11 - Cependant, hormis l’officiant,
nul n’est autorisé à faire la lecture à voix haute, ou
à reprendre certains mots à voix haute, même s’il le fait
à partir d’une Méguilah Kéchérah. En effet, le public
pourrait prêter l’oreille à sa lecture et non à celle de
l’officiant, ceci aurait pour effet d’invalider l’écoute, puisque celui-ci
n’avait pas forcément l’intention d’acquitter l’auditoire, contrairement
à l’officiant.`
12 - Celui qui a écouté la Méguilah dans un état
de somnolence, ne s’est pas acquitté de son obligation. Dans cet état,
il ne peut être assuré de ne pas avoir manqué un mot.
13 - Par contre, celui qui a fait la lecture de la Méguilah dans un état
de somnolence est acquitté de son obligation, s’il a correctement prononcé
chaque mot. Même dans le cas d’une lecture publique, l’auditoire sera
acquitté par une telle lecture. Il est toutefois nécessaire, que
le lecteur ait eu l’intention de s’acquitter et, le cas échéant
d’acquitter son auditoire, avant d’entreprendre la lecture, alors qu’il était
encore pleinement éveillé.
Interruption pendant la lecture.
14 - La lecture de la Méguilah
doit préférablement se faire sans aucune pause ni interruption.
La Méguilah, appelée "Iguérèt" (missive), doit en
effet être lue d’un seul trait.
15 - Cependant, la lecture qui a été marquée de pauses
(silencieuses), aussi nombreuses et longues soient elles, reste acceptable.
16 - Même en cas d’interruption (par la parole), le lecteur sera acquitté
par sa lecture. Néanmoins, il fera l’objet de réprimandes s’il
s’est permis d’interrompre la lecture sur un sujet étranger à
la lecture.
17 - Il lui est toutefois permis d’interrompre sa lecture pour répondre
au "Kadich" ou à la "Kédouchah", conformément aux permissions
qui sont données pendant la récitation du "Chémâ".
18 - Par contre, celui qui écoute la Méguilah devra absolument
garder le silence. Autrement, il manquera forcément quelques mots, ce
qui invalidera son écoute. Il lui faudra, dans ce cas, reprendre les
mots qu’il a manqués, jusqu’à rattraper le lecteur.
19 - La lecture de la Méguilah doit se faire sans aucune inversion. L’ordre
dans lequel les versets et les mots du texte apparaissent doit être respecté
tout au long de la lecture.
20 - Pour cette raison, si le lecteur a omis un mot, un verset ou un paragraphe,
et qu’il a poursuivi sa lecture, il devra, lorsqu’il s’en rend compte, recommencer
la lecture depuis l’endroit qui a été omis. Il en va de même
lorsqu’un mot a été incorrectement prononcé.
Langue de la lecture.
21 - La lecture de la Méguilah peut se faire dans n’importe quelle
langue, à condition toutefois que la Méguilah utilisée
pour la lecture soit écrite dans cette même langue (et réponde
par ailleurs aux exigences d’une Méguilah Kéchérah). Autrement
cela équivaudrait à la lire par cœur, ce qui n’est pas acceptable.
La retranscription dans cette langue, pourra se faire au moyen de caractères
hébraïques ou des caractères propres à cette langue.
22 - Cependant, seuls ceux qui comprennent cette langue pourront s’acquitter
par une telle lecture. Le lecteur lui-même devra connaître la langue
de lecture, car autrement, il ne pourrait acquitter quiconque, même pas
ceux qui connaissent cette langue.
23 - Par contre, lorsque la lecture se fait en Hébreu, à partir
d’une Méguilah Kéchérah, tous pourront s’acquitter par
cette lecture, même ceux qui ne comprennent pas l’hébreu.
24 - Il existe dans la Méguilah certains mots dont la signification est
douteuse. Pour cela, lorsque la lecture se fait dans une langue étrangère,
ces mots devront être lus en hébreu. Ils pourront également
être retranscrits en hébreu dans le texte utilisé pour la
lecture. Le fait que plusieurs langues soient utilisées pour la lecture
(et l’écriture) reste acceptable.
25 - Certains pensent que celui qui comprend l’hébreu, ne peut s’acquitter
par une lecture faite dans une langue étrangère. Il ne pourra
donc pas acquitter par sa lecture (faite dans une langue étrangère)
des personnes qui elles-mêmes ne comprennent pas l’hébreu (mais
comprennent la langue étrangère). Lui-même ne s’étant
pas acquitté par sa lecture, ne peut acquitter ceux qui l’ont écoutée.
26 - En pratique, de nos jours, la coutume a été prise de faire
la lecture de la Méguilah exclusivement en hébreu, à partir
d’une Méguilah Kéchérah écrite en hébreu,
et retranscrite en caractères hébraïques. Les lois relatives
à l’écriture de la Méguilah ne seront pas traitées
ici, en raison de leur caractère trop technique.
Utilisation d’un microphone.
27 - La lecture de la Méguilah faite simultanément par deux ou
plusieurs lecteurs est considérée valable pour acquitter ceux
qui l’ont écoutée. A l’inverse, la lecture de la Torah faite dans
de telles conditions, ne serait pas acceptable.
28 - En raison du caractère de nouveauté qu’elle présente,
la Méguilah est suivie avec plus d’attention. Ce qui permet à
l’auditeur de rester concentré, même dans de telles conditions
d’écoute. Celui qui, malgré tout, éprouve de la difficulté
à se concentrer, évitera de s’acquitter par une telle lecture.
De plus, lorsque les lectures ne sont pas en parfaite synchronie, nul ne pourra
être acquitté.
29 - Celui qui écoute la lecture de la Méguilah faite au microphone,
ne sera acquitté qu’à condition d’être suffisamment proche
du lecteur. A la position où il se trouve, il doit être capable
d’entendre distinctement la lecture faite par le lecteur, même s’il n’utilisait
pas de microphone.
30 - Par contre, s’il se trouve au-delà du champ d'audibilité
de la voix du lecteur (sans le microphone), il ne sera pas quitte. Il n’aura
dans ce cas, qu’entendu la voix synthétique produite par le microphone,
ce qui est inacceptable.
31 - De même la Méguilah écoutée au téléphone,
à la radio (même en direct), ou sur bande magnétique, n’est
pas acceptable.
Coutumes reliées à la lecture.
32 - La lecture de la Méguilah
est traditionnellement accompagnée d’une mélodie musicale qui
lui est propre ("Taâmim"). En l’absence d’une personne compétente,
la lecture qui se fait sans cette mélodie reste acceptable, si toutefois
les mots ont été correctement vocalisés ("Nékoudot").
33 - En cas de nécessité, il est permis d’inscrire les "Taâmim"
et les "Nékoudot" sur le parchemin de la Méguilah afin de permettre
une lecture adéquate.
34 - Chez ‘Habad et dans d’autres communautés, on a coutume que le lecteur
hausse la voix à partir du verset (Chapitre 6 - 1):
("Cette nuit-là, le sommeil du roi fut perturbé"), qui marque
le début du miracle.
35 - Dans la plupart des communautés, on a coutume que les quatre versets
de la Méguilah qui ponctuent le déroulement de la délivrance
soient dits à voix haute par tous les fidèles, puis repris par
le lecteur. Il s’agit de:
(Chapitre 2 - 05)
(Chapitre 8 - 15)
(Chapitre 8 - 16)
(Chapitre 10 - 3)
36 - Dans le texte de la Méguilah,
le nom de chacun des dix fils d’Haman (qui furent exécutés) doit
apparaître à la fin d’une ligne qui commence par: "Ve-et"
Le texte qui précède
est:
("Cinq cents
hommes" qui furent également exécutés).
Celui qui suit conclu est:
("Les dix
fils d’Haman").
37 - Le nom des dix fils d’Haman, suivis du mot :
doivent être
lus par le lecteur d’une seule respiration, afin de montrer qu’ils ont tous
été tués en même temps. Le lecteur veillera cependant,
à ce que le mot "Ve-et"
qui introduit
chacun des noms, soit lu dans la Méguilah, et non pas dit par cœur.
38 - La coutume est cependant que les mots qui précèdent: ![]()
(les cinq cents hommes qui étaient les disciples des fils d’Haman), soient
également lus dans le temps de cette respiration. Toutefois, même
si une pause a été marquée pendant la lecture des dix fils
d’Haman, la lecture reste acceptable.
39 - Dans de nombreuses communautés, la coutume est que chacun des participants
dise lui-même les noms des fils d’Haman d’une seule respiration, si possible
à partir d’une Méguilah Kéchérah. A la suite de
quoi, le lecteur en fera de même à son tour.
40 - Chez ‘Habad et dans de nombreuses communautés, on a coutume lors
de la lecture, de reprendre au verset 8 - 11 les mots:
et de dire:
à cause du doute qui existe
sur le verset écrit. On en fera de même au verset (9 - 2):
, qui sera
repris en disant:
41 - Chez ‘Habad et dans d’autres
communautés, on a coutume de tenir le parchemin de la Méguilah
et de le secouer lorsqu’il en est fait mention aux versets (9 - 26):
et (9 - 29):
42 - Jadis, les enfants avaient
coutume de dessiner le portait, ou d’inscrire le nom d’Haman sur des objets
destinés à être jetés, et de les cogner les uns contre
les autres, lorsque le nom d’Haman était mentionné pendant la
lecture de la Méguilah. Le sens de cette coutume étant d’accomplir
le commandement du verset: "Tu effaceras le souvenir d’Amalek" (Haman étant
lui-même descendant d’Amalek).
43 - De nos jours, la coutume s’est généralisée que les
adultes frappent du pied ou à l’aide d’un objet, lorsque le nom d’Haman
est mentionné. Les enfants font tourner leur crécelle en signe
de chahut. Chez ‘Habad la coutume est de frapper seulement lorsque le nom d’Haman
est mentionné accompagné d’un adjectif (Haman Harâ, Haman
HaAgagui...), dans le but de minimiser les interruptions.
44 - Lors de ces interruptions, le lecteur devra attendre que le silence soit
parfaitement rétabli avant de poursuivre sa lecture, afin de permettre
une écoute claire de la suite.
CHAPITRE 1 - LE MOIS D’ADAR - CHAPITRE 2 - LES "QUATRE PARACHIOTES" - CHAPITRE 3 - LA FÊTE DE POURIM - GÉNÉRALITÉS - CHAPITRE 4 - LE JEÛNE D’ESTHER - CHAPITRE 5 - LA LECTURE DE LA MÉGUILAH - CHAPITRE 6 - L’OBLIGATION DE LA LECTURE - CHAPITRE 7 - LES BÉNÉDICTIONS SUR LA MÉGUILAH - CHAPITRE 8 - RÈGLES CONCERNANT LA LECTURE - CHAPITRE 9 - À PROPOS DU JOUR DE FÊTE - CHAPITRE 10 - LE DÉROULEMENT DE LA FÊTE - CHAPITRE 11 - ENVOI DE METS À POURIM - CHAPITRE 12 - DONS AUX PAUVRES À POURIM - CHAPITRE 13 - LE FESTIN ET LA JOIE À POURIM